Perspectives

Discours : Mot d’ouverture du SOMMET 2026 de Paiements Canada

Susan Hawkins, présidente et chef de la direction de Paiements Canada, a accueilli plus de 2 300 délégués dans le cadre de l’événement de l’industrie des paiements le plus attendu au pays.

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Headshot Susan Hawkins

Susan Hawkins

Présidente et chef de la direction

Susan Hawkins est présidente et chef de la direction de Paiements Canada. Elle dirige la prochaine phase de développement de l’organisation pour répondre aux besoins changeants des Canadiens en matière de paiements. Sous sa direction, Paiements Canada met l’accent sur des solutions technologiques de paiement modernes qui sont plus sécuritaires, plus intelligentes et plus accessibles pour le Canada.

Remarque : De légères modifications ont pu être apportées au discours suivant au moment de sa présentation.


Toronto, le 5 mai 2026 – Bonjour et bienvenue au SOMMET 2026 de Paiements Canada

Il y a quelques semaines à peine, l’astronaute canadien Jeremy Hansen est retourné sur Terre après avoir orbité autour de la Lune. Il s’agissait du premier Canadien et du premier non-Américain à avoir voyagé au-delà de l’orbite terrestre basse. Debout la foule à Houston, encore en train d’assimiler l’évènement exceptionnel qu’il venait de vivre, il a dit quelque chose qui a trouvé écho chez moi : 

« Petits et impuissants, mais puissants ensemble. » 

 

Il parlait de l’exploration spatiale, mais je crois que cela s’applique aussi au Canada et à ce dont nous sommes capables lorsque nous nous engageons à construire quelque chose de grand, lorsque nous refusons de rester petits et lorsque nous investissons dans l’infrastructure essentielle qui nous permet d’aller plus loin ensemble.

Aujourd’hui, je veux parler de l’infrastructure des paiements dans la même optique. Pas comme d’un sujet technique ni d’une question de réglementation, mais comme un acte d’ambition nationale, un acte qui façonnera l’avenir économique du Canada pour une génération. 

Les paiements sont une question d’économie d’état 

Permettez-moi d’être directe au sujet de quelque chose qui n’est souvent pas dit dans des salles comme celle-ci. 

Les systèmes de paiement ne sont pas seulement de la plomberie. Ce ne sont pas de simples canaux par lesquels transite l’argent. Ce sont des instruments de pouvoir économique. 

Songez à ceci : environ les quatre cinquièmes des paiements transfrontaliers du Canada passent par les banques correspondantes américaines. La grande majorité des compensations en espèces mondiales passent par New York. Cela signifie que, pour chaque dollar qu’une entreprise canadienne envoie à l’étranger, nous dépendons, dans bien des cas, d’infrastructures que nous ne possédons pas, que nous ne pouvons pas contrôler et que nous payons pour utiliser. 

Dans un monde d’incertitude géopolitique comme celui dans lequel nous visons, cette dépendance est une vulnérabilité stratégique. Elle entraîne des coûts. Elle introduit de la complexité. Elle introduit un risque qu’aucune entreprise canadienne ou aucun gouvernement ne devrait avoir à accepter comme étant simplement le coût de faire des affaires.

Partout dans le monde, des pays ont reconnu cette réalité et ont agi avec audace. L’Unified Payments Interface de l’Inde traite maintenant plus de 12 milliards de transactions par mois, ce qui réduit considérablement la dépendance aux réseaux de cartes étrangères. Au Brésil, le Pix a été adopté en masse en moins de deux ans, donnant à des dizaines de millions de personnes accès pour la première fois à des paiements instantanés à faible coût. L’Europe et le Royaume-Uni renforcent leur souveraineté nationale en matière de paiements grâce à des systèmes de paiement instantané, de nouveaux modèles de gouvernance et des règles claires pour l’argent numérique. 

Le message de nos pairs est sans équivoque : l’infrastructure des paiements est un moteur économique. Les pays qui le construisent, qui le possèdent et qui le gouvernent bien détiendront un avantage concurrentiel durable. Les pays qui ne le font pas demeureront dépendants et paieront les autres pour le privilège de déplacer leur propre argent. 

Le Canada a choisi une voie différente et le système de paiement en temps réel (le système de PTR) est la pièce maîtresse de ce choix.  

Une plateforme pour la prospérité, dans des termes que tout le monde peut ressentir 

Je veux m’exprimer concrètement, parce que cela va bien au-delà des murs des institutions financières. 

Imaginez une petite entreprise manufacturière à Hamilton. Aujourd’hui, cette entreprise envoie une facture à un fournisseur de Calgary et attend de deux à trois jours pour un règlement. Pendant cette période, le fonds de roulement est gelé. L’entreprise ne peut pas réinvestir, ne peut pas rembourser sa marge de crédit, ne peut pas profiter d’une occasion urgente. Multipliez ces frictions entre des centaines de milliers d’entreprises canadiennes et vous constatez qu’il y a des milliards de dollars utilisés de façon inefficace chaque jour. 

Le système de PTR change cela. Les paiements se règlent en quelques secondes, en tout temps. Pour ce fabricant d’Hamilton, cela signifie des flux de trésorerie qui évoluent au rythme des affaires, et non pas à la vitesse du traitement par lots conçu il y a des décennies. 

Imaginez une famille de Brampton qui envoie de l’argent à des parents en Inde. Aujourd’hui, ce virement coûte plusieurs points de pourcentage par transaction, de l’argent qui sort directement des poches des travailleurs canadiens. Des corridors de paiement modernes, construits sur des infrastructures comme le système de PTR pourraient réduire ce coût à près de un pour cent. Dans l’ensemble des envois de fonds entre le Canada et l’Inde seulement, cette différence permet aux ménages canadiens de conserver des centaines de millions de dollars chaque année. Les mêmes efficiences existent dans tous les corridors vers l’Asie, l’Europe et au-delà. 

Imaginez une personne âgée de la Saskatchewan rurale qui attend une prestation du gouvernement. Aujourd’hui, cette personne pourrait attendre des jours avant de recevoir cette prestation, devoir se rendre dans une succursale bancaire à une heure de route et arriver là sans avoir suffisamment d’information pour savoir en quoi consiste cette prestation. Une infrastructure en temps réel permet des décaissements instantanés, avec une richesse de données intégrées dans chaque transaction, afin que les Canadiens obtiennent ce qui leur est dû, au moment où ils en ont besoin et avec toute la clarté voulue. 

Il ne s’agit pas de cas d’utilisation hypothétique. Ce sont les véritables possibilités que cette infrastructure offre. Le système de PTR offre des paiements instantanés et irrévocables, une disponibilité en tout temps et des messages ISO 20022 riches en données, appuyés par des capacités centralisées de détection des fraudes intégrées au système à partir de la base. 

Les essais d’acceptation par l’utilisateur sont terminés. Des essais de rendement intégrés sont en cours. Le lancement est prévu pour la fin du quatrième trimestre et motivé par la préparation, et non par la précipitation, parce que la sécurité et la solidité de ce système ne sont pas négociables. 

L’impératif de sécurité

Nous déplaçons plus de 100 billions de dollars chaque année, plus de 411 milliards de dollars par jour ouvrable. Derrière chacune de ces transactions, il y a une promesse non avouée, à savoir que le système fonctionnera, que la valeur sera transférée en toute sécurité et que les Canadiens pourront faire confiance à ce qu’il advient de leur argent. 

Cette confiance n’est pas innée. Elle est méritée, grâce à une gouvernance solide, à une gestion rigoureuse des risques et au travail constant de milliers de personnes dans cet écosystème. 

Avec la modernisation, cette obligation ne diminue pas. Elle grandit. 

L’intelligence artificielle transforme la prise de décisions à la vitesse de la machine, ce qui augmente les enjeux pour les défenseurs et les attaquants. L’informatique quantique, bien qu’elle soit encore émergente, remettra fondamentalement en question les hypothèses cryptographiques sur lesquelles nos systèmes sont fondés. La fraude devient de plus en plus sophistiquée, automatisée et ciblée. 

Notre réponse à ces défis n’est pas de ralentir l’innovation. Il s’agit de veiller à ce que l’innovation et l’intégrité aillent de pair, que chaque capacité que nous libérons soit jumelée à la gouvernance et à la résilience nécessaires pour maintenir la confiance du public. 

Renforcer la souveraineté du Canada en matière de paiements ne signifie pas se fermer au reste du monde. Ça signifie s’engager à l’échelle mondiale en position de force, pouvoir construire des corridors de règlement directs, réduire les dépendances inutiles et offrir aux entreprises et aux familles canadiennes des solutions de rechange efficaces. C’est ce que signifie traiter les paiements comme une infrastructure nationale. 

Le Canada peut faire de grandes choses 

Jeremy Hansen a passé 16 ans à s’entraîner avant de voler autour de la Lune. À son retour,

il n’a pas parlé de ce qu’il avait accompli. Il a parlé des prochaines étapes. 

« Ce que nous devrions faire maintenant, a-t-il dit, c’est nous féliciter de cette réalisation extraordinaire, mais nous demander ensuite ce qui nous attend. Qu’allons-nous faire ensuite? » 

Je trouve cela inspirant. Il ne s’agit pas seulement d’une déclaration sur l’espace, mais d’une position pour le Canada. 

Nous avons passé des années à construire cette infrastructure. Plus de 1 800 fournisseurs de services de paiement ont maintenant présenté une demande d’inscription au cadre de surveillance de la Banque du Canada. L’accès aux systèmes de base est plus vaste que jamais. La base est concrète. 

La question maintenant n’est pas de savoir si le Canada peut construire une infrastructure de paiement de calibre mondial. Nous l’avons fait. La question est de savoir ce que nous souhaitons bâtir ensuite. 

C’est l’invitation que nous avons reçue aujourd’hui.

Remerciement et appel à l’action

Rien de tout cela ne s’est produit en vase clos. Avant de terminer, j’aimerais m’adresser à ces entités directement. 

J’aimerais remercier les banques et les coopératives de crédit du Canada. Vous avez porté le poids opérationnel de cette transformation tout en continuant de servir des dizaines de millions de Canadiens chaque jour. Cette double responsabilité n’est pas négligeable. 

J’aimerais remercier nos partenaires de la technologie financière et de la technologie. Vous nous avez poussés à être plus novateurs, plus ouverts et plus ambitieux quant à ce que peut faire cette infrastructure. 

J’aimerais remercier la Banque du Canada. Nous avons apprécié votre gestion du cadre de supervision et votre partenariat pour bâtir un système sécuritaire et résilient par sa conception. 

J’aimerais remercier le ministère et le ministre des Finances. Je vous remercie d’avoir reconnu, dans la mise à jour économique du printemps et dans le programme plus vaste du gouvernement, que l’infrastructure des paiements moderne est essentielle à la productivité et à la prospérité à long terme du Canada. 

Et j’aimerais finalement remercier toute l’équipe de Paiements Canada et nos partenaires de l’écosystème. C’est un travail difficile. Il s’agit d’un travail complexe, à enjeux élevés et peu glorieux. Mais c’est un travail extrêmement important. 

Maintenant, à vous tous, voici l’appel à l’action : 

Élaborez des scénarios d’utilisation qui rendent les entreprises canadiennes plus productives et qui facilitent vraiment la vie de tous les Canadiens. L’infrastructure est là. Utilisez-la avec ambition. 

Concevez de façon inclusive, de sorte que chaque région, chaque collectivité, chaque famille qui a été mal servie par le système financier voit les avantages réels de cette modernisation. 

Et dirigez avec confiance. À mesure que l’innovation s’accélère, que l’IA transforme les services financiers et que de nouvelles

formes de valeur numérique émergentes, faites du Canada un pays qui bouge avec audace et responsabilité. Faites connaître notre système de paiement pour ce que Jeremy Hansen a dit que les Canadiens devraient être connus : pour faire de grandes choses, ensemble. 

Demain, je serai sur scène avec le ministre des Finances et du Revenu national, l’honorable François-Philippe Champagne. Dans la foulée de la mise à jour économique du printemps et du dépôt du projet de loi constituant l’Agence contre les crimes financiers, nous discuterons du programme de transformation du gouvernement et du rôle de notre infrastructure nationale de paiement essentielle pour la prospérité et la croissance économique à long terme du Canada. J’espère que vous vous joindrez à nous.

L’infrastructure des paiements du Canada est un actif national stratégique. Soyons dignes de cela. Merci.


Regardez plus de contenu (en anglais seulement) provenant de la scène principale du SOMMET 2026 de Paiements Canada.

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