Épisodes de podcasts

Épisode 45 : S’occuper des transactions en tout temps — la réalité du système de PTR

Le Canada passe à des services bancaires en continu, mais le véritable défi n’est pas la technologie, c’est la stratégie. Une fois l’horaire de 9 h à 17 h derrière nous pour de bon, comment les institutions garderont-elles une longueur d’avance?

Dans cet épisode, un groupe d’experts va au-delà des discussions sur les éléments techniques pour parler de ce qui compte vraiment dans un monde de paiements en temps réel, soit les répercussions sur le marché, la stratégie de produits, le maintien de la circulation de l’argent et le maintien de sa concurrentialité dans un monde qui ne s’arrête jamais.

Invitées :

  • Jude Leclerc, vice-présidente principale, Opérations bancaires, Groupes entreprises, CIBC

  • Dougal Middleton, chef, Services de paiement et de trésorerie, Paiements, Canada, J.P. Morgan Payments

  • Steve Miller, vice-président, Gestion de trésorerie, Banque Royale du Canada

  • Todd Roberts, associé principal, chef, Infrastructure de marché et paiements, Deloitte Canada

Modérateur :

  • J.D. Penner, vice-président et responsable des pratiques, Services bancaires de gros et paiements, Intellect Design Arena

Share icon
 

À PROPOS DE THE PAYPOD

The PayPod est le balado multiépisodes de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et partout dans le monde. Écoutez Elizabeth Dempsey, gestionnaire, Stratégie et engagement en matière d’événements à Paiements Canada et animatrice de The PayPod, interviewer des experts de premier plan et des leaders d’opinion respectés au sujet de l’évolution du paysage des paiements, des besoins des Canadiens et de l'avenir des paiements modernes (seulement disponible en anglais).

FAÇONS D'ÉCOUTER LES BALADOS :

 

Spotify logo
Apple podcast logo

 

 

 

 

 

Transcription du podcast

Elizabeth (Liz) Dempsey: 
Rebienvenue à la série d’été du SOMMET, une présentation spéciale de The PayPod, le balado de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et dans le monde.

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey.

Aujourd’hui, nous vous présentons une séance en petit groupe particulièrement bien reçue du SOMMET 2026. La séance, intitulée « Takin' care of business (every working hour): the RTR reality » (S’occuper des transactions en tout temps : la réalité du système de PTR), analyse les changements qui se produisent au Canada alors que nous nous préparons au lancement du système de paiement en temps réel (système de PTR).

Tandis que le pays se dirige vers un système national de paiement en temps réel, le succès dans cette nouvelle ère dépendra de la façon dont les participants tireront parti de la connectivité constante, de la richesse des données et de la gestion des liquidités pour créer de la valeur pour les entreprises canadiennes.

Dans cet épisode, nous retrouvons J.D. Penner, vice-président, Services bancaires de gros et paiements à Intellect Design Arena, modérateur de notre table ronde.

Se joignent à la discussion Jude Leclerc, vice-présidente principale, Opérations bancaires, Groupes entreprises à la CIBC, Dougal Middleton, directeur général, chef, Services de trésorerie et paiements, Canada chez J.P. Morgan Payments, Steve Miller, vice-président, Gestion de trésorerie à la Banque Royale du Canada (RBC), et Todd Roberts, associé principal, chef, Infrastructure de marché et paiements chez Deloitte Canada.

Si ce n’est pas une table ronde d’expert, je ne sais pas ce que c’est. Ensemble, ils discutent de ce qu’exige le fonctionnement des systèmes de paiement en temps réel, du rôle essentiel des données dans la modernisation des flux de travail organisationnels et de l’équilibre entre la vitesse des transactions et la sécurité des systèmes.

Bonne écoute. Voici J.D. Penner.

J.D. Penner: 
Bonjour tout le monde. Bienvenue à la séance sur le système de PTR « Taking care of business every working hour » (S’occuper des transactions en tout temps). Je m’appelle J.D. Penner et je serai votre modérateur pour cette séance.

Nous voulons parler de la façon dont le paysage pourrait changer sur le marché en raison du système de PTR et de ce que sera la réalité, en incluant les bons et les mauvais côtés. Sur ce, je vais présenter nos experts, en commençant par Jude, à notre gauche. Allez-y, parlez un peu de vous.

Jude Leclerc:
Bonjour, je m’appelle Jude Leclerc. Je suis chef des Opérations bancaires à la CIBC.

Dougal Middleton:
Dougal Middleton. Je dirige la franchise de paiements pour le Canada chez JP Morgan Payments.

Steve Miller:
Fantastique. Donc, Steve Miller, je dirige les activités de gestion de trésorerie à la RBC.

Todd Roberts:
Alors, Todd Roberts. Je pilote les activités de paiement chez Deloitte.

J.D. Penner:
Très bien. Je m’appelle J.D. Penner. Je suis vice-président des Services bancaires de gros et paiements chez Intellect Design Arena Limited. Si vous n’en avez pas entendu parler, il s’agit d’une entreprise de technologie qui fournit des logiciels de services bancaires pour les particuliers et les entreprises aux institutions financières, grandes et petites.

Donc, le premier thème : les aspects techniques des services bancaires en continu sont une évidence, mais la stratégie est vraiment l’élément qui décidera des gagnants. Pour chacun d’entre vous, quel est le changement le plus important que votre banque effectue? Cette question est pour Jude, Dougal et Steve. Vos services ne sont pas seulement disponibles en tout temps, mais vous apportez en fait de la valeur et une connectivité constante qui stimulent une nouvelle croissance, alors à quoi cela ressemble pour vous?

Jude Leclerc:
Donc, je pense que nous nous éloignons d’une disponibilité passive en continu pour trouver comment mettre à profit chaque minute de cette période de 24 h/24, 7 j/7 pour mes clients. Nous parlons de l’IA. Nous parlons des renseignements exploitables. Nous parlons de l’analyse des données, de la connectivité, de temps réel, de tout cela mis ensemble pour offrir à nos clients de bien meilleures solutions à l’avenir. Et la situation se compare à la révolution que nous avons connue avec l’expérience mobile il y a 20 ans. Donc, au milieu des années 2000, nous sommes partis de toutes ces expériences numériques, mais maintenant tout le monde avait des téléphones intelligents. Et les téléphones intelligents signifiaient que vous interagissiez avec ce qui était dans votre poche arrière. Au début, pour ceux d’entre vous qui sont assez vieux, vous vous souvenez peut-être, vous ouvriez une session sur le site de votre banque, c’était minuscule, c’était comme si vos doigts étaient aussi gros que trois boutons et vous ne vous rendiez jamais où vous vouliez aller. Finalement, avec le temps, nous avons tous embarqué et nous sommes mis à construire des applications et des expériences mobiles, et avoir l’expérience numérique sur les ordinateurs portables et de bureau était tout aussi important que l’expérience mobile.

C’était essentiellement la première phase, l’expérience mobile, les interfaces simplifiées, etc. La deuxième phase était : qu’est-ce que mon téléphone a que mon bureau n’aurait pas? Vous cherchiez à mettre vos cartes sur votre téléphone, à avoir des lecteurs de codes QR, à intégrer la technologie de ces lecteurs dans la façon dont vous effectuez vos paiements. À présent, nous sommes à l’orée d’une autre révolution, celle de l’IA. Je sais que nous allons probablement en parler beaucoup tout au long de la séance, mais comme j’ai abordé l’expérience numérique, je vais terminer avec ceci : si vous pensez à l’expérience liée à votre URL dans le cadre de vos services bancaires/services de trésorerie — et tous les noms qu’on donne à nos services —, la plupart du temps, elle est conçue selon l’idée que c’est un humain qui en fait usage de l’autre côté. Mais que se passe-t-il si ce n’est pas un humain qui utilise votre adresse URL de l’autre côté? Si c’est plutôt un agent d’IA? Un robot d’IA? Utilise-t-il l’expérience liée à votre URL de la même façon qu’un humain? La réponse est évidemment non. Donc, je pense que l’un des grands axes d’intérêt pour beaucoup d’entre nous dans les banques, mais aussi chez nos clients et dans les entreprises, c’est la façon dont l’agent d’IA, et non pas seulement l’humain, utilise l’expérience liée à l’URL, parce qu’à l’avenir, ce ne sera probablement pas un humain chez l’entreprise cliente qui utilisera votre URL, ce sera un agent d’IA.

Dougal Middleton:
Bien dit. Je pense que, de notre point de vue, c’est vraiment de favoriser les résultats pour les clients. Compte tenu de notre clientèle d’entreprises multinationales, il s’agit d’être en mesure d’offrir ce service de façon uniforme partout où nous exerçons nos activités, avec des systèmes de paiement en temps réel, en tout temps. Pour ce faire, nous passons beaucoup de temps à nous concentrer sur les types de problèmes que nos clients essaient de résoudre, à les aider à les marier aux caractéristiques des réalités du système de PTR et à examiner quelles caractéristiques mettre à profit pour trouver la solution la plus efficace pour eux. Il peut s’agir des comportements liés à la rémunération et aux versements ou encore des versements à l’endroit des clients dans le domaine de l’assurance. L’idée est vraiment de cibler l’important et d’aider les clients à bien comprendre non seulement la proposition de valeur de l’instantané, mais aussi, comme l’a dit Jude, de toutes les autres caractéristiques qui se conjuguent pour arriver à ce résultat.

Tout cela doit être rigoureusement soutenu par de solides contrôles, tant sur le plan de la fraude que de la liquidité et du financement. Lorsque vous avez une équipe de trésorerie d’entreprise multinationale et qu’elle doit composer avec des périodes de règlement locales dans de multiples fuseaux horaires, pour ce qui est de la façon dont vous financez les opérations à l’échelle des différents territoires, alors que vous avez des activités de paiement à grande échelle qui prennent place dans des systèmes de PTR locaux, il est vraiment important que vous puissiez intégrer tous ces aspects à la solution pour que l’entreprise puisse continuer à fonctionner en tout temps pour ses clients finaux dépendent vraiment de ce genre d’expérience. Autrement dit, nous commençons à intégrer tout cela avec l’évolution de l’IA et de l’agent, etc. Et il devient vraiment crucial d’accorder une importance prépondérante aux éléments fondamentaux pour être en mesure d’offrir ces expériences.

Steve Miller:
Oui. Comme vous l’avez dit à Jude, bien dit. Je vais continuer dans la foulée de ses thèmes. Quand j’y pense, je distingue un certain nombre d’aspects. Comme Jude et Dougal l’ont dit, c’est vraiment une question de flux de travail. Le flux de travail de nos clients change complètement en ce qui concerne le processus. Donc, il se fait avec l’IA. Les processus humains passent à des solutions automatisées. Et pour que ça fonctionne, le véritable objectif doit être de passer l’adoption d’une solution numérique par les clients à notre intégration dans leurs écosystèmes et d’être en mesure d’aller de l’avant avec des conseils contextualisés, mais aussi de centrer les facteurs de décision autour de la liquidité, de l’acheminement des paiements… Tous les éléments de ce genre doivent se retrouver dans la plateforme de base. En plus de l’IA, nous devons tirer parti de choses comme le système bancaire ouvert et la façon dont nous pouvons soutenir les solutions de liquidité multibanques en temps réel continues pendant la fin de semaine. Les renseignements doivent être entièrement intégrés à cette infrastructure.

Le dernier point, que vous avez tous les deux abordé également, est la confiance, car nous ne pouvons pas travailler à cette vitesse sans l’élément de confiance. Non seulement du point de vue de l’exécution, mais aussi de la fraude, de la lutte contre le blanchiment d’argent et de la réglementation pour nos clients, tous les enjeux prendront de l’ampleur. La fraude prendra de l’ampleur. La complexité de nos cas d’utilisation va prendre de l’ampleur. Donc, nous devons revenir en arrière et examiner constamment les cas d’utilisation que nous allons présenter à nos clients, ceux dont nous parlons aujourd’hui, mais aussi les nouveaux qui vont émerger au cours des cinq prochaines années et plus.

J.D. Penner:
Je pense que nous avons sorti tous les mots tendance de l’industrie des paiements avec les réponses des trois dernières personnes. Bravo.

Todd, en tant que notre consultant sur scène aujourd’hui, vous avez une vue d’ensemble de l’industrie. À votre avis, quel est le changement le plus important qu’une institution doit apporté, soit dans son cadre, soit dans sa technologie ou, soit dans son approche, pour s’assurer qu’elle utilise cette connectivité pour évoluer?

Todd Roberts:
Donc, je vais employer quelques mots à la mode aussi. Nous traversons une période comme nous n’en avons jamais vécu. Vous pouvez dire comme M. Carney que « nous sommes en pleine rupture ». Vous pouvez parler du contexte après-Mythos. Et si vous regardez vos propres environnements, il y a de quoi demander : est-ce que quelqu’un ici a déjà eu plus à faire dans sa vie antérieure?

Donc, dans ce contexte, et vous regardez combien d’argent vos institutions ont pour leurs dépenses discrétionnaires, presque toujours, de 5 à 10 ou peut-être 15 pour cent de votre budget total est consacré à des travaux qui vous font avancer. Nous dépensons 85 pour cent de notre argent pour faire du surplace, ce qui n’a aucun sens.

Donc, pour trouver une façon de changer la dynamique touchant les ressources affectées à ce qui vous aidera à l’avenir — je ne suis pas en train de faire la promotion de l’intellect, mais peut-être un peu — vous devez réfléchir à la façon de dissocier le chaos en arrière-plan des maigres efforts en avant-plan, parce que tant que vous ne changerez pas cette dynamique, vous allez courir dans tous les sens à l’infini. Le monde ne va pas devenir plus simple. Il y a zéro pour cent de chances que le gouvernement actuel, le gouvernement Trump ou tout autre gouvernement galactique international à venir nous rende la vie plus facile. La vie sera à jamais plus compliquée et elle ira toujours plus vite.

Donc, si vous acceptez cette réalité une seconde plutôt que de la déplorer, qu’est-ce qu’elle signifie que vous devez faire? Elle signifie que vous devez fondamentalement changer la façon dont votre environnement fonctionne. Vous devez être plus agile. Vous devez être capable d’avoir des API natives. Vous devez adopter l’agentique. Vous devez adopter l’IA. C’est la simple réalité. Donc, les organisations capables de changer la donne pour investir 85 pour cent de leur argent dans de la nouveauté pure et nette plutôt que de dépenser 85 pour cent à « nourrir le dinosaure », ce sont elles qui réussiront mieux.

J.D. Penner:
Pourquoi ne pas nous attarder là-dessus? Comment vos organisations — Jude, Dougal et Steve — gèrent-elles ce défi concernant votre architecture traditionnelle non idéale pour ce que vous devez faire?

Jude Leclerc:
Donc, je vais répondre en deux volets. Le premier concerne les données, encore une fois. Donc regardez, nous parlons beaucoup d’API, d’IA, et c’est bien, mais cela présuppose quelque chose de très fondamental. Cela présuppose qu’il y a des données au départ qui sont conservées dans une infrastructure. Et en plus de cela, si vous voulez de bons renseignements exploitables et de bonnes solutions sur mesure pour les clients, cela présuppose aussi plusieurs autres choses au sujet de vos données. Cela présuppose qu’elles sont exactes, ce qui n’est pas nécessairement rien. Cela présuppose qu’elles sont opportunes et accessibles.

Or, nous savons que dans beaucoup de banques et de grandes entreprises — c’est certainement quelque chose que nous voyons dans les grandes organisations établies depuis longtemps —, l’accessibilité n’est pas aussi évidente qu’elle devrait l’être. Je dis parfois à la blague que l’outil le plus puissant que nous ayons dans une organisation est la feuille Excel parce que c’est vraiment ce qui relie deux systèmes qui ne se parlent pas. Donc, au fur et à mesure que nous avançons vers le monde de l’IA et des API, vous devez avoir des données exactes, opportunes et accessibles. Voilà qui fait le tour pour ce qui est des données, et cela rejoint en grande partie ce que Todd disait plus tôt.

Le deuxième volet — parce que je suis une nerd des paiements — est que le macrosystème dans lequel une transaction ou un paiement s’effectue n’est pas seulement la plateforme de paiement. Il y a toute une série de systèmes avant la plateforme de paiement qui recueillent les instructions du client et doivent tout faire : authentification, autorisation… On fait toute une série de vérifications avec un groupe d’interlogiciels au milieu. On arrive à la plateforme de paiement pour que les instructions puissent être transmises, puis on passe par tout un ensemble de contrôles système en aval : vérifications des sanctions, surveillance des transactions, gestion de la fraude, etc. Donc, nous nous concentrons beaucoup sur le fait que la transaction devient en temps réel et nous parlons de paiements en temps réel. En réalité, pour qu’un paiement soit en temps réel, il faut que les 34 systèmes en amont et les 73 systèmes en aval aillent aussi vite, sinon plus vite. La plupart d’entre nous qui travaillons dans le domaine des paiements — surtout si vous avez travaillé du côté des opérations ou des services — ont eu ce paiement qui devait absolument être traité. Nous l’avons promis au client et maintenant il est coincé dans un système de lutte contre le blanchiment d’argent quelconque, disons la vérification des sanctions. Et c’est parce que ça n’a pas été traité directement et maintenant, il est dans une file d’attente. Nous parlons donc de paiements en temps réel, mais pour qu’il y ait des paiements en temps réel, il faut évidemment que ces plus de 100 systèmes s’enchaînent de bout en bout en amont et en aval. Et ça peut vraiment être en aval. Nous pouvons même parler de règlement des différends si nous le voulons. Donc, voilà le hic. Il ne s’agit pas seulement de la compensation et du paiement. C’est tout le reste.

Dougal Middleton:
Oui. Je pense que la réalité des paiements, c’est que vous aurez toujours cette longue liste de choses à faire, peu importe l’ampleur de votre budget. Le carnet de produits est énorme à cause de la chaîne de valeur que Jude vient de décrire. C’est très séquentiel et cette orchestration pour arriver à un système en temps réel de bout en bout représente un pas colossal pour les organisations. Vous devez vous y attaquer de façon à atteindre une faible latence, une haute fréquence, tout en maintenant la sécurité et le contrôle de tout le système de bout en bout.

Si vous ne pouvez pas prioriser ces aspects et déterminer où se trouvent les plus gros obstacles, vous allez être pris avec une expérience initiale qui peut sembler en temps réel, mais vous ne serez pas en mesure d’offrir les avantages de l’aspect bout en bout. Et cela nous ramène à ce que nous disions précédemment sur la façon de résoudre le problème des clients. Dès qu’ils ont un problème, un point de friction ou un blocage lié aux sanctions et que nous ne traitons pas les paiements de bout en bout, ils commencent à perdre confiance dans le système. Ils commencent à perdre confiance dans l’offre. L’adoption en souffre. Généralisez la situation à l’échelle de votre entreprise et vous commencez vraiment à miner la capacité de vos clients à entreprendre ces changements. Il faut donc savoir cibler ses priorités, mais, en même temps, ce n’est pas seulement une question de budget ni d’ampleur. Il faut être pragmatique et se concentrer sur les principaux irritants.

Steve Miller:
Oui. J’adore le fait que vous ayez commencé par les données et Excel. Je pense que c’est la réalité. Lorsque vous regardez nos clients, je dirais même pour ceux qui ont des progiciels de gestion intégrés (PGI) et des systèmes de gestion de trésorerie, Excel est l’outil employé au quotidien pour 90 pour cent d’entre eux et la façon de déplacer leurs données. Mais je pense que la pertinence de cela est… Donc, comment vous commencez à vous attaquer à ces problèmes est en quelque sorte la clé et comment vous trouvez une solution dans ce contexte. Je pense que ce qu’il faut vraiment faire est d’abord d’aider vos clients à obtenir les bonnes données à partir de leurs systèmes. Malheureusement, la plupart du temps, elles viennent d’Excel et ils tirent parti de la capacité liée à la norme ISO dont nous parlons depuis plus de dix ans et qui commence tout juste à prendre de l’ampleur.

Mais ensuite, il y a la structure que vous construisez et c’est la façon dont nous avons réfléchi à la situation : comment vous vous attaquez à ce problème. C’est en créant ces microservices d’évolutivité dans lesquels vous allez intégrer les données, l’infrastructure d’IA, les microservices pour exécuter tout ça, tout cela en millisecondes au lieu d’heures, ce qui est le défi auquel nous sommes tous confrontés aujourd’hui pour répondre à votre question. Puis, comment intégrez-vous efficacement la couche d’intelligence par-dessus tout ça pour résoudre ces problèmes parce qu’il est question de connexion? Nous avons de la chance ceux d’entre nous qui sont ici sur scène. La quantité de données dont nous disposons nous permet de combler certaines de ces lacunes lorsque les données ne sont pas complètes. Comment tirons-nous parti des données que nous avons dans l’écosystème dans l’ensemble? Comment pouvons-nous partager les données entre les banques et arriver à résoudre ces problèmes pour accroître le traitement direct, réduire le risque de fraude et diminuer le risque global pour nos clients? Je pense que c’est l’approche que nous envisageons pour l’avenir.

J.D. Penner:
Alors, attardons-nous là-dessus parce que nous en avons fait allusion à certains cas d’utilisation et à ce à quoi les clients peuvent s’attendre. Mais réfléchissons-y. Disons que le système de PTR est lancé. Imaginons cela un instant. Quels sont les entreprises et les clients commerciaux? Certains d’entre eux à qui j’ai parlé m’ont dit : « Je suis satisfait du genre de paiements que je fais aujourd’hui. Ils sont prévisibles. Je vais prédire mes liquidités de cette façon. Je ne me réveille pas le samedi matin à 2 h en me disant que je dois faire un paiement de 10 millions de dollars. » Alors, quel est l’avantage de la trésorerie en temps réel ou des paiements en temps réel pour les entreprises commerciales? Vous avez probablement de l’expérience à cet égard dans d’autres territoires.

Dougal Middleton:
Oui et essentiellement ce n’est pas une question de vitesse. C’est une question de proposition de valeur et d’autres aspects des paiements d’aujourd’hui. Vous pouvez même choisir un modèle de règlement en brut réel (RBTR) moderne avec un traitement direct relativement en temps réel, mais nous gravitons tous autour du dialogue des paiements en temps réel et des considérations liées à la liquidité. Il s’agit vraiment de savoir comment vous gérez ces aspects par rapport au défi pour le client et comment vous vous assurez qu’il peut comprendre comment ces éléments interviennent dans des cas d’utilisation particuliers. Ce n’est pas une panacée, cela ne règle pas tous les problèmes. Pour répondre à votre question, on trouve beaucoup de réconfort dans les aspects liés au lot et au rapprochement, comme des paiements et des flux de paie prévisibles. Mais il y a des problèmes très uniques et plus récents, comme l’expérience instantanée pour les clients dans le secteur des versements d’assurance ou l’accès au salaire gagné, qui exigent une approche différente.

Je ne pense pas que nous en soyons rendus à une idéologie de type marché de masse. En même temps, il existe suffisamment de fournisseurs à grande échelle. Beaucoup de sociétés de technologie à grande échelle prennent conscience de la demande pour des paiements en temps réels et gravitent vers l’adoption de ce système comme élément fondamental de leurs moteurs de traitement des paiements et de leurs activités. Ils commencent par cela. Mais je pense que pour les trésoriers d’entreprise en général, il y a un moment où les paiements en temps réels et toutes les implications qui en découlent les aident en fait. En même temps, il y a encore les méthodes classiques, les réseaux de paiement traditionnels, qui continueront de fonctionner et de soutenir d’autres aspects fondamentaux de l’entreprise.

Jude Leclerc:
Nous avons parlé des demandes de paiement, de la disponibilité, du temps réel et des données. Les données elles-mêmes peuvent aider la trésorerie de l’entreprise. Elles peuvent aussi aider d’autres produits que nous vendons à devenir plus puissants. Donc, les données de paiement vous aident à vendre une solution de trésorerie, et la solution de trésorerie est vraiment l’élément dont les clients ont besoin. Les données issues d’un réseau qui prend plus de données vous permettent de vendre, par exemple, des comptes virtuels de la prochaine génération, et c’est ce qui permet aux clients de faire le rapprochement et de générer les rapports dont ils ont vraiment besoin.

Todd Roberts:
Oui. Si vous me permettez d’ajouter quelque chose, je pense qu’on suppose toujours qu’il s’agit de réseaux. À mon avis, une des choses que nous verrons de plus en plus à l’avenir est l’autocompensation par les institutions. Elles vont gérer la liquidité et la distribution dans leur propre environnement à l’échelle mondiale. Vous voyez ce qui se passe avec tous les projets pilotes de chaînes de blocs et les versions de la monnaie numérique de banque centrale de détail (MNBC).

Vous allez voir de plus en plus d’institutions financières adopter l’idée qu’elles peuvent gérer leur propre trafic pour leurs clients à l’échelle mondiale de façon plus efficace et faire uniquement appel à des réseaux nationaux ou mondiaux pour les éléments qui arrivent en fin de parcours. Vous allez également voir émerger tout un questionnement : est-ce que je vais vraiment faire les investissements nécessaires pour assurer la gestion des liquidités en temps réel allant jusqu’à ce qui touche la compensation et le règlement pour des cas d’utilisation d’une complexité infinie ou est-ce que je vais simplement appliquer une norme simple et dire que je vais investir des capitaux supplémentaires? Il y a donc un véritable compromis : est-ce que la meilleure solution est d’investir encore une fois dans d’autres processus ou est-il moins coûteux de simplement accepter de surcapitaliser pendant un certain temps? C’est un véritable compromis avec lequel je vois de plus en plus d’institutions être à l’aise, non seulement des institutions financières, mais aussi leurs clients.

Est-il sensé de garder une quantité de liquidités dans d’autres territoires parce que c’est un coût nécessaire pour faire des affaires? Nous parlons sans cesse de la norme ISO 20022. Donc, à un moment donné, nous allons réellement utiliser les messages MX, mais ce sera lorsque nous aurons des PGI et, plus important encore, des institutions financières qui disent qu’elles soutiendront les PGI de sorte que ce seront eux qui alimenteront les messages MX. Et je pense qu’une fois que les institutions financières auront adopté ce changement, les trésoriers d’entreprise le feront aussi. Cependant, selon moi, les gens doivent faire preuve d’un peu plus de souplesse dans leur vision des choses parce que la technologie et les processus ne sont pas toujours la solution. Les réseaux nationaux ne sont pas toujours la solution, et le système de PTR va entrer en vigueur cette année et changer la donne.

J.D. Penner:
Alors comment gardez-vous un œil sur la liquidité? L’une des choses intéressantes survenues lorsque le système de PTR de The Clearing House (TCH) a été lancé aux États-Unis est que même TCH était surprise que le premier cas d’utilisation pour les entreprises vise la concentration de trésorerie? Elles ne s’en servaient pas pour les comptes créditeurs/débiteurs, mais pour la concentration de la trésorerie. Comme les États-Unis ont des services bancaires segmentés et ce genre de chose dans plus de 50 États depuis longtemps, on comprend que c’est un défi à relever pour eux. Que croyez-vous qui va se passer? À quoi vous attendez-vous? Comment gardons-nous un œil sur les flux de trésorerie pour les clients et comment relevez-vous ce défi? Comment vous attendez-vous à relever ce défi étant donné qu’il s’en vient?

Jude Leclerc:
Je sais que nous sommes ici pour faire la promotion de toutes les nouveautés, du système de PTR et de tout le reste, mais, à mon sens, notre infrastructure mature et nos paiements en lots ont un rôle réel à jouer. Je vais faire référence à Paiements Canada. L’organisme publie chaque année un excellent rapport intitulé « Modes et tendances de paiement ». J’espère ne pas l’avoir mal cité, mais il y est très clair qu’au Canada 98 pour cent des entreprises sont de petite et moyenne taille. Celles du marché intermédiaire comptent pour 1,8 pour cent et les grandes entreprises pour 0,2 pour cent. De toute évidence, il y a une relation inverse pour ce qui est du volume des paiements.

En revanche, il est important de se rappeler que la grande majorité des clients au Canada, surtout les entreprises, sont des agriculteurs. Les paiements sont quelque chose qu’ils doivent faire en parallèle pour que l’entreprise fonctionne, mais ce n’est pas leur passion. Pour les entreprises de camionnage ou les salons de coiffure, les paiements ne sont pas une passion. Donc, comme vous l’avez dit, Todd, ils ne veulent pas investir une tonne d’argent dans un système de TI. Ce sont des salons de coiffure. Donc, si vous avez des paiements prévisibles et en tirez parti — pensons à la paie, un parfait exemple, ou à un centre d’entraînement qui touche des frais d’abonnement une fois par mois —, alors des paiements prévisibles et une infrastructure de transferts électroniques de fonds, en toute honnêteté, font tout à fait l’affaire. Beaucoup de clients ne veulent pas payer le prix beaucoup plus élevé d’un système de PTR. Ils sont heureux de payer encore une fois pour quelque chose qui est un coût irrécupérable et une infrastructure très mature.

Mais ma réalité, surtout lorsque vous rencontrez beaucoup de clients, est que vous examinez leurs activités et qu’elles se limitent au 9 h à 17 h. Elles ne se font pas en tout temps. Greta, qui fait la même chose depuis 30 ans avec ses grosses jointures, rentre chez elle à 17 h et elle ne regarde pas un écran toute la journée. Elle a regroupé ses activités tout au long de la journée pour faire certaines choses à certains moments. Elle fait ses rapports et son rapprochement à la fin de la journée. Ensuite, elle s’occupe de ses positions de fin de journée. Elle rentre à la maison, soupe, joue à Clue avec ses amis, passe du temps avec ses enfants, regarde la télé, va au lit, repart le matin et en matinée, elle regarde sa position. Elle ne surveille pas cela en tout temps. Je pense donc qu’il y a un segment de clients, de très grandes entreprises, pour qui le « en tout temps », l’IA, les API et toutes les données du monde sont vraiment, vraiment importantes. Elles en ont besoin. Il y a aussi énormément d’entreprises au Canada qui ne fonctionnent tout simplement pas de cette façon. Il est donc important d'investir dans les deux réseaux parce que tout le monde n'a pas besoin de tout en temps réel.

Dougal Middleton:
Je peux imaginer que Greta est vraiment frustrée par toutes les tâches manuelles qu’elle doit assumer tous les jours. Elle frappe les murs avant de rentrer à la maison. Et elle use ces jointures depuis 20 ans. J’espère qu’à un moment donné nous pourrons lui apporter des solutions meilleures et plus fructueuses qui la délivreront de cette réalité manuelle et rendre son expérience un peu plus harmonieuse. Quoiqu’il en soit, je comprends.

Je suis tout à fait d’accord. Le Canada est avant tout une économie commerciale de petites entreprises. Et le problème des multinationales s’applique au Canada pour une très petite partie de la population. Le Canada est une partie du bassin de liquidités dont les trésoriers de multinationales doivent se préoccuper.

Mais étant donné que cela représente une grande partie de nos activités au Canada, nous devons nous assurer que nous permettons à nos clients de faire face à cette réalité de provisionnement de liquidité et que nous leur donnons ces solutions de liquidité qui sont en fait déclenchées par les riches données et qu’ils peuvent réaliser leurs transferts de fonds par balayage à l’échelle mondiale dans les différents fuseaux horaires sans courir après les heures limites locales du modèle RBTR en envoyant de l’argent et en passant par divers territoires. Donc, une grande partie de cette gestion des flux de trésorerie en temps réel les aide à passer de cette réalité segmentée entre les différents territoires à une réalité davantage sur demande qui va leur donner cette vue d’ensemble de la liquidité et leur permettre de réagir selon leurs différents besoins partout dans le monde, pour qu’ils puissent maintenir leur flux de paiements et de liquidités pour financer leurs opérations.

Mais il est certain qu’une grande partie de ces cas d’utilisation dans la sphère des trésoriers d’entreprise ne concernent pas nécessairement les activités de décaissement. Il s’agit des activités de financement interentreprises. Je pense que les avancées que nous avons connues même dans les systèmes RBTR ici au Canada avec des liens, etc., commencent à apporter des taux de vérification des sanctions beaucoup plus réalisables pour tout le monde, ce qui rend le processus de bout en bout beaucoup plus de fluide et donc, facilite le flux de liquidités lorsque vous faites des transferts et des activités de type interentreprises. Je pense, Todd, que vous avez parlé du monde de la segmentation en jeton, des actifs numériques, etc. Je m’en voudrais de ne pas faire une parenthèse ici. Mais la réalité est que beaucoup de nos multinationales qui adoptent notre plateforme Kinexys, sur le marché depuis près de 10 ans maintenant… Si nous comparons les volumes que nous voyons sur cette plateforme avec ce que nous voyons globalement sur toutes les autres plateformes, nous traitons un volume d’environ 13 billions de dollars chaque jour. Mais cette plateforme, la plateforme Kinexys, ne reçoit qu’environ 8 à 9 milliards de visiteurs par jour. Donc, ça commence à prendre de l’ampleur. C’est principalement dû aux activités interentreprises parce que l’activité en tout temps jusqu’aux millisecondes est très programmable. Elle déclenche des événements liés aux flux de liquidités et c’est super important pour les multinationales.

J.D. Penner:
Steve, RBC compte une bonne partie des grandes sociétés au Canada. Que voyez-vous de votre côté?

Steve Miller:
Bon nombre de nos sociétés sont encore essentiellement des historiens lorsqu’il s’agit de déclaration des opérations et des soldes. Elles viennent et examinent ce qui s’est passé antérieurement et elles passent à 6 h ou elles ont un groupe qui vient à la fin de la journée. C’est quelque chose que nous continuons de voir. Concernant votre point, nous constatons toujours que les entreprises suivent un horaire de 9 h à 17 h, qu’elles ont leurs processus, qu’elles fonctionnent avec un lot et ce genre de chose. Par contre, les sociétés mondiales cherchent certainement à voir comment elles gèrent les liquidités avec précision, ce qui rejoint le point de Dougal.

Mais nous voyons aussi des clients déjà adopter les paiements en temps réel grâce aux API de virement électronique et aux capacités opérationnelles à cet égard. Nous le voyons dans l’économie à la demande dont vous avez parlé, Dougal. Nous le voyons dans les médias et le divertissement. Nous le voyons avec les versements d’assurance. Et ce que nous voyons ensuite avec les clients qui les adoptent, c’est qu’ils se mettent à réfléchir à la façon dont ils gèrent leur position de liquidité parce qu’ils ne veulent plus garder de personnel 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Donc, ils commencent à examiner leur infrastructure, leur système de gestion de la trésorerie, leur PGI et la façon de créer cette plateforme. Alors, ils nous demandent comment générer plus de renseignements et essayer de faire émerger davantage de données réelles pour être en mesure d’en alimenter cette plateforme afin qu’ils puissent réellement avoir cette position et s’en aller tout en gérant leur entreprise en continu pendant de longues fins de semaine. Les décisions relatives aux liquidités se prennent en temps réel, ce qui exige l’entrée de certaines données.

Nous voyons beaucoup de cas d’utilisation intéressants dans le transport maritime et le commerce international. Les ports ne ferment pas. Il y a des marchandises qui arrivent et les choses doivent pouvoir aller de l’avant. On ne les fait plus traîner parce qu’on doit pouvoir transférer l’argent. Donc, ces clients commencent à regarder comment ils peuvent passer d’Excel à une approche dorénavant intégrée et automatisée.

À mon avis, la plupart de nos clients ont besoin que nous les guidions, tout comme cétait le cas avec la norme ISO et avec le numérique. Nous avons tous l’énorme responsabilité d’éclairer nos clients sur la meilleure solution possible pour eux, la manière d’envisager les changements liés à leurs flux de travail et notre façon de les soutenir dans ce processus. Il en tient à l’ensemble de l’industrie, et non pas seulement aux banques, de les guider.

Dougal Middleton:
C’est un excellent point. On voit un grand manque d’action dans le marché, surtout lorsqu’on pense à l’éventail des entreprises. Pour tout le monde, des petites entreprises jusqu’aux grandes multinationales, je suppose que la priorité varie grandement pour ce genre de service. Et nous devons renseigner tout le monde sur la proposition de valeur et ce qu’ils peuvent en faire.

Todd Roberts:
Alors, je trouve intéressant de noter que nous parlons tous de paiements en temps réel. Mais deux éléments, à mon avis, ont énormément changé au cours des six derniers mois. D’abord, nous avons la sensibilité aux coûts. Par exemple, combien me coûte vraiment l’exploitation de mon entreprise? Le coût des paiements est quelque chose que les gens connaissent beaucoup mieux aujourd’hui qu’avant. Ensuite viennent les crimes financiers. Wait baby wait (attend chéri attend) remplace la formule drill, baby, drill (fore, chéri, fore). Alors, pourquoi vouloir des paiements rapides en tout temps? Donc, un trésorier d’entreprise qui reçoit la demande d’envoyer 10 millions de dollars immédiatement au risque qu’une entente tombe à l’eau fait partie des cas où toutes les banques disent de ralentir.

Alors, je pense qu’il y a cette dynamique avec laquelle nous allons composer dans peu de temps, c’est-à-dire le risque lié à la pénétration de l’IA à grande échelle. La sophistication croissante des réseaux de fraude et la sensibilité accrue des clients finaux aux prix vont amener ces derniers à se demander, de un, comment ils peuvent intégrer des points de friction délibérés dans leur expérience de paiement parce qu’ils les protègent et, de deux, comment ils peuvent envisager de faire des choses comme — je vais utiliser le système de compensation et de règlement — utiliser ce mécanisme de paiement presque gratuit pour pouvoir dire qu’ils peuvent avoir un des champs de la note pour se diriger vers un magasin qui a la concentration de données MX, parce que s’ils n’ont pas besoin des paiements en temps réel, mais que tout ce qui leur importe, ce sont les données utiles, ils peuvent retourner à un magasin avec des données CIBC après coup et dire qu’ils vont extraire l’information nécessaire. Nous pouvons donc faire des paiements abordables avec des données si nous faisons preuve d’un peu plus de créativité dans l’utilisation de notre infrastructure. Ce n’est pas toujours une question de vitesse parce que la vitesse présente un risque financier plus grand et un coût plus élevé.

J.D. Penner:
C’est intéressant parce que nous avons forcé les clients à comprendre la différence entre les réseaux de paiement et ils ne se soucient pas du réseau de paiement, comme nous en avons déjà parlé. Mais les banques étaient autrefois la source des frictions et maintenant, parce qu’elles éliminent les frictions, les entreprises et les consommateurs doivent introduire leurs propres frictions. Donc, c’est une façon intéressante de voir les choses.

Dougal Middleton:
C’est un des grands volets. Nous devons aussi faciliter les services qui leur permettent de faire intervenir les protections juste avant que la décision de paiement soit prise. C’est de là, à mon sens, que vient une grande partie de cet aspect de confiance et de sécurité, lorsque nous devons commencer à introduire des éléments, comme la vérification de l’identité et la validation des comptes, qui aideront à protéger le paiement avant qu’il ne devienne réellement définitif.

Steve Miller:
Il y a l’analyse comportementale entourant tout cela aussi. Mais en fait, nous voyons aussi les contrôles eux-mêmes passer du côté du client plutôt que de la plateforme numérique. Alors, comment les intègrent-ils dans leur processus global et d’un bout à l’autre? Nous voyons des clients qui ne sont pas préparés à ce genre de changement. Je veux dire que les banques étaient autrefois celles qui protégeaient les clients contre eux-mêmes et qu’il y a des limites à ce que nous pouvons faire. Votre dentiste ne vous brosse pas les dents, n’est-ce pas?

Todd Roberts:
À ce sujet, nous avons des organismes de réglementation dans la salle. Il s’agit d’une occasion intéressante pour les organismes de réglementation de commencer à se demander si nous allons vraiment avoir un cadre d’identité numérique dans le pays sur lequel tout le monde peut se fier parce que les institutions individuelles ne peuvent pas se débrouiller. Je pense à nos amis de la Colombie-Britannique. La Colombie-Britannique a fait de l’excellent travail pour offrir à tous les citoyens de la province un permis de conduire et une carte d’assurance maladie. Ensuite, si nous voulons vraiment maîtriser la fraude, être en mesure d’adopter l’agentique et nous assurer que les citoyens sont aux commandes de leur vie plutôt que ce soit le gouvernement, les institutions financières ou qui que ce soit d’autre qui le soient, alors suivre une approche axée sur le citoyen, protéger les gens du pays et leur permettre de faire ce qu’ils veulent de leur vie nous oblige à avoir une certaine forme d'identité numérique ou du moins d'authentification numérique.

J.D. Penner:
Vous avez tous travaillé avec de petites institutions financières et certaines de vos institutions servent ces dernières directement. Quelle est la teneur des conversations à ce propos? Je suppose que certains d’entre vous sont de petites institutions, de petites banques, et non pas une des cinq principales. Qu’entendez-vous, que dites-vous et de quoi parlez-vous avec vos petits sous-adhérents qui doivent déterminer ce qu’ils vont faire dans ce contexte? Je sais que Todd a eu de nombreuses conversations à ce sujet avec de petites institutions financières.

Todd Roberts:
La situation des petites institutions financières représente à la fois un luxe et une malédiction. Le luxe, c’est qu’elles sont petites. Donc, les données et systèmes existants ne nécessitent une intégration de la même envergure qu’à la RBC. Lorsque vous étiez sur scène l’an dernier pour parler de l’intégration HSBC-RBC, on voyait à quel point c’est difficile pour une grande institution financière. Donc, les petites institutions financières ont le luxe d’être moins complexes et la capacité de se demander comment gérer leurs relations avec des tiers pour fonctionner avec agilité.

La malédiction, c’est qu’elles manquent d’envergure. Le manque d’envergure est l’avantage, mais vous devez tirer parti de vos relations. Donc, pour être agiles, elles doivent avoir de très bons systèmes frontaux, comme Forge, qui est maintenant géré par Intellect, et VeriPark, l’autre solution sur le marché. Il existe trois entreprises de traitement des paiements sur le marché. Il faut donc qu’elles arrivent à simplifier leur environnement.

Les petites institutions financières connaissent un niveau de consolidation important, jamais vu auparavant dans notre pays. C’est pareil partout ailleurs parce que les services financiers reposent sur une économie d’échelle. Donc, vous devez déterminer comment recourir aux fournisseurs de paiements intégrés de sorte que cette échelle joue en votre faveur, et non vous nuise. Un trop grand nombre de petites institutions financières se comportent actuellement comme si elles devaient gérer leur propre infrastructure, à la manière de grandes institutions financières. C’est une impasse. Il est impossible de concurrencer un joueur investi à 100 pour cent quand vous l’êtes à 2 pour cent. Elles doivent chercher beaucoup plus à se doter des moyens d’agir, à profiter du fait qu’elles n’ont pas les obstacles que les grands joueurs ont et à utiliser autant de services qu’elles peuvent sur demande. Je regarde ce que les API 3.7 du système de PTR offriront, les trois fonctionnalités de lutte contre la fraude qui seront disponibles au lancement. C’est un excellent exemple pour montrer qu’il est possible d’avoir des services de paiement à l’échelle sur une base modulaire afin que certains éléments de la dynamique concurrentielle soient uniformisés. La réduction de la fraude profite autant aux grandes institutions qu’aux petites. Donc, nous devons nous attaquer énergiquement à ce défi en général, mais les institutions financières de petite taille doivent accepter le changement et leurs fournisseurs doivent faciliter considérablement la consommation de tout sur demande, soit des paiements intégrés.

J.D. Penner:
Je pense que nous allons nous arrêter là. C’est la fin parfaite pour notre fantastique table ronde.

Elizabeth (Liz) Dempsey:
Voilà qui conclut cet autre épisode de la série estivale du SOMMET.

Nous tenons à remercier sincèrement notre modérateur, J.D. Penner, et notre groupe d’experts, Jude Leclerc, Dougal Middleton, Steve Miller et Todd Roberts, de nous avoir fait profiter de leur expertise en matière de paiement.

Si vous avez aimé cet épisode, nous vous invitons à vous abonner à The PayPod sur votre application de balado préférée.

Ne manquez pas d’être à l’écoute la semaine prochaine pour entendre une autre discussion éclairée du SOMMET 2026.

Enfin, si vous venez tout juste de vous joindre à nous, jetez un coup d’œil à nos autres épisodes de la série estivale du SOMMET. Ils ont produit un grand nombre d’excellentes conversations jusqu’à maintenant.

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey. Merci d’avoir écouté The PayPod.

Nous vous retrouverons la semaine prochaine.

Continuer à lire