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Épisode 38 : Protéger votre argent

Des milliards de dollars sont détenus par les institutions financières canadiennes et chaque jour, des fonds sont transférés et reçus entre comptes bancaires, en toute sécurité. Mais comment votre argent est-il si bien protégé ? Dans cet épisode de “The PayPod”, le chef de l’’information de Paiements Canada et le chef de la direction de la SADC discutent du rôle que joue chaque organisation pour assurer la sécurité de l’argent des Canadiens.

Invitées :
Gina Byrne, Présidente et chef de la direction, SADC
Shawn Van Raay, Chef de l’information, Paiements Canada
Liz Dempsey, gestionnaire, Stratégie et engagement en matière d’événements, Paiements Canada, animatrice

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À PROPOS DE THE PAYPOD

The PayPod est le balado multiépisodes de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et partout dans le monde. Écoutez Elizabeth Dempsey, gestionnaire, Stratégie et engagement en matière d’événements à Paiements Canada et animatrice de The PayPod, interviewer des experts de premier plan et des leaders d’opinion respectés au sujet de l’évolution du paysage des paiements, des besoins des Canadiens et de l'avenir des paiements modernes (seulement disponible en anglais).

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Transcription du podcast

Elizabeth (Liz) Dempsey:
Bonjour tout le monde et bienvenue à un épisode très spécial de The PayPod. Je m’appelle Liz Dempsey et je suis gestionnaire de la stratégie et de l’engagement en matière d’événements à Paiements Canada. Je suis accompagnée aujourd’hui non seulement de notre chef de l’information, John Van Ray, mais aussi de la nouvelle présidente et première dirigeante de la SADC, Gina Byrne. Bienvenue à vous deux et félicitations, Gina, pour cette nomination bien méritée.

Gina Byrne:
Merci, Liz. Je suis très heureuse d’être ici.

Shawn Van Raay:
Félicitations, Gina. Nous avons hâte de discuter avec vous aujourd’hui.

Liz Dempsey:
Le mois de novembre est le Mois de la littératie financière. Selon moi, nous pouvons convenir qu’il n’y a pas de meilleur sujet de discussion que la sécurité financière. Chacune de vos organisations – la SADC et Paiements Canada – joue un rôle essentiel en veillant à ce que l’argent dans les institutions financières canadiennes soit protégé et puisse aussi être transmis et reçu en toute sécurité. Mais ce qui est drôle, c’est que je parie que beaucoup de gens au Canada tiennent pour acquis ce que font chacune de vos organisations et ne comprennent pas vraiment ce qu’il faut pour protéger l’argent en tout temps. Remédions immédiatement à ça et passons aux questions.

C’est une question pour apprendre à vous connaître. Gina, pouvez-vous nous parler du rôle de la SADC dans l’écosystème financier du Canada? Puis, Shawn, à quoi ressemble une journée du chef de l’information de Paiements Canada?

Gina Byrne:
Bien sûr! Merci, Liz. La SADC est une société d’État créée par le gouvernement du Canada. Nous devons donc rendre des comptes au Parlement par l’entremise du ministre des Finances et du Revenu national, mais nous agissons sans lien de dépendance avec le gouvernement fédéral.

Pour ceux qui ne nous connaissent pas, la SADC protège vos dépôts pouvant atteindre 100 000 $ par catégorie de dépôt, par membre, si l’une de nos institutions membres fait faillite. Nous agissons à titre d’autorité de règlement et nous favorisons la stabilité du système financier canadien. Nous comptons actuellement 84 membres, dont la plupart des banques et certaines coopératives de crédit sous réglementation fédérale ainsi que des sociétés de fiducie et de prêt. Nous n’utilisons pas de fonds publics puisque nous finançons nos activités à même les primes que nous versent nos institutions membres. Ces primes sont versées dans un fonds d’assurance-dépôts qui est investi et sert à rembourser les dépôts assurés ou à aider au règlement si un membre fait faillite.

Il est important de noter que les gens n’ont pas besoin de présenter une demande de protection à la SADC. C’est en fait gratuit et automatique lorsqu’ils font un dépôt auprès d’un de nos membres. Pour décrire notre rôle dans l’écosystème financier, il est vraiment utile de mettre l’accent sur ce que je qualifierais de deux éléments clés du travail de la SADC, soit la préparation aux règlements et la sensibilisation du public. La SADC est l’autorité de règlement du Canada; nous sommes donc responsables de gérer la faillite de nos membres.

Entre 1967 et 1996, la SADC a réussi à gérer 43 faillites bancaires, touchant quelque 2 millions de déposants. Il n’y a pas eu de faillite bancaire depuis, soit près de 30 ans. Mais si l’un de nos membres devait faire faillite demain, la SADC interviendrait pour s’assurer que les déposants continuent d’avoir accès à leurs fonds assurés et que la stabilité financière est maintenue. Selon le scénario, nous pouvons aider ou forcer la vente d’un membre en difficulté, fournir une aide financière directe ou créer une institution-relais pour maintenir les activités jusqu’à ce qu’on trouve un acheteur. Si l’institution financière ferme, nous pouvons rembourser rapidement les gens pour leurs fonds assurés.

Le deuxième élément de notre travail qui, à mon avis, est vraiment intéressant, c’est nos campagnes de sensibilisation du public. Nous misons sur les médias traditionnels, numériques et sociaux et nous collaborons avec des influenceurs sur les médias sociaux et des organismes sportifs pour mieux faire connaître la SADC et l’assurance-dépôts du Canada. Nous le faisons parce que la recherche montre que la sensibilisation du public à la protection des dépôts peut réduire de près de 50 % le risque de retraits massifs. Les banques fonctionnent, par définition, rapidement. Supposons que Shawn estime qu’il y a un risque. Il retire son argent de la banque. Il vous appelle, Liz, vous paniquez. Vous retirez votre argent aussi. Liz en parle à des membres de sa famille, qui en parlent à d’autres. La nouvelle se répand sur les médias sociaux en un jour ou deux. Tout le monde retire ses épargnes et la banque fait faillite. Ce que nous savons, c’est que le risque est considérablement réduit lorsque les gens savent que leur argent est assuré par la SADC. Nos propres recherches montrent également que les gens connaissant la SADC ont davantage confiance dans le système bancaire canadien et sont plus susceptibles d’acheter des produits d’un membre de la SADC.

Donc, ces deux éléments, c’est-à-dire la préparation aux règlements et la sensibilisation du public, se renforcent mutuellement. Vos auditeurs ont peut-être vu nos publicités où la SADC est une personne ordinaire rattrapant un portefeuille qui tombe dans le vide. C’est une métaphore visuelle de notre rôle de protecteur invisible de l’épargne des gens. La SADC travaille en arrière-plan, mais est toujours prête à intervenir, au besoin. En fin de compte, notre message est le suivant : si votre banque fait faillite, ne vous inquiétez pas. Nous vous protégeons.

Liz Dempsey:
J’ai vu ces publicités. Elles sont très efficaces! Shawn, à toi. À quoi ressemble une journée du chef de l’information de Paiements Canada?

Shawn Van Raay:
Merci, Liz. Encore une fois, je suis très heureux d’être ici. Je vais m’inspirer de Gina et, moi aussi, vous parler un peu de notre organisation. Nous sommes un organisme de services d’intérêt public, ainsi qu’un organisme sans but lucratif exerçant sous la Loi canadienne sur les paiements. Nous veillons à la compensation et au règlement de toutes les opérations financières entre les institutions financières au Canada.

De même, nous n’utilisons pas de fonds publics. Ce sont les opérations de nos membres qui financent nos activités, et personne n’a besoin de s’inscrire à nos services. Nous faisons partie de l’écosystème bancaire et nous assurons que les opérations financières au Canada sont effectuées de façon sûre et sécuritaire. Nous travaillons en coulisse et veillons à la sécurité et à la solidité du marché financier au Canada.

Par exemple, en 2024, nous avons compensé et réglé des paiements d’une valeur s’élevant à plus de 107 billions de dollars. C’est près de 424 milliards de dollars par jour ouvrable. L’impact et l’importance de notre travail pour la stabilité des Canadiens sont donc majeurs. 

Pensez aux paiements qui servent à vendre votre hypothèque, qui sont effectués entre les provinces, qui favorisent les sociétés pétrolières, etc. Ce sont tous des paiements de grande valeur qui stimulent notre économie. Donc, à Paiements Canada, il est très important pour nous de veiller à un écosystème sûr, sécuritaire, stable et fiable dont les Canadiens n’ont pas vraiment besoin d’entendre parler, dont ils peuvent avoir l’assurance que les fonds se déplacent entre les institutions.

Nous exploitons principalement deux systèmes clés de nos jours. L’un est Lynx, notre système de paiement de grande valeur. Bon nombre d’entre vous ont peut-être entendu le terme « virement », faire un virement, c’est-à-dire un transfert de grande valeur, par exemple pour la rénovation d’une maison, une mise de fonds importante, l’achat d’une voiture. Si vous avez de la chance, étant donné que Gina pense que j’ai beaucoup d’argent, peut-être que j’achète une voiture en argent comptant et que je le fais par virement. Ça me permet de transférer de l’argent de façon sécuritaire et stable au Canada en utilisant le système de paiement de grande valeur Lynx.

Nous utilisons également ce que nous appelons le SACR, notre Système automatisé de compensation et de règlement, un système par lots. Il crée un règlement par lots entre les établissements. Pensez à votre paie, à vos paiements de factures, à vos opérations quotidiennes qui doivent passer d’une banque à l’autre pour que vous puissiez recevoir cet argent, régler vos factures ou virer de petites sommes à des amis. Encore une fois, nous réglons toutes les opérations entre ces systèmes, et bientôt, nous nous occuperons des compensations et des règlements pour le  système de paiement en temps réel.

Donc, dans un avenir rapproché, les Canadiens pourront transférer instantanément de l’argent d’un compte à l’autre grâce à un système éprouvé et fiable. Donc, au fur et à mesure que nous travaillons là-dessus, nous traiterons aussi la compensation et le règlement pour cette fonction. Une journée dans ma vie est donc tranquille, se passe en coulisses – je l’espère – et demeure stable, sûre et sécuritaire.

Liz Dempsey:
Excellent. Merci, Shawn. Avec tout ça, je peux déjà voir les similitudes entre la SADC et Paiements Canada. Parlons un peu de la façon dont une organisation complète l’autre. Gina, commençons par vous.

Gina Byrne:
Oui, c’est un très bon point, Liz. En préparant ce balado, j’ai essayé de trouver des façons de décrire la relation entre Paiements Canada et la SADC. L’analogie qui m’est venue à l’esprit était quelque chose comme l’infrastructure municipale. Je pense donc à Paiements Canada comme au réseau de services publics de la ville, au réseau routier, aux conduites d’eau, aux lignes électriques. Il est relié à chaque bâtiment, il s’assure que l’argent, comme l’électricité et l’eau, circule bien entre les maisons, les magasins, les tours de bureaux et les banques. Et même s’il y a une panne dans un bâtiment, le réseau de services publics doit rester pleinement fonctionnel pour que le reste de la ville continue ses activités.

Le rôle de la SADC est un peu différent. Si un bâtiment, disons une banque, prend feu ou s’effondre, la SADC joue le rôle de l’équipe d’intervention d’urgence. Nous nous assurons d’évacuer tout le monde – nos déposants – en toute sécurité avec ses effets personnels – les dépôts assurés. Nous couvrons les dommages jusqu’à une certaine limite afin que personne ne perde l’épargne de toute une vie.

À titre d’autorité de règlement, nous sommes aussi un peu comme l’équipe de démolition et de reconstruction d’une ville. Si la structure d’un bâtiment devient dangereuse, nous intervenons tôt pour la stabiliser ou la démonter de façon contrôlée afin qu’elle ne tombe pas sur les bâtiments voisins et démolisse tout le secteur. Alors que la SADC protège les gens à l’intérieur du bâtiment et s’occupe de la démolition contrôlée, Paiements Canada veille à ce que le reste de la ville demeure branché au réseau et à ce que les services essentiels – les mouvements d’argent – n’interrompent jamais notre travail.

C’est vraiment dans les coulisses qu’on peut tenir cela pour acquis. Ce que je veux dire c’est que, comme nous en avons déjà parlé, nous voulons que notre travail soit si fluide que les gens ne le remarquent même pas. Même avec Paiement Canada, par exemple, lorsque le système fonctionne, c’est pratiquement invisible. C’est lorsqu’une banque fait faillite ou, pire, que le système cesse de fonctionner, que les gens commencent à s’inquiéter. C’est aussi le moment où les rideaux se referment et où nos deux organisations sont sous les projecteurs.

Nos rôles sont donc essentiels au bon fonctionnement de l’économie, mais de façons différentes. Un système de paiement robuste garantit que l’argent circule, tandis qu’un solide cadre d’assurance-dépôts favorise la santé et la stabilité du système financier du Canada. Toutefois, il ne faut pas oublier que rien n’est jamais statique. Pour nous, l’innovation numérique, y compris les outils financiers axés sur l’intelligence artificielle, change rapidement la façon dont les déposants effectuent leurs opérations et gèrent leur argent. En raison de ces facteurs, la SADC s’assure d’être agile et de s’adapter constamment à l’évolution des besoins.

Liz Dempsey: 
Super! Shawn?

Shawn Van Raay:
Bien sûr. Gina, j’aime beaucoup l’analogie avec l’infrastructure. Nous voulons nous assurer de fournir des services de la même façon que vous vous attendez à ce que les lumières s’allument lorsque vous appuyez sur le commutateur, à ce que l’eau coule quand vous ouvrez le robinet : sans vous préoccuper du fonctionnement ou essayer de le comprendre. C’est notre travail. Je pense donc que tu as très bien décrit ce point.

Il y a une autre analogie qui est intéressante, selon moi. Nos rôles clés touchent non seulement les mouvements de l’argent, mais aussi la mise en place et en œuvre de règlements et de règles entre les banques et la façon dont celles-ci sont obligées d’être rigoureuses entre elles. Donc, avant tout, ou dans le cas hypothétique d’une banque en faillite, nous voulons nous assurer que tout l’écosystème est protégé. Nous ne fournissons pas nécessairement une assurance, mais des cadres de gestion du risque financier pour veiller à ce qu’une institution en difficulté n’affecte pas les autres institutions au Canada, à ce qu’il y ait une garantie et une couverture suffisantes pour d’autres institutions et à ce que l’argent se déplace. Nous veillons à ne pas créons de risque systémique dans tout notre écosystème.

Dans l’exemple du bâtiment en feu, vous faites le sauvetage ou peut-être la démolition. C’était une analogie fantastique! Notre travail est de nous assurer que le feu ne touche pas les bâtiments voisins. Nous fournissons donc l’isolation nécessaire pour que le bâtiment voisin ne s’enflamme pas ou que le feu ne se propage pas au-delà de ce bâtiment. Nous établissons un ensemble très complet de règles et de règlements qui tiennent compte de la nature changeante des paiements.

Les paiements ne sont pas statiques. La façon dont nous nous attendons, en tant que consommateurs et qu’entreprises, à interagir les uns avec les autres, la nature du mouvement de l’argent ont changé et continuent de changer. Encore une fois, qu’il s’agisse de l’IA ou simplement de différents types de contrôle des actifs numériques et du mouvement monétaire des actifs numériques. À mesure que ces changements se produiront, il nous incombera de nous assurer de reconnaître le risque financier de ces changements, de reconnaître les répercussions qu’ils peuvent avoir sur les consommateurs et les entreprises. Par conséquent, nous examinons constamment nos cadres de gestion du risque financier, nos règlements et nos règles pour nous assurer que nous fournissons la protection, la sécurité et la solidité appropriées à nos membres et, en fin de compte, aux Canadiens.

L’autre élément qui évolue et que nous continuons d’explorer, c’est les changements dans l’adhésion de nos membres. Le nombre d’intervenants dans l’écosystème des paiements continue de changer. Encore une fois – si je peux aller encore plus loin avec votre analogie –, nous pouvons penser aux grandes banques du Canada, les grandes institutions avec lesquelles nous traitons tous les jours comme à des tours de bureaux, celles de 25 étages qui pourraient avoir besoin d’un sauvetage. La réalité est que, aujourd’hui, si nous pensons à cette analogie, il y a beaucoup de nouvelles entreprises de technologie financière et de technologie de paiement qui se joignent à notre écosystème. Nous devons nous assurer qu’au fur et à mesure qu’elles se joignent à notre système et qu’elles participent à notre économie, elles le font de façon sécuritaire et prévisible. Et qu’au fur et à mesure qu’elles repoussent les limites de ce que, comme consommateurs, nous pouvons nous attendre et exiger, nous pouvons toujours compter sur la sécurité, la solidité, et la structure des services sous-jacents.

Donc, comme nous le voyons dans la Loi sur les activités associées aux paiements de détail et la Loi canadienne sur les paiements mise à jour, il est important pour nous de vraiment nous assurer que nous faisons évoluer nos règles et que nous faisons preuve d’une grande diligence dans l’application de nos mesures de sécurité et de nos cadres de gestion du risque financier entourant ces entités, afin que les gens au Canada puissent leur faire confiance, tout comme ils le font aujourd’hui avec leurs grandes institutions. Je pense donc que nous surveillons de très près l’évolution de l’adhésion de nos membres. En réfléchissant à cette analogie de la ville, où des tours de bureaux représentent les grandes institutions, nous voyons un écosystème de technologies de paiement et de technologies financières, qui seraient représentées par de plus petits bâtiments et de plus petits intervenants. Et c’est notre travail, au fur et à mesure que nous voyons et ouvrons les portes grâce à la Loi sur les activités associées aux paiements de détail et les modifications à la Loi canadienne sur les paiements, de sorte que, à mesure que nous permettons à un plus grand nombre de membres de participer à notre économie, nous créons la même structure solide en matière de sécurité que celle des grandes institutions.

Nous faisons donc preuve d’une très grande diligence pour nous assurer d’appliquer les bonnes règles, les bons cadres et la bonne couverture pour tous les types d’opérations financières.

Liz Dempsey:
Excellent. Merci, Shawn. J’ai l’impression que mon argent est en sécurité, mais je dois ajouter une touche alarmiste. Quels plans avez-vous mis en place pour faire face à une crise : Gina, dans le cas d’une faillite bancaire, et Shawn, d’un système?

Gina Byrne:
Merci. J’adore cette question! Liz, la préparation aux crises, c’est vraiment la spécialité de la SADC. Nous pensons constamment à des scénarios alarmistes, de sorte que les déposants n’ont pas à le faire. Au cours des premières décennies, je dirais deux décennies, de l’existence de la SADC, nous étions essentiellement un système de paiement qui n’agit qu’une fois qu’une banque a fait faillite et a été fermée.

Les mesures préventives, qui ont peut-être fourni une solution moins coûteuse dans certains cas, ne faisaient pas vraiment partie de notre système, mais tout cela a changé à la suite d’une série de faillites bancaires au milieu des années 1980. On nous a donné un mandat plus fort qui nous a aussi donné plus de pouvoirs. Aujourd’hui, nous pouvons faire plus que fermer une institution et payer des dépôts. Nous pouvons appuyer la vente d’actions ou d’actifs et la fusion avec une autre institution, la recapitalisation ou d’autres solutions du secteur privé.

La SADC a également la capacité de mener ce que nous appelons des examens spéciaux de ses membres. Ces examens augmentent notre niveau de préparation et nous aident à déterminer le meilleur outil de règlement à appliquer lors d’une crise donnée, tout en estimant notre exposition potentielle aux pertes. Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte dans un outil de règlement que nous utilisons en cas de crise, comme la taille et la complexité de la banque, et même la disponibilité de solutions du secteur privé. Le Règlement administratif sur la planification des règlements de faillite de la SADC exige que les six plus grandes banques du Canada, ou « banques d’importance systémique nationale », élaborent et maintiennent leurs propres plans en cas de faillite. C’est essentiel puisque ces six banques offrent une gamme de services financiers essentiels à la stabilité de l’économie canadienne et du système financier.

C’est une autre histoire pour nos petites et moyennes banques. La SADC élabore ses plans de règlement en interne. L’ampleur et la fréquence de nos activités dépendent de la taille, de la complexité et du profil de risque de nos membres.

Si c’est le cas, quel sera notre rendement? Dans quelle mesure avons-nous confiance de pouvoir livrer la marchandise?

Eh bien, nous passons beaucoup de temps à nous former et à nous préparer à une crise. C’est ce que nous faisons. En l’absence de faillite bancaire, nous effectuons des simulations de crise et d’autres exercices d’essai par l’intermédiaire de notre Centre d’excellence en matière de simulations. Nous faisons plusieurs exercices par année avec des intervenants internes et parfois externes. Les simulations nous permettent de tester nos outils et nos prises de décision en réponse à un large éventail de scénarios de crise. C’est vraiment une occasion unique de s’asseoir sur la sellette, mais dans un environnement sûr et contrôlé. Le fait est que nous ne pouvons pas contrôler si ou même comment une banque fait faillite, mais ce que nous pouvons faire, c’est nous assurer d’être prêts à intervenir advenant cette situation.

Liz Dempsey: 
Génial. Merci, Gina. Et toi, Shawn?

Shawn Van Raay:
Je pense qu’il y a beaucoup de chevauchements et nous faisons certainement preuve de la même diligence pour nous assurer d’exercer notre gestion de crise et notre rétablissement après une catastrophe. Nous collaborons avec nos membres, nos partenaires, notre industrie, nos organismes de réglementation pour nous assurer qu’en cas de problème systémique, qu’il concerne les activités ou la cybersécurité, nous avons un plan très coordonné et exhaustif pour aborder et communiquer les répercussions que cela pourrait avoir sur les Canadiens et leurs institutions.

Selon moi, l’autre chose qu’il est important de reconnaître, c’est qu’en plus de toutes les règles, et de tous les règlements et du travail que nous faisons pour appuyer cela, au bout du compte, lorsque nous transférons de l’argent, c’est une opération technologique. Notre objectif est donc de nous assurer que nous avons l’environnement le plus solide, le plus stable et le plus sûr que nous puissions soutenir. Et bien que nous nous inspirions de l’industrie et du travail que nous faisons au sein de nos institutions, nous regardons aussi à l’échelle mondiale.

Nous nous assurons d’évaluer le travail des autres banques centrales, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou ailleurs dans le monde, et de comprendre le rôle qu’elles jouent et la façon dont elles gèrent la sécurité et la disponibilité. Nous pouvons tirer des leçons de ce qu’elles font pour assurer la stabilité opérationnelle, et nous les communiquons. Il y a donc des possibilités qui s’offrent à nous lorsqu’il y a un incident, même petit, des possibilités que nous avons de communiquer avec d’autres banques mondiales, des banques centrales, afin qu’elles puissent prouver que leur système est plus résilient parce qu’au bout du compte, notre économie, bien qu’elle soit canadienne, fait partie d’une économie mondiale plus vaste, et lorsque nous nous élevons, toute l’économie s’accroît.

Il nous incombe d’apprendre de nos homologues à l’étranger et de nous assurer que nous contribuons à l’économie mondiale pour que notre environnement soit stable et que notre contribution soit soutenue.

Liz Dempsey:
Merci beaucoup, Shawn. Ce n’est donc pas une affaire de suppositions. Vous avez une vaste expérience de la protection des gens du Canada, une expérience qui s’appuie sur la recherche. J’aimerais que vous me parliez du type de recherche que vous effectuez chaque année et de la façon dont vous vous assurez qu’elle demeure pertinente.

Gina Byrne:
Merci, Liz. Je suis heureuse d’aborder ce point. La SADC tient régulièrement des sondages, des études et des groupes de discussion pour s’assurer que le public a confiance dans la sécurité de ses dépôts et que nos outils sont adaptés à ces besoins. Notre stratégie de sensibilisation du public, qui est entièrement fondée sur des données probantes, en est un excellent exemple.

Notre objectif est de maintenir un niveau de sensibilisation à la SADC ou à la protection fédérale des dépôts entre 60 pour cent et 65 pour cent. Chez les femmes, nous visons entre 55 pour cent et 60 pour cent . Je suis très heureuse de mentionner que nous avons atteint des niveaux records pour les deux groupes cette année. Le niveau de sensibilisation du grand public est actuellement de 69 pour cent, et pour la toute première fois, de 61 pour cent  chez les femmes. C’est tout ce que j’ai à dire sur le fait de ne pas avoir vu de faillite 30 ans. C’est donc une réalisation extraordinaire pour nous. Nous réalisons également des sondages trimestriels pour veiller à atteindre nos objectifs, pour mesurer la confiance des gens dans le système financier et pour savoir où ils consomment de l’information sur la SADC. Chaque année, nous réévaluons nos principaux indicateurs de rendement pour maintenir notre stratégie sur la bonne voie et ajuster nos activités médiatiques. Nous testons aussi régulièrement nos messages et nos approches de communication en cas de faillite.

Plus tôt cette année, nous avons organisé des groupes de discussion partout au Canada pour mieux comprendre ce que les déposants veulent entendre, qui, quand et comment pendant une faillite bancaire. Nous avons présenté aux participants un éventail de scénarios hypothétiques de faillite et leur avons demandé leur réaction initiale à la participation et aux messages de la SADC. L’une de nos principales constatations est que la présence publique de la SADC est souvent perçue comme importante en situation de faillite; les déposants touchés voulaient voir un flot constant d’information claire sur plusieurs canaux.

Nous avons fait un suivi en juillet avec une étude sur les attentes des déposants qui portait précisément sur un scénario où une banque était fermée et où la SADC remboursait les déposants. L’étude visait à déterminer à quel moment les gens s’attendaient à recevoir leur argent, par quel moyen ils voulaient que nous communiquions avec eux et comment ils voulaient recevoir leur paiement. Fait intéressant : 51 pour cent des répondants aiment l’idée de recevoir un chèque par la poste, même si cela prend de six à neuf jours ouvrables.

La dernière chose que je voulais mentionner est notre recherche sur les tendances des déposants. En 2024, nous avons terminé une étude sur l’assurance-dépôts pour voir si notre cadre actuel d’assurance-dépôts protège toujours adéquatement les déposants et favorise la stabilité financière. Nous avons une limite de protection de 100 000 $ depuis 2005, et avec l’augmentation des dépôts non assurés, c’était le bon moment pour examiner la question. Ce que nous avons trouvé rassurant, c’est que le cadre est solide. Toutefois, certains groupes pourraient bénéficier d’une plus grande protection.

Nous avons communiqué nos conclusions au ministère des Finances, qui a entrepris en août un examen du cadre fédéral d’assurance-dépôts. La SADC se réjouit d’avoir l’occasion de moderniser le cadre afin qu’il corresponde aux réalités d’aujourd’hui et aux besoins changeants des déposants. Bien entendu, tout changement relèverait du ministre des Finances et du Revenu national.

Liz Dempsey:
Génial. Merci, Gina. Et toi, Shawn?

Shawn Van Raay:
Selon moi, la recherche est un élément important de notre organisation pour comprendre la manière dont nous appuyons nos institutions et dont nous nous assurons de respecter nos obligations réglementaires et, en fin de compte, les tendances au sein de la population canadienne dans son ensemble. À cette fin, nous produisons le Rapport canadien sur les modes de paiement et les tendances des paiements, et je pense que c’est une lecture fascinante. Il y a quelques éléments intéressants dont je vais vous parler pour vous montrer comment cela pourrait influencer notre travail. En 2024, par exemple, les transactions d’achat en ligne ont totalisé 77 milliards de dollars, et même si ça semble beaucoup, ça ne représente que six pour cent de toutes les ventes au détail.

Donc, même si nous ressentons toujours un impact important, une grande partie de notre journée sur le commerce électronique, on parle de six pour cent de toutes les ventes au détail. Chaque mois, 13 pour cent des Canadiens utilisent des appareils intelligents pour le foyer ou les médias sociaux. Vingt-huit pour cent trouvent que l’expérience d’achat en ligne rehaussée par l’intelligence artificielle fait partie de la nouvelle tendance et de notre nouvelle expérience en ligne, et 64 pour cent des entreprises explorent l’IA agentive à cette fin.

Alors, pensez à ce qui s’en vient : ChatGPT, va pouvoir trouver et réserver votre billet de train. Nous observons donc une tendance très changeante dans l’économie et dans la façon dont les Canadiens choisissent de faire leurs paiements au jour le jour. Toutefois, la notion de fraude est tout aussi intéressante pour nous. Et à mesure que nous changeons le comportement de paiements des Canadiens et la fréquence et la rapidité avec lesquelles nous faisons des paiements, notre ouverture et notre exposition à la fraude changent de façon spectaculaire.

Les Canadiens sont près de trois fois plus susceptibles d’être victimes de fraude de paiement en utilisant de l’argent comptant plutôt que des cartes de crédit. Donc, malgré ce que nous pouvons penser, notre argent devient en fait une arme plus puissante pour les fraudeurs que les cartes de crédit. Treize pour cent des Canadiens ont été victimes d’une forme de fraude au cours d’une période donnée de six mois en 2025. C’est beaucoup. Ce qui est plus préoccupant, c’est que 25 pour cent des nouveaux arrivants ont été victimes d’une forme de fraude au cours de la même période. Ici, nous voyons donc un pourcentage disproportionné plus élevé de nouveaux arrivants.

Et bien que la fraude puisse sembler toucher d’autres personnes, la réalité est qu’un Canadien sur quatre est susceptible de ne pas faire ses paiements par crainte d’escroquerie. Il se peut que nous ne tenions pas compte d’un courriel ou d’un texte qui pourrait être légitime, car notre petit doigt nous dit que c’est une fraude et nous avons peur.

Alors que Paiements Canada développe des systèmes de paiement en temps réel, améliore nos systèmes de grande valeur et continue de faire évoluer nos systèmes de traitement par lots, il est important que nous reconnaissions les risques et les inquiétudes en matière de fraude pour les Canadiens. Et la recherche nous aide.

Liz Dempsey:
Je vous pose une dernière question en lien avec le Mois de la littératie financière : selon vous, à quel point croyez-vous que les Canadiens sont informés pour comprendre le paysage financier et quels conseils donneriez-vous à nos auditeurs pour se protéger?

Gina Byrne:
Super! Comme je l’ai dit plus tôt, les Canadiens connaissent bien la SADC et l’assurance-dépôts fédérale. Nous avons même dépassé nos objectifs de niveau de sensibilisation auprès des femmes cette année. Bien que la sensibilisation chez les jeunes femmes soit encore à la traîne, c’est un travail qui n’est jamais terminé pour nous et qui exige une visibilité et un engagement continus. Les périodes occupées, comme le Mois de la littératie financière, sont des occasions clés de faire connaître la SADC et l’assurance-dépôts.

Chaque mois de novembre, nous augmentons notre présence et nos activités sur le marché. Ça comprend nos collaborations avec des influenceurs, la promotion du coin de la littératie financière, des formations et des jeux en ligne, ainsi que les partenariats avec la Ligue canadienne de football et la Ligue canadienne de hockey, qui ont toutes deux une très grande clientèle féminine. Mon seul conseil aux auditeurs est de savoir ce qui est protégé et où se trouve votre argent. Les produits ne sont pas tous assurés. Par exemple, les fonds communs de placement, les actions, les obligations et les cryptomonnaies ne sont pas couverts par la SADC. Et les institutions financières ne sont pas toutes membres de la SADC.

En quelques minutes, le site sadc.ca peut vous dire exactement quels dépôts sont couverts. Le logo du cadenas mauve de la SADC est un excellent indice visuel. Recherchez-le sur la porte de votre institution financière, les guichets automatiques et les applications bancaires mobiles. Une fois que vous l’aurez vu, vous le remarquerez partout. La littératie financière, ce n’est pas tout savoir. C’est savoir où obtenir de l’information fiable et, lorsqu’il s’agit de protéger son épargne, le site Web de la SADC est vraiment le meilleur point de départ.

Shawn Van Raay:
Je pense que les Canadiens sont généralement très curieux au sujet des paiements et qu’ils sont très ouverts à l’idée d’essayer de nouveaux types et de nouvelles formes de paiements. Nous constatons que le Canada a connu l’une des adoptions les plus rapides qui soit du paiement sans contact, et nous sommes l’un des premiers pays à vraiment avoir adopté la puce et le numéro d’identification personnel. Par conséquent, notre pays dans son ensemble a toujours été très désireux d’adopter de nouvelles technologies, de nouveaux modes de paiement et de nouvelles tendances.

Je pense donc que les Canadiens, curieux, explorent et comprennent les ramifications et les possibilités. Cela dit, je vous conseillerais de ne pas perdre de vue la fraude et de continuer à en parler. Selon moi, si nous continuons à faire preuve d’ouverture au sujet de la fraude, que ce soit lorsque nous en avons été victimes ou que nous connaissons des victimes.

L’une des statistiques les plus préoccupantes au sujet de la fraude à l’échelle mondiale est le nombre de cas non déclarés. Donc, lorsqu’on pense à ce qu’on appelle un « paiement initié par le payeur autorisé », on entend parfois parler de fraude de paiement initié par le payeur autorisé. Ce sont des choses que vous connaissez bien, comme les escroqueries amoureuses ou une situation du genre de celle d’un roi en Jordanie qui veut 25 millions de dollars. Des escroqueries qui se font par courriel. En fait, il peut être embarrassant de tomber dans le panneau et de devenir la proie d’un fraudeur, qu’il s’agisse d’amour ou d’autre chose.

Ce qui est important, c’est de faire preuve d’ouverture et d’honnêteté et de reconnaître que nous sommes tous vulnérables à ces choses, peu importe le milieu dans lequel nous vivons, peu importe qui nous sommes. Il est important que nous continuions d’être ouverts et honnêtes au sujet de notre argent, qu’il s’agisse de notre vulnérabilité, de notre expérience avec la fraude, de la façon dont nous choisissons d’utiliser l’argent, de nos expériences avec les technologies changeantes, de nos expériences avec les paiements par IA agentive. Nous devons continuer d’en parler entre nous et avec nos institutions, nos organismes de réglementation, nos législateurs et nos instances dirigeantes. Ça aide au façonnement des politiques et des règles qui nous rendront plus en sécurité et qui continueront de favoriser l’innovation au Canada.

Je vous conseille donc de faire très attention à l’argent. Pensez à la fraude et aux occasions de mettre votre argent en sécurité. Faites preuve d’ouverture et parlez-en avec votre famille et vos amis.

Liz Dempsey:
Je vous remercie tous les deux pour cette merveilleuse discussion. Je croyais que mon argent était en sécurité. Maintenant, j’en suis certaine.

Shawn Van Raay:
Merci beaucoup, Liz et Gina. J’ai adoré discuter avec vous aujourd’hui. C’est un sujet qui me passionne et je vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé aujourd’hui.

Gina Byrne:
Merci, Liz. Merci, Shawn. C’était un réel plaisir d’être ici aujourd’hui. Je conviens que nous avons appris beaucoup de nouvelles choses et que je me sens que mon argent est en sécurité.

Liz Dempsey:
Avant que vous ne partiez, je vous invite à visiter notre site Web, paiements.ca, pour vous abonner à nos infolettres afin de ne jamais manquer les nouveautés et les tendances en matière de paiements et, bien sûr, ce dont nous parlerons au SOMMET, le congrès annuel de Paiements Canada, qui aura lieu en mai 2026. À nos auditeurs, merci d’avoir été là et merci de votre intérêt envers Paiements Canada.

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