Pourquoi les assureurs ont-ils intérêt à se préparer en vue de la modernisation des paiements: Le point de vue de l’Association canadienne des compagnies d’assurances

Publié le 7 février 2019

Les payeurs fréquents, comme les sociétés d’assurances, seront les grands gagnants de la modernisation des paiements. Paiements Canada a demandé à Brent Mizzen, vice-président adjoint, Souscription et politiques pour l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP) de présenter ses réflexions sur les avantages de la norme ISO 20022 pour les assureurs et le secteur des assurances globalement.

Je suppose qu’en raison de la fréquence de leurs paiements, les assureurs attendent avec hâte l’accélération des paiements et l’augmentation des données transmises. Est-ce une supposition raisonnable?

Dans notre secteur, la possibilité de compléter les données de paiement électronique par des données précises sur le versement – grâce à la norme ISO 20022 – est sans aucun doute un débouché prometteur de la modernisation.

Par exemple, les paiements conformes à la norme ISO 20022 permettront aux assureurs qui versent des indemnités d’inclure des renseignements à même le paiement pour préciser si le paiement en question vise des soins dentaires ou des médicaments sur ordonnance, par exemple. Ainsi, les clients de l’assureur comprendront mieux le pourcentage assuré de chaque demande d’indemnisation et le pourquoi. Ces mesures réduiront les suppositions du client et les tâches administratives de l’assureur, sans parler des chèques en papier!

Nous nous réjouissons aussi de la fonction de demande de paiement qu’apportera la modernisation. Disons qu’un client modifie ses renseignements bancaires, mais qu’il oublie d’en aviser sa compagnie d’assurances. De nos jours, l’assureur doit joindre le client par téléphone ou par courriel lorsque le paiement d’une prime mensuelle est refusé. Cependant, si la compagnie d’assurances peut envoyer une demande de paiement en temps réel, elle pourra joindre le client rapidement pour corriger le paiement.

Quelques-unes de vos sociétés d’assurances membres suivent déjà la norme ISO 20022. Pourriez-vous nous parler de leur expérience?

Prenez par exemple une compagnie d’assurances multinationale qui profite de la norme ISO 20022. Les assureurs cherchent sans cesse à améliorer leurs processus de gestion des risques. La conformité aux normes ISO les aide à respecter, voire à dépasser les normes, les certifications et les accréditations du secteur. Une compagnie membre vient d’adopter le format de paiement de la norme ISO 20022 pour son processus de télévirement et planifie la migration des autres types de paiements vers cette norme d’ici deux à trois ans. Les lignes directrices de la norme ISO 20022 deviennent de fait la norme mondiale pour les paiements. Nous croyons donc que Paiements Canada et les institutions financières canadiennes doivent collaborer afin de créer une norme de paiement uniforme au pays (pour l’ensemble des institutions financières et des tierces parties) selon un échéancier établi. Ce sera pratique si les normes de paiement au Canada deviennent aussi uniformes que celles adoptées dans le monde entier. Pour les entreprises internationales, l’uniformité est la clé de la normalisation, de la centralisation et de l’automatisation. Elle assure la transparence des paiements et l’interopérabilité de leur traitement, tout en permettant à de précieuses données « utilisables » d’accompagner les paiements.

Si vous et vos membres pouviez poser une question au secteur des paiements et à Paiements Canada au sujet de la norme ISO 20022, de quoi s’agirait-il?

La seule chose que nous aimerions obtenir, c’est l’engagement d’adopter la norme ISO 20022 selon un échéancier précis en vue de réduire l’utilisation des chèques. À partir de là, les institutions financières peuvent collaborer avec les intervenants et Paiements Canada pour travailler au respect des échéances fixées avec les grandes entreprises. Guidées par un mandat, les institutions financières et les grandes entreprises peuvent prévoir leur charge de travail et définir leurs priorités.

En matière de participation, plus la communication est riche, mieux c’est. En entretenant un dialogue ouvert, on réussit mieux à comprendre les différents points de vue et à concrétiser une vision commune.

Le SOMMET de Paiements Canada arrive à grands pas et nous savons que vous serez des nôtres! Qu’espérez-vous y apprendre cette année?

Ce serait génial d’entendre d’autres intervenants du secteur parler de leurs difficultés et des solutions qu’ils ont trouvées. Par ailleurs, notre secteur s’intéresse à la modernisation des paiements à l’étranger afin de tirer des leçons d’autres pays. J’ai bien hâte d’échanger avec des collègues et des professionnels de l’écosystème des paiements d’ici et d’ailleurs.


À propos de l’Association canadienne des compagnes d’assurances de personnes (ACCAP)

L’ACCAP est une association à adhésion libre dont les sociétés membres représentent 99 % du secteur des assurances de personnes au Canada. Le secteur propose une vaste gamme de produits de protection financière, comme des assurances-vie, des régimes de revenu de retraite et des régimes d’assurance-maladie complémentaires à près de 29 millions de Canadiens. Il traite des centaines de millions de demandes d’indemnisation par année et a versé 92 milliards de dollars de prestations aux Canadiens en 2017 (près de 1,8 milliard de dollars par semaine).

Brent Mizzen est vice-président adjoint, Souscription et politiques de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP) et président du Comité consultatif des intervenants de Paiements Canada.