Mod Blogue : Les risques formels et informels

par : Jan Pilbauer, directeur général, Modernisation, et DPI, et Antoinette Leung, directrice, Modernisation de la réglementation

Comme infrastructure du marché financier, la gestion du risque est l’essence même de ce que nous faisons. Rien de surprenant à ce que le sujet revienne fréquemment dans nos discussions sur les paiements modernes avec les membres et les intervenants. Alors que Paiements Canada aborde souvent le risque de façon très formelle – sous l’angle de modèles de risque pour les systèmes modernes, par exemple – nous savons que des personnes s’identifient avec le risque de façon plus large. Généralement parlant, le risque se dit de l’incertitude qui entoure les événements et les résultats futurs, ce qui en fait un élément inévitable du parcours vers la transformation. Pour réduire l’incertitude de notre parcours, nous avons pris l’approche du partage hâtif et fréquent de ce que nous savons, de même que de nos plans pour résoudre ce que nous ne savons pas encore. Et aujourd’hui, nous parlons de risques.

Modélisation du risque pour les paiements modernes

Dans notre Carte routière et plan de haut niveau de l’industrie pour la Modernisation, nous avons pris le parti d’aligner tous les systèmes modernes sur les normes mondiales en matière de réglementation et de gestion des risques. Cela comprend l’élaboration de modèles applicables aux risques de crédit, de liquidité et de règlement selon les normes mondiales et les Principes pour les infrastructures de marchés financiers (PIMF), définis par la Banque du Canada.

Pour Lynx, notre nouveau système de base pour la compensation et le règlement, cela signifie l’adoption d’un modèle de règlement brut en temps réel (RBTR) et d’un modèle de paiement par le défaillant qui couvre tout. Ces deux caractéristiques imposées par la Banque du Canada exigent que tous les paiements soient couverts par une liquidité. Compte tenu des exigences accrues en matière de liquidité, nous explorerons quels mécanismes d’économie des liquidités (MEL) pourront être intégrés dans Lynx, de manière que seuls les paiements envoyés pour règlement immédiat doivent avoir une couverture de liquidité à 100 % et que ceux envoyés aux MEL ne doivent être couverts qu’en mode net.

Avant l’adoption définitive du modèle, il y aura certaines décisions clés à prendre au sujet des MEL, du modèle d’accès ainsi que des heures d’exploitation et des heures de règlement, que nous étudions avec nos membres.

Le moteur d’optimisation du règlement (MOR) – l’élément du nouveau système de base pour la compensation et le règlement qui remplacera le Système automatisé de compensation et de règlement (SACR) et pourrait être envisageable pour les fonctions de l’Échange en bloc d’effets US (EBUS) – calculera les positions nettes multilatérales pour le règlement. Il répondra aux normes de risque pour les systèmes de paiement importants et restera un système de règlement net différé, avec fonds de garantie suffisants pour couvrir la position de crédit découlant du défaut du plus grand participant, à 97 % de confiance. En cas de défaut, la garantie du défaillant sera appliquée d’abord à la couverture des pertes. S’il y a déficit, la garantie des survivants servira à déterminer leur défaut et les contributions supplémentaires à faire pour effectuer le règlement.

Dans le cadre de la Modernisation, nous instituerons également le règlement le jour même pour les catégories de paiement SACR actuelles, ainsi que l’accès ouvert à base de risque, comme pour Lynx. Nous reverrons s’il faut rajuster le modèle de risque de crédit provisoire du SACR suite à ces changements.

Nous élaborons également un modèle de risque pour le nouveau rail de temps réel, la capacité de paiement accéléré au Canada. Les détails du modèle de risque de ce système en sont aux premiers stades de la définition, mais c’est ici que l’on peut s’attendre à voir les plus grands changements pour ce qui est de l’accès.

De l’incertitude à la certitude

Manifestement, nous gérons la modélisation formelle du risque financier, mais que dire des autres risques – des incertitudes qui subsistent? Quelle est la stratégie de migration aux nouveaux systèmes? De quoi aura l’air ISO 20022 dans l’ensemble des plateformes? Comment les données seront-elles gérées? Avec une transformation aussi gigantesque que la modernisation du système de paiement, il y a toujours des problèmes complexes à régler et de nombreux points à discuter.

Notre approche de la transformation est solidement ancrée dans la recherche et la consultation, qui continueront de nous guider dans le travail que nous faisons pour régler les enjeux qui subsistent. Dans le même sens, nous tenons une série d’ateliers avec nos membres, où nous présenterons les résultats de ces discussions dans les mois à venir. Donc, surveillez bien cet espace. Nous y annoncerons les faits nouveaux de la Modernisation des paiements. Et n’hésitez jamais à nous appeler – aidons à réduire l’incertitude!

Antoinette et Jan