Épisodes de podcasts

Épisode 47 : L’analyse de rentabilisation de la superposition – ajouter de la valeur au système de paiement en temps réel

Le lancement du système de paiement en temps réel (système de PTR) est à l’horizon. Les cas d’utilisation sont bien connus. Nous savons comment fonctionnent les opérations de règlement et de financement. Mais une question demeure : comment les entreprises ou les consommateurs pourront-ils effectuer une transaction de paiement sur ce nouveau système? À quoi ressemblera la couche de l’expérience utilisateur? Qu’est-ce qui est possible? La réponse est la superposition de services! Cette conversation porte sur la commercialisation de la superposition de services qui offriront des capacités de paiement en temps réel aux utilisateurs finaux et qui s’articulent autour de fonctionnalités très attendues, comme les codes QR et les messages de demande de paiement.

Elle se penche sur les occasions d’affaires et les risques associés à ces capacités ainsi qu’à la façon dont elles ont été gérées par d’autres régions où il y a eu une croissance explosive dans l’écosystème des paiements entre comptes. Les chefs de file de l’industrie discuteront de la façon dont les institutions canadiennes peuvent se distinguer hors du système en ciblant des cas d’utilisation opérationnelle et en élaborant de nouveaux services de paiement en temps réel qui génèrent des revenus.

Invitées :

  • Michael Liberty, vice-président, Opérations monétaires mondiales, CIBC

  • Abraham Tachjian, chef, Affaires réglementaires, Brim Financial

Modératreur :

  • David Hooper, vice-président, Services bancaires et paiements, CGI
 

À PROPOS DE THE PAYPOD

The PayPod est le balado multiépisodes de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et partout dans le monde. Écoutez Elizabeth Dempsey, gestionnaire, Stratégie et engagement en matière d’événements à Paiements Canada et animatrice de The PayPod, interviewer des experts de premier plan et des leaders d’opinion respectés au sujet de l’évolution du paysage des paiements, des besoins des Canadiens et de l'avenir des paiements modernes (seulement disponible en anglais).

FAÇONS D'ÉCOUTER LES BALADOS :

 

Spotify logo
Apple podcast logo

 

 

 

 

 

Transcription du podcast

Elizabeth (Liz) Dempsey :
Rebienvenue à la série d’été du SOMMET, une présentation spéciale de The PayPod, le balado de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et dans le monde.

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey.

Avant de commencer, comme vous le savez peut-être, les inscriptions pour le SOMMET 2027 sont maintenant ouvertes! Nous serons de retour au Automotive Building à Toronto du 4 au 6 mai 2027, et nous proposons actuellement les billets au prix le plus bas possible.

Les auditeurs de la série d’été du SOMMET obtiennent une récompense encore plus importante : un rabais de 100 $ sur leur billet en entrant le code promotionnel SUM27PAYPOD lors de l’inscription sur thesummit.ca. Merci de votre écoute et de votre engagement continu!

Dans ce dernier épisode de la série estivale du SOMMET, nous examinons l’analyse de rentabilisation de la superposition de services, une table ronde populaire du SOMMET 2026.

Le lancement du système de paiement en temps réel (système de PTR) est à l’horizon. Nous savons comment fonctionnent les opérations de règlement et de financement. Mais une question demeure : comment les entreprises ou les consommateurs pourront-ils effectuer une transaction de paiement sur ce nouveau système? À quoi ressemblera la couche de l’expérience utilisateur? Qu’est-ce qui est possible? La réponse est la superposition de services! Aujourd’hui, nous verrons la commercialisation de la superposition de services qui offriront des capacités de paiement en temps réel aux utilisateurs finaux.

Nous nous joignons au modérateur David Hooper, vice-président, Services bancaires et paiements chez CGI. Il anime notre table ronde réunissant :

  • Michael Liberty, vice-président, Opérations monétaires mondiales, CIBC

  • Et Abraham Tachjian, chef, Affaires réglementaires, Brim Financial

Profitez de la conversation.

Voici David Hooper.

David Hooper :
Merci beaucoup de vous joindre à nous. Je m’appelle David Hooper. Je dirige les services de consultation en matière de paiements chez CGI et je suis également responsable de la mise en œuvre de nos produits de paiement CGI à la Banque Scotia. Je vais laisser une minute à chaque personne présente sur la scène pour se présenter. Oui. Bonjour tout le monde.

Michael Liberty :
Je m’appelle Michael Liberty et je dirige une équipe appelée Opérations monétaires mondiales à la CIBC, qu’on appelle traditionnellement une salle de virements. Une grande partie du travail que nous faisons est en fait la transformation des paiements. Je dirige donc les paiements d’entreprise. Plus récemment, il y a environ deux semaines, j’ai été nommé au sein du Comité consultatif des membres au nom de Paiements Canada. Merci.

Abraham Tachjian :
Bonjour tout le monde. Je m’appelle Abraham Tachjian. Je dirige les affaires réglementaires à Brim. Nous sommes une entreprise qui offre des services de paiement complet. Les cartes et tout ce qui touche les paiements. Nous nous sommes récemment joints à Paiements Canada en tant que nouveau membre. Nous sommes donc heureux de faire partie de l’organisation. Avant d’occuper ce poste, j’étais responsable du système bancaire ouvert au ministère des Finances, où j’ai élaboré le cadre du système bancaire ouvert. Dans mes temps libres, je compte les jours jusqu’à son lancement.

David Hooper :
Voilà. Donc, avec l’arrivée prochaine du système bancaire ouvert et le lancement imminent du système de PTR, nous avons pensé que c’était l’occasion idéale de mener cette conversation. Nous ne parlerons pas beaucoup de la technologie. C’est beaucoup plus une question de valeur ajoutée. En fait, c’est simplement un logiciel utilitaire ou un système de paiement. Comment pouvons-nous y ajouter des services qui apporteront de la valeur aux consommateurs et aux entreprises du Canada? On les appelle communément les superpositions ou les services concurrentiels. C’est là-dessus que nous allons nous pencher. C’est l’occasion parfaite, parce que nous avons deux points de vue, dont celui du secteur bancaire. Prenons Abraham avec son nouveau rôle au sein de son entreprise. Vous êtes ce qu’on appelle une entreprise de technologie financière, mais aussi un fournisseur de services financiers avec un point de vue différent. Dans cette optique, qu’allons-nous faire avec ce système? Comment allons-nous ajouter de la valeur? Qu’allons-nous ajouter?

Parce que c’est une question de services. Il ne s’agit pas du système en tant que tel, mais plutôt des caractéristiques du système, comme le traitement en temps réel et la rapidité. Ce sont les types de caractéristiques qui nous intéressent. C’est donc le thème de cette conversation. Selon moi, nous avons brièvement défini ce qu’est un service répétitif superposé. Nous avons vu ces services dans beaucoup de pays sous forme mobile ou en ligne. Bien sûr, les consommateurs veulent la plupart de ces services gratuitement, ce qui est peut-être bien pour eux, mais nous gagnons tous notre argent grâce aux grandes entreprises et au secteur commercial. Voilà qui prépare le terrain.

Je vais commencer par la première question dont nous parlions, à propos du système et de l’expérience. Dites-nous d’abord ce que vous pensez de l’évolution de ce système au moment de son lancement.

Michael Liberty :
Oui, bien sûr. Je vais commencer. Donc, très brièvement, et je pense que vous en avez parlé, et certains ont eu l’occasion d’en apprendre davantage sur la scène principale, le thème de cette conférence est le lancement du système de paiement en temps réel. Le système bancaire ouvert sera également mis en œuvre, espérons-le, peu de temps après. Ce qui est vraiment important, c’est l’expérience, n’est-ce pas? Donc, les fondations, l’infrastructure, c’est la sécurité et la solidité. C’est ce qui, je l’espère, aide à se sentir à l’aise lors de l’utilisation du système. Mais la superposition façonnera vraiment l’expérience client. C’est là qu’on retrouvera l’innovation, qu’il s’agisse de nouveaux venus, de participants indirects au règlement ou d’entreprises de technologie financière, ou bien de la façon dont les banques peuvent faire évoluer les produits qu’elles offrent déjà à leurs clients. C’est vraiment l’expérience client qui va aider à définir ces cas d’utilisation. Personnellement, j’ai hâte de voir comment on peut nous éloigner du modèle traditionnel mobile, parce que c’est vraiment ce que les gens considèrent comme la norme. De voir cette évolution.

Abraham Tachjian :
Et Michael, j’aime la distinction que vous faites entre l’infrastructure elle-même et le service. Je pense que, pour bien transmettre ce message, il faut comprendre que, pour une raison quelconque, au Canada, nous avons été lents à élaborer des politiques et des infrastructures. C’est comme ça. Nous y sommes maintenant et nous faisons de bons progrès. Nous avons passé tellement de temps à parler de ces plans et de la façon dont l’infrastructure sera mise en œuvre que j’espère qu’en tant qu’industrie, nous ne perdons pas de vue la distinction entre le produit réel que les clients voient et la fonctionnalité sous-jacente. Si nous nous fions simplement à l’infrastructure, ça pourrait tomber à plat. Les gens ne se présentent pas à une banque pour demander un système de PTR. Ils veulent les services ajoutés. Je pense donc que c’est important. Vous en avez tous les deux parlé, mais en tant qu’industrie, nous devons faire une distinction entre tous les efforts qui ont été déployés pour mettre en place l’infrastructure. Maintenant que c’est fait, on peut commencer à superposer les services qui mettront vraiment en évidence les fonctionnalités et les avantages. J’ai donc un peu peur qu’on se perde dans les détails de ce que nous avons construit et que nous ne profitions pas pleinement de ce beau système.

David Hooper :
Vous avez raison. Donc, si nous considérons uniquement l’essentiel, c’est un système disponible en tout temps. Oui, il y a surtout des banquiers dans la salle ici. Nous vivons dans un monde de paiements par lots. C’est un peu différent. Soyons honnêtes. Les réseaux sont disponibles pendant les heures d’ouverture des banques. On ne peut pas envoyer de l’argent au moyen de Swift à deux heures du matin parce qu’il n’y a pas de succursale ouverte à deux heures du matin, du moins en tant que consommateur. Donc, quel que soit le service offert, il faut qu’il soit disponible en tout temps. Oui, nous allons devoir travailler les jours fériés et les fins de semaine. Donc, les équipes des opérations. Bonjour. N’est-ce pas? C’est un grand changement pour tout le monde. Alors, comment pouvons-nous commencer à présenter cela aux clients? Les virements électroniques semblent bien fonctionner, mais le principe est très axé sur le consommateur pour les entreprises. Selon vous, où cela nous mènera-t-il?

Abraham Tachjian :
Eh bien, je ne pense pas que les entreprises aient besoin d’être convaincues de la valeur. Lorsque je regarde le comportement de certains groupes démographiques, j’ai l’impression que les consommateurs découvrent des caractéristiques de paiement par commodité. En gros, ils découvrent une fonctionnalité qui les aide. Toutefois, pour les entreprises, le transfert d’argent est leur activité principale. Sans vouloir faire de jeu de mots. Je pense donc que les entreprises ont vraiment hâte de pouvoir offrir ce type de produit parce qu’il permet finalement de regrouper une grande partie des fonctionnalités quotidiennes au sein d’un seul produit, dont l’argument de vente est justement les fonctionnalités riches en données. Grâce à ce produit, les activités de facturation, de perception et de rapprochement sont regroupées et les entreprises le savent. Les consommateurs y verront surtout la commodité et les entreprises verront comment ce produit peut contribuer aux activités de leur entreprise.

Quand on regarde le nombre de ces transactions qui sont effectuées à grande échelle, soit des centaines, voire des milliers de transactions indispensables aux organisations, le système de PTR, avec toutes ces caractéristiques intégrées et les trois que je viens de mentionner, on s’aperçoit soudain qu’il y a beaucoup de personnel qui pourrait être affecté à d’autres tâches. Il y a beaucoup de belles occasions à saisir, simplement parce qu’une grande partie des tâches administratives a été supprimée en raison de ces fonctionnalités intégrées que nous avons créées.

Donc, si je regarde le potentiel de ce qui pourrait arriver, je reviens à ce que je disais. Les consommateurs veulent aussi ces caractéristiques de paiement, ne vous méprenez pas, mais ils les découvrent généralement par commodité. Les entreprises, elles, recherchent plutôt ces caractéristiques parce qu’elles savent qu’il y a des possibilités d’améliorer la façon dont elles transfèrent de l’argent.

David Hooper :
Oui. Bon, je vais poser la question à Michael, puisque nous commençons à parler des entreprises. Nous savons qu’elles ont leurs propres cas d’utilisation, que ce soit l’assurance ou les paiements, peu importe. Il y a tous ces cas d’utilisation que nous connaissons si bien. Parmi ceux-ci, lesquels vont pouvoir s’adapter à ce mode de paiement? Appelons-le ainsi.

Michael Liberty :
Oui, je pense que le simple fait de se baser sur le côté des données va stimuler beaucoup de ces cas d’utilisation. Donc, pour tout type de décaissement, le rapprochement qui se fait en arrière-plan va évidemment être très important. Je pense qu’un grand nombre d’innovations viendront des entreprises parce qu’elles connaissent leurs clients, elles savent peut-être où sont les problèmes. Elles savent peut-être où sont les problèmes à résoudre. Par exemple, l’économie à la demande et la capacité de faire des paiements le jour même ou en cas d’urgence, voilà ce qui sera vraiment important. Il sera intéressant de voir s’il y a des institutions financières qui veulent donner l’exemple, ou s’il pourrait y avoir d’autres types de nouveaux joueurs sur le marché. Et c’est peut-être ainsi qu’ils se distingueront.

La question des consommateurs est très intéressante également. Je n’aime pas le terme, mais je vais l’utiliser parce que je n’ai pas pu trouver mieux. Les paiements décisifs. Oui. Quelqu’un a mentionné hier la possibilité d’aller faire une mise de fonds sur une maison sans avoir à aller chercher une traite bancaire.

David Hooper :
J’aurais pu me servir de cette information il y a deux semaines.

Michael Liberty :
Exactement. J’ai entendu des histoires, et ce n’est pas une histoire de la CIBC, mais, plutôt parce que je fais partie du secteur, j’ai entendu des histoires de personnes qui voulaient obtenir une traite bancaire et à qui on a demandé de s’adresser à la banque de l’autre côté de la rue. Ces banques le font gratuitement.

David Hooper :
Oh, gratuitement. Pas vrai? Oui, exactement. C’est exactement ce que j’ai fait il y a deux semaines. J’ai dû me rendre dans une succursale de la BMO pour obtenir une traite bancaire, et on m’a dit d’aller de l’autre côté de la rue à la TD. J’avais l’information pour la société immobilière et je devais déposer le chèque. Quelqu’un a dit que je n’étais pas censé pouvoir faire ça : traverser la rue avec une traite de 30 000 $ ou payer 65 $ pour le virement. Oui, je ferai la queue pendant 45 minutes.

Michael Liberty :
Mais c’est le genre de choses que nous verrons, n’est-ce pas? Comme l’achat d’une voiture, ce genre de situations où on peut faire ce type d’opération. Je pense que vous allez commencer à conduire. Pour commencer, je pense que c’est une question de commodité, comme un irritant. Ce ne sera peut-être pas sans complications. Il y aura toujours des limites et d’autres facteurs qui seront peut-être pris en compte. Mais on réduira les irritants dans les paiements non répétitifs traditionnels. Je pense que cela contribuera à stimuler d’autres types d’innovation.

David Hooper :
Parlons un peu plus de l’expérience, car vous en avez tous les deux parlé. Et c’était l’exemple. Nous examinons l’expérience globale des paiements. Ce n’est pas nécessairement du point de vue des paiements, c’est différent de certaines des autres façons actuelles de transférer de l’argent. Je vais vous donner un exemple de cette expérience. Nous avons parlé à quelques compagnies d’assurance qui nous ont dit : « Nous n’avons aucun problème à envoyer de l’argent. On envoie un dossier à notre banque, qui envoie l’argent au client » ou « Une entente de débit préautorisé nous permet de prélever les primes du compte du client. Facile, efficace et peu coûteux ». À force d’y penser, ces compagnies se sont rendu compte qu’il y avait une autre option. « Si on peut payer nos courtiers ou nos réseaux de concessionnaires ou si on prend une photo d’une voiture accidentée, qu’on l’envoie, ils peuvent l’examiner et envoyer de l’argent tout de suite. » Ce n’était pas pour résoudre un problème de paiement. C’était l’expérience. Et tout d’un coup, ces compagnies paraissent bien avec tous ces avis sur Yelp et Google. Partons de là. Que voyons-nous? Parce que l’écosystème des paiements lui-même n’a peut-être pas de problème. Oui, mais c’est cette expérience.

Abraham Tachjian :
Je pense que nous revenons au point où nous avons commencé à parler de la distinction entre la fonction et le service lui-même. La valeur est dans le service. Voici comment j’aime voir les choses : si l’on fait abstraction du côté paiement, est-ce que quelqu’un se souviendra de votre produit? C’est ça qui rendra votre superposition mémorable. C’est ça qui renforcera la fidélisation et qui favorisera réellement l’adoption auprès des consommateurs. L’un des exemples auxquels je fais généralement référence est cette entreprise américaine du nom de Trustly qui a mis sur pied un produit de paiement d’un compte à l’autre pour le monde du jeu. Supprimez la fonctionnalité de paiement. Les organisations se souviendront du service offert par Trustly en ce qui concerne l’élément de fraude intégré à la fonctionnalité de paiement d’un compte à l’autre. C’est la même chose pour les consommateurs. C’est là que je vois cette distinction entre ce que le système de PTR offre en matière de fonctionnalité et ce que le service offre vraiment. D’un point de vue analytique seulement, en retirant la fonctionnalité de paiement et en regardant simplement les avantages pour les commerçants ou les consommateurs, si les avantages sont nombreux, c’est là que le produit prend toute sa valeur et qu’on apporte vraiment une valeur ajoutée au service. Encore une fois, sans vouloir faire de jeu de mots.

David Hooper :
Exactement. Vous avez soulevé un bon point, celui des paiements de compte à compte. Donc, dans bon nombre de nos conversations, on rappelle aux gens que le paiement entre comptes implique qu’il y a de l’argent dans le compte. De leur côté, les banques et les émetteurs ont peur que leur secteur des cartes de crédit en pâtisse. Eh bien, je paie avec ma carte de crédit pour deux raisons. Ou peut-être pour les deux. A, je n’ai pas l’argent et B je recueille des points de pour un programme de récompenses. Vous devez donc me convaincre d’utiliser le système de PTR pour mes transactions. Mais si je n’ai pas l’argent, je ne peux pas le faire.

Donc, l’une des idées dont nous avons parlé il y a quelques années était de séparer la source des fonds du système de paiement. Donc, avec ces expériences, je pense qu’il y a une occasion à saisir. Je vous pose la question, Michael. Est-ce que les banques sont prêtes à payer la partie de l’autre côté? Nous avons maintenant cette conversation. Les banques prendraient-elles les fonds d’un compte de chèques ou d’un compte d’épargne ou d’une marge de crédit? Serait-il question d’un micro-prêt? Par exemple, la banque et le client font une entente des débits de paiement, et les fonds sont transférés d’un compte à l’autre vers la personne concernée, qui ne fera plus partie de l’équation. Voyez-vous cela?

Michael Liberty :
C’est exactement le genre de possibilités. Des prêts intrajournaliers ou des micro-prêts, ce genre de produits. Il pourrait certainement s’agir de ce type de produit. Cette offre de produits serait utile. Ce serait notamment pratique pour les transactions imprévues à effectuer, par exemple une transaction unique pour une journée donnée. Cette solution est immédiate et apporte une tranquillité d’esprit. C’est l’un des aspects qui peuvent être vraiment très importants. Ces produits pourraient aussi être utiles pour une organisation. Je sais que David va être payé tous les vendredis, mais je sais aussi qu’il doit régler une facture en particulier. Je suis prêt à trouver une solution avec lui, car il m’a appelé et on pourrait peut-être s’arranger d’une manière ou d’une autre. Pas vrai? Il est donc tout à fait possible de définir ces différents types d’arrangements.

Abraham Tachjian :
J’aimerais ajouter qu’il ne faut pas être trop optimiste quant à l’efficacité de ce système. Il ne s’agit pas d’une panacée. Il a son rôle pour les consommateurs. Il a son rôle pour les commerçants, mais il n’est peut-être pas nécessaire que toutes les transactions soient traitées en temps réel. Il y aura toujours de la place pour d’autres types de produits de paiement. Ce que je veux dire, c’est que nous avons ces discussions depuis que la technologie a été intégrée dans les services financiers en ce qui concerne les fonctions des cartes, celles des chèques et celles des guichets automatiques par rapport aux caissiers. Mais les besoins des clients évoluent. Si l’on se tourne vers le passé, on remarque qu’un produit de paiement donné peut toujours s’adresser à un segment de marché. Je pense donc qu’au lieu de considérer ce produit comme étant la fonction de paiement omniprésente, ce qu’il deviendrait idéalement, mais je pense qu’il peut aussi coexister avec d’autres fonctionnalités de paiement qui répondent à des besoins spécifiques.

Comme je l’ai dit, ce ne sont pas toutes les entreprises qui doivent transférer de l’argent instantanément et ce ne sont pas tous les consommateurs qui s’en soucient vraiment. Par exemple, si vous demandez à une personne dans la rue de faire la distinction entre les virements électroniques et le système de PTR, si elle répond, nous allons l’embaucher. On ne doit pas s’attendre à ce que les gens puissent faire la distinction. Il y a aussi un certain degré de familiarité avec le produit déjà sur le marché.

Donc que ce que j’essaie de dire, c’est qu’en tant qu’industrie, nous allons trouver un rôle pour cette fonction de paiement. Je pense que vous avez très bien expliqué ce que cela pourrait être, mais ne perdons pas de vue que ce n’est pas toutes les transactions qui doivent être en temps réel. Il y a d’autres modes de paiement qui font le travail.

Michael Liberty :
Ouais, le monde ne fonctionne pas en temps réel, n’est-ce pas? Oui. C’est vrai. Oui. Sinon, les gens ne dormiraient pas.

David Hooper :
Nous parlons tout le temps du traitement en temps réel. De mon côté, je reviens toujours en quelque sorte au règlement en temps réel. Parce que si j’envoie un courriel ou un virement électronique à la gardienne, la banque lui accorde du crédit. Elle a l’argent, il est parti. Si sa banque n’obtient pas l’argent de ma banque avant demain n’a aucune importance pour nous deux. Dans le monde des petites et moyennes entreprises, l’idée de pouvoir effectuer un paiement et de recevoir l’argent avant même d’avoir quitté les lieux avec la marchandise est très séduisante. C’est formidable pour leur flux de trésorerie, et cette option ouvre de nombreuses possibilités aux entreprises, ainsi qu’une multitude de services supplémentaires. Toutes les activités, comme vous l’avez dit, allant de la prévision des flux de trésorerie à la manière dont nous pouvons vous aider à stabiliser vos flux de trésorerie.

Michael Liberty :
Surtout avec les données, n’est-ce pas?

David Hooper :
Encore plus avec la facturation, les points de vente et les rapprochements.

Michael Liberty :
Donc, comme l’ISO, la valeur des données contenues dans ces superpositions va en effet constituer un élément déterminant dans toute discussion, qu’il s’agisse d’aider à détecter la fraude, d’élaborer de nouveaux services, de faire des signalements, d’aider à faire des analyses prédictives ou même de s’associer avec les entreprises de technologie financière dans le cadre du système bancaire ouvert. En effet, sans de bonnes données riches, bon nombre de ces superpositions seront simplement semblables. Semblables aux produits que l’on connaît.

Abraham Tachjian :
Oui, absolument. Je ne suis pas économiste, mais je vais faire semblant une seconde pendant cette table ronde. Lorsque nous parlons d’essayer d’améliorer la productivité de ce pays, d’essayer de croître et de miser sur l’infrastructure, je pense que le système de PTR s’inscrit très bien dans ce moule, en plus de tous les services qu’il apporte. D’un point de vue d’une PME, comme mon père, qui faisait des calculs le dimanche soir et qui perdait patience à cause de la comptabilité. Il m’a peut-être transmis cette passion, parce que c’est exactement ce que je fais le dimanche soir : j’essaie d’équilibrer mes comptes. Mais je ne prends pas à la légère la commodité que cette fonctionnalité riche en données apporte aux commerçants. Je pense vraiment que ce sera un point important qui fera avancer la réussite du système de PTR. Je reviens à ce que je disais au sujet de la façon dont les consommateurs découvrent la fonctionnalité de paiement par commodité, alors que les entreprises recherchent vraiment ces caractéristiques. Selon moi, ces organisations pourront tirer des avantages considérables du gain de temps ainsi réalisé.

David Hooper :
Oui. Vous avez parlé tout à l’heure de commodité et des paiements en arrière-plan. Personne ne dit aller faire un paiement. On parle d’achat de service ou de produit quelconque. Il y a des années, nous parlions de l’ubérisation des paiements. Eh bien, nous en parlons tous ici. Uber fait quelque chose de vraiment intéressant avec les paiements. C’est une carte au dossier en arrière-plan. Rien d’innovateur. Mais c’est ce service de répartition qui permet de ne plus penser au paiement. On commence à s’aventurer dans ce domaine. Je sais que nous rigolons déjà. L’arrivée prochaine du système bancaire ouvert et la transition vers le système de paiement en temps réel permettront d’offrir toute une série de services bancaires ouverts qui élimineront beaucoup de frictions et ajouteront des capacités pour les petites entreprises et les consommateurs.

Je ne sais même pas trop quoi vous demander à ce stade-ci, car il y a trois différents sujets. Commençons par les points de friction. Ils se traduisent habituellement par des changements dans l’écosystème des paiements parce que, comme vous l’avez dit, nous n’éliminons pas beaucoup de types de paiements. Nous en ajoutons continuellement. Oui. Comme on l’a dit, il y a certains segments de marché où ces types de paiements fonctionnent bien. N’y touchons pas.

Laissons donc un peu de côté ces frictions propres à différents types de segments et voyons comment le système en temps réel pourrait régler ces points de friction que les autres types de paiement sont incapables de régler.

Abraham Tachjian :
Je pense que c’est l’une des caractéristiques distinctives de notre système par rapport à de nombreux autres pays : il met l’accent sur la fraude. Les fonctionnalités liées à la fraude sont intégrées au fur et à mesure que notre pays devient une cible de plus en plus prisée par les fraudeurs. Je pense donc qu’il s’agit là d’un atout majeur sur lequel nous pouvons miser. Si je ne me trompe pas, nous serons le premier pays à lancer un système de PTR avec des fonctionnalités intégrées de lutte contre la fraude.

Donc, lorsque je parle des avantages qui s’inscrivent dans ce contexte, comme la vérification du bénéficiaire avant l’envoi ou les fraudes de paiement forcées autorisées auxquelles les Canadiens sont exposés, ces éléments détournent en quelque sorte l’attention des avantages que ces types de caractéristiques peuvent apporter. Cet aspect éloigne un certain groupe démographique des services bancaires numériques et des fonctionnalités numériques. Je pense qu’il y a là une occasion énorme qui touche vraiment à ce qui apporte de la valeur pour les consommateurs.

Michael Liberty :
La friction fonctionne de différentes façons. L’adoption va entraîner des frictions. Je veux revenir là-dessus, mais aussi sur les frictions, et je ne parle pas seulement des consommateurs, mais aussi des petites entreprises et c’est dans ce contexte que je voulais revenir à l’adoption. Par exemple, si vous gérez votre entreprise à partir d’une feuille Excel un dimanche, une fonctionnalité en temps réel ne vous aidera pas. Oui. Ce n’est pas comme si vous deviez faire autre chose.

Il faut donc vraiment prendre cette mesure pour pouvoir tirer parti de la capacité d’API au moyen d’un outil ou s’associer à une entreprise de technologie financière qui donnera la possibilité d’exploiter les données et de faire bouger les choses. Il en va de même pour l’adoption, même auprès des consommateurs, à une échelle personnelle. Comme vous l’avez dit, je peux demander un transfert pour aujourd’hui, disons 10 000 $ ou n’importe quel autre montant, selon mes besoins personnels. Je n’ai pas vraiment à m’en inquiéter, parce que j’envoie peut-être cet argent comme un dépôt pour des travaux de rénovation que je vais faire chez moi. Pas vrai?

Ceux qui recevront l’argent n’ont probablement pas encore acheté le matériel de toute façon. Ils auront donc accès aux fonds avant de le faire. Ils sont habitués. Pas vrai? C’est donc les obstacles à l’adoption qu’il faut éliminer. Ainsi, les entreprises savent qu’elles vont trouver des contrats et qu’elles auront les fonds nécessaires pour pouvoir acheter les matériaux à l’avance. Qu’est-ce qu’on en tire vraiment? Pas vrai? Il sera donc intéressant de voir l’évolution de l’adoption et de voir comment les obstacles à cette adoption commenceront à changer. Encore une fois, si les paiements en temps réel ne vous intéressent pas aujourd’hui, vous intéresseront-ils demain?

David Hooper :
Exactement. Toute la conversation sur la fraude. On en parle beaucoup : la fonctionnalité en temps réel s’accompagne de nouveaux éléments, notamment auprès des banques, comme nous avons parlé. D’autres séances portaient sur la nécessité de mettre à jour nos systèmes de lutte contre la fraude pour agir encore plus rapidement. Mais vous avez mentionné le cas que nous surveillons tous et que nous avons vu dans d’autres pays : le paiement forcé autorisé. C’est un type de paiement légitime, mais essentiellement, ce qui se passe, c’est qu’un fraudeur prend le contrôle du compte et transfère l’argent à sa guise. C’est une ruse, même si vous devez toujours payer la facture. Le fraudeur vous donne l’adresse courriel ou le numéro de téléphone où envoyer l’argent. L’argent lui est envoyé et disparait. Ensuite, on vous dit que l’argent ne s’est jamais rendu. L’argent a passé par 3 banques de moins de 10 secondes. Évidemment, nous n’irons pas trop loin dans les solutions, mais comment voyez-vous l’évolution de la situation? Tout le monde dit que ce type de fraude connaît une croissance fulgurante, mais est-ce que son ampleur est comparable à celle des autres types de fraude? Devrions-nous nous en inquiéter? Est-ce que la situation est maîtrisée?

Abraham Tachjian :
Oui, absolument. Je pense qu’on en revient aux points de friction. De mon point de vue, j’avancerais que la peur est la friction. Chaque fois que je fais un gros paiement, je vérifie toujours deux fois. Même trois fois. Je suis terrifié à l’idée de faire une erreur. Même si c’est l’industrie dans laquelle je vis, à laquelle je consacre la majeure partie de mon temps. J’y pense toujours en raison de tout ce que je lis et de ma propre négligence occasionnelle. Mais nous en reparlerons une autre fois.

David Hooper :
Un zéro supplémentaire. Oups.

Abraham Tachjian :
Oui. Je pense donc que c’est l’un des principaux facteurs qui permettront d’éliminer cette crainte, d’éliminer cette partie de la friction, parce que les techniques sont de plus en plus complexes. J’aimerais partager une histoire personnelle. Nous avons des déjeuners en famille le samedi où les gens essaient de comprendre ce que je fais pour gagner ma vie. J’essaie d’expliquer ce qui se passe sur le marché et tout ce qui entoure la fraude et les signaux d’avertissement. Pourtant, notre famille a été touchée. Notre petite PME a été victime d’une fraude par paiement forcé autorisé. Pas vrai? Dans le cadre du système de PTR, même si c’est une caractéristique surprenante à mettre en avant, cette friction favorise vraiment l’adoption du système. Vous aurez la certitude que la personne à qui vous envoyez le paiement est bien la bonne personne. Je pense que l’élimination de cette friction contribuera grandement au succès.

Michael Liberty :
Oui. Revenons à la confiance dans l’avenir.

David Hooper :
Oui, nous en avons parlé à plusieurs reprises : nous devons ajouter juste assez de friction pour ralentir le processus. Je vérifie donc deux fois. C’est bien le bon nom ou c’était 10 000$ et non 1 000 $. Oui. Ce genre de choses. Tout le monde ici le sait, mais cette confirmation du bénéficiaire permettra de vérifier que j’envoie bien de l’argent à Abraham. Mais le compte que vous venez d’entrer ou l’adresse électronique que vous venez de donner appartient à Michael. À qui envoyez-vous de l’argent? D’accord. Oui, je veux cette friction. Je veux avoir la capacité de régler ces problèmes. Si tout se passe bien. Mais si vous ajoutez deux ou trois autres mesures, je vais m’en plaindre.

On peut maintenant se demander si nous avons un service centralisé de lutte contre la fraude. Chaque banque, entreprise de technologie financière et fournisseur de services de paiement auront leur propre combinaison de lutte contre la fraude et contre le blanchiment d’argent. Comme vous le savez, il s’agit d’une combinaison unique, car, dans le cas des virements électroniques, on parle essentiellement de lutte contre le blanchiment d’argent et, dans le cas des cartes et d’autres choses, c’est la surveillance et la détection de la fraude. Nous avons donc cette combinaison. Est-il acceptable que tout le monde ait des systèmes différents ou des règles différentes? Ou aurons-nous besoin d’une sorte de normalisation centralisée? Comment l’industrie en parle-t-elle? Michael?

Michael Liberty :
De toute évidence, nous voulons nous assurer que tout accès à l’infrastructure permet encore une fois d’accroître une certaine friction. Nous ne voulons pas qu’une personne puisse accéder à l’infrastructure et exposer les consommateurs à un type de transaction frauduleuse. Évidemment, l’une des priorités du Comité consultatif des membres au cours des deux ou trois dernières années avant le lancement était de s’assurer que nous avions des services centralisés de lutte contre la fraude. Tout le monde a eu la même capacité de s’assurer que son mode d’utilisation serait peu plus intéressant. Parce que, encore une fois, c’est vous qui allez recevoir ce rappel et c’est vous qui allez devoir prendre la décision. Comment comptez-vous gérer ces informations? C’est ainsi que vous allez travailler avec vos clients.

Abraham Tachjian :
Vous tombez dans mon domaine, les écosystèmes de partage de données. Je pense que vous avez tout à fait raison de dire que le succès de cette fonctionnalité repose sur une mise en œuvre uniforme. Tout le monde doit la mettre en œuvre de la même façon. Autrement, il y a des lacunes sur le plan de l’évolution de la fraude et l’ampleur du succès dépendra de la volonté des institutions financières d’échanger des avertissements et des cas. Je simplifie les choses, mais nous devons nous assurer que cette fonctionnalité est intégrée uniformément dans toutes les organisations afin d’avoir un partage actif de l’information pour compenser cette malveillance. Nous avons un bilan mitigé au Canada en ce qui concerne l’échange d’information entre certains participants. Donc, j’espère que j’apporte un autre angle, mais pour revenir à ce que vous disiez, je pense qu’une mise en œuvre uniforme est essentielle. On ne peut pas avoir une version différente dans différentes organisations. Sinon, personne ne lira le même manuel d’instructions.

David Hooper :
C’est bien. Revenons donc aux forces concurrentielles. 

Abraham Tachjian :
Oui, revenons au positif.

David Hooper :
C’est bien. Nous avons parlé de ces réalités et nous sommes tous bien conscients de ce qui nous attend. Commençons peut-être par la question la plus facile. Quels sont les avantages offerts par les paiements en temps réel et la disponibilité en tout temps? À quels besoins répondent-ils que nous ne parvenons pas à satisfaire adéquatement aujourd’hui? Quelqu’un veut s’essayer?

Michael Liberty :
Disons que j’achète une maison. N’est-ce pas? Ces transactions ne peuvent généralement pas être effectuées après la fermeture d’une succursale. N’est-ce pas? Revenons au principe des paiements décisifs. Vous êtes dans un processus de surenchères et vous avez obtenu la maison. Vous voulez maintenant vous assurer de verser votre mise de fonds. C’est une option, n’est-ce pas? Vous travaillez avec quelqu’un, vous avez la capacité de transférer l’argent de façon instantanée. Pas vrai? Si vous avez la limite nécessaire pour ce montant, le tout sera réglé. N’est-ce pas? Encore une fois, il y aura toute une série d’autres clauses. Je pense que les versements d’assurance sont aussi un bon exemple. Je pense que c’est un exemple très facile. N’est-ce pas? Une personne victime d’un incendie la nuit ou d’un accident de voiture pourrait recevoir un versement instantanément.

David Hooper :
C’est difficile à faire avec ce que nous avons en place aujourd’hui.

Michael Liberty :
Je pense donc que ce sont des exemples simples que certains acteurs pourraient vouloir explorer. Je ne suis pas la bonne personne à qui poser la question du point de vue des banques parce que je ne dirige pas le secteur des produits.

David Hooper :
Peut-être du point de vue du Comité consultatif des membres?

Michael Liberty :
C’est le genre de situations dont on parle selon ce point de vue, soit cette capacité à résoudre un problème au moment opportun.

Abraham Tachjian :
Je vais continuer à me fier sur les fonctionnalités pour les PME. En fait, je vais aller encore plus loin. Prenons les très petites organisations, comme les travailleurs de l’économie à la demande, qui veulent des paiements ou des fonctionnalités qui leur permettent d’être payés plus rapidement. Je pense donc que ce segment présente beaucoup de possibilités. En plus de ce que j’ai déjà dit, du point de vue des PME, je crois vraiment qu’il y a beaucoup de potentiel. C’est là que je mettrais l’accent.

David Hooper :
Racontons donc une petite histoire et voyons où elle nous mène. Prenons le lancement des systèmes de paiement en temps réel dans d’autres pays. L’Australie est un excellent exemple. Le premier service concurrentiel était destiné aux consommateurs. Nous avons les transferts électroniques ici depuis de nombreuses années. Nous savons tous que c’est omniprésent. Il sera très difficile pour n’importe qui d’y faire concurrence, surtout auprès des consommateurs. L’Australie a fini par se lancer dans les services d’identification, puis on a commencé à voir apparaître des services destinés aux entreprises.

Nous sommes probablement un peu à la traîne sur le plan commercial compte tenu de nos services actuels. Donc, si les transferts électroniques constituent la première superposition sur le système de PTR, où voyez-vous les services commerciaux qui sont destinés aux entreprises ou aux PME? Y a-t-il un segment qui ressort? Nous avons parlé des différents cas d’utilisation, mais je pense plutôt aux segments où il y a une possibilité de lancer un nouveau service. Y a-t-il quelque chose de semblable? Parce que je n’y ai pas pensé. J’entrevois beaucoup de construction progressive.

Michael Liberty :
Hors du secteur des données. Je pense que tout découlera des données riches. Comme je pense l’avoir déjà dit, les entreprises devront aussi évoluer. Elles auront accès à des données riches, mais qu’en feront-elles?

David Hooper :
Et ce n’est pas nouveau pour le système de PTR. Nous venons d’avoir la même conversation au sujet des transferts.

Michael Liberty :
C’est exact. N’est-ce pas?

David Hooper :
Ou ISO en général.

Michael Liberty :
C’est exact. Oui. Donc, l’adoption de données, de bonnes données et de données utiles prendra du temps.

Abraham Tachjian :
Oui. Il est difficile de dire quel sera le cas d’utilisation incontournable, du moins pour ce pays. Je pense que l’un des défis que nous pourrions rencontrer pour atteindre ce seuil est de surmonter certains comportements bien ancrés, du moins du point de vue du consommateur. Vous l’avez mentionné, David, et je suis d’accord : j’utilise une carte de crédit pour obtenir des points. J’adore les points. J’aime dire que je suis le pire client pour une banque parce que je vais trouver des façons de les utiliser.

David Hooper :
Oh, vous les utilisez vraiment? Je les accumule seulement. Je ne les ai jamais échangés.

Abraham Tachjian :
Bien sûr. J’adore le site Web d’échange de points. Quoi qu’il en soit, je pense que nous devons accepter qu’il ne s’agisse pas de la seule fonctionnalité de paiement omniprésent, comme je le disais plutôt. Elle sera toujours en parallèle avec d’autres caractéristiques. C’est donc difficile à dire, au moins à ce stade où ce comportement est tellement ancré chez les consommateurs que, pour certains, c’est devenu le mode de paiement par défaut. C’est mon cas. Quand je veux faire un achat, je me demande quelle carte va me donner le maximum de points. Je pense donc qu’il faudra trouver des fonctionnalités qui coexistent, plutôt que de chercher à les dépasser.

Comme je l’ai dit plus tôt, diverses technologies ne cessent de s’ajouter aux services financiers. Chaque fois, nous pensons que cet ajout va complètement détruire tout ce qui était en place avant, ce qui n’arrive jamais. Par exemple, les chèques sont encore utilisés, comme nous l’avons mentionné. 

C’est donc difficile à dire. Mais je pense que, si l’on examine les éléments qui permettront d’y remédier, du moins du point de vue du consommateur, c’est la commodité et la possibilité de tirer davantage de valeur des programmes de récompenses dont les Canadiens raffolent. C’est donc difficile à dire, mais je pense que ce sont les variables que j’examinerais pour analyser les indicateurs de rendement clés d’un produit réussi.

David Hooper :
Oui. Penchons-nous sur deux des fonctionnalités que nous avons vues avec la plupart des systèmes de paiement parce que nous devons en parler. L’une d’entre elles est très axée sur le consommateur, et c’est ainsi qu’elle est présentée. On la considère comme l’application incontournable. Ce n’est pas le cas : ce sont les codes QR. Nous connaissons tous ces applications qui intègrent des systèmes complets, comme WeChat et Alipay, et qui fonctionnent avec des codes QR. C’est beaucoup plus facile que d’avoir à ouvrir une session, d’indiquer son numéro de téléphone et de le recevoir de cette façon. Commençons par cette fonctionnalité, puis nous passerons à l’autre. Les codes QR seraient très visibles. Il y aurait sans doute beaucoup de changements si les clients essayaient de payer leurs courses avec un code QR chez Loblaws. Il faudrait franchir certaines étapes pour y parvenir, mais c’est tout à fait envisageable.

Michael Liberty :
Je pense donc que les codes QR sont intéressants, mais le Canada, du point de vue de l’adoption numérique, et tout comme la technologie de la puce et du NIP et la capacité qu’elle offre, c’est ce qui détrône le code QR, du moins au Canada. Vous avez tout à fait raison. Comme UPI, Pix ou d’autres systèmes semblables où il fallait composer avec des défis liés à la population et à la géographie, mais aussi, d’un point de vue mobile, offrir la possibilité d’effectuer des transactions auprès d’une population peut-être sous-bancarisée, je ne veux pas dire non bancarisée, mais sous-bancarisée. Évidemment. Vous pouvez utiliser votre montre, vous pouvez utiliser votre téléphone. Jusqu’à 250 $. Pour moi, la limite de 250 $ qui m’oblige à utiliser ma carte me convient parce que je perds parfois mon téléphone. Oui, d’accord. Sans penser aux cartes qui ne sont pas dans mon portefeuille. N’est-ce pas? Ou ça. Donc, les codes QR, je pense que c’est intéressant. Tout comme l’adoption des transferts électroniques dont vous avez parlé tout à l’heure. Tout le monde sait comment utiliser le transfert électronique aujourd’hui. Oui. N’est-ce pas? C’est très facile. L’ajout d’un numéro de téléphone, ça ne va pas empêcher les gens de dormir. Je pense donc que ce n’est pas un désavantage, mais, du point de vue du consommateur, les gens ont déjà la capacité d’envoyer de l’argent presque en temps réel et ils ne pensent pas à l’aspect du règlement. Oui. Il sera question des cas d’utilisation où cette technologie ne fonctionne pas.

Abraham Tachjian :
Les codes QR sont un exemple de la plupart des services de transfert d’argent que nous avons ici au Canada : ils fonctionnent sur les systèmes de paiement déjà en place. Ils ne sont peut-être pas les plus rapides ou les plus efficaces, mais ils existent. Nous avons donc vécu cette expérience ici, et cette technique n’a jamais vraiment pris autant d’ampleur que dans d’autres pays. Je reviens à ce que je disais au sujet du comportement des consommateurs, il est très difficile de changer l’habitude des Canadiens d’utiliser d’abord leur carte de points. Pensons simplement à la friction qu’on crée : il faut ouvrir son téléphone, balaye l’image et ainsi de suite, plutôt que de simplement taper une carte.

Il est surprenant qu’une technologie qui vise à éliminer la friction puisse créer de la friction, comparativement à la technique actuelle largement répandue chez les Canadiens.

Michael Liberty :
Les fraudes liées au code QR existent.

David Hooper :
Je l’ai déjà fait. Je l’ai fait dans le cadre de démonstrations. J’ai pris des photos de l’application Starbucks de ma femme et je me suis payé un café. Elle ne comprenait pas ce que j’avais fait. Eh bien, je lui ai dit que j’avais une photo de son code QR. Ce n’est pas dynamique. On peut certainement le copier. Donc, pour ceux d’entre qui veulent du café gratuit, voilà. Mais vous avez raison. Il valait donc la peine de parler des codes QR. C’est facile de payer le plombier avec un code QR. Mais si j’ai son numéro de téléphone maintenant, ce ne sera pas beaucoup plus long. Si vous sortez votre carte ou votre téléphone, à la caisse, c’est facile de payer avec ces outils. Il peut donc y avoir des cas particuliers où cette technique fonctionne. Je vous garantis qu’il y aura des services de type code QR. Je ne sais pas à quel point ils seront réellement populaires.

Abraham Tachjian :
Oui, oui. Nous avons vu des tentatives de vente au Canada. De temps en temps, j’en vois encore des traces. Personnellement, je ne vois pas l’intérêt de cette technologie et je pense que ce n’est pas le cas des Canadiens non plus. Je ne pense donc pas que ce soit ce qui va vraiment stimuler notre utilisation.

David Hooper :
Passons à la fonctionnalité que j’aime bien : la demande de paiement. Vous savez donc probablement mieux que moi à quel point cette fonctionnalité de demande d’argent est populaire avec les virements Interac. Nous l’avons vu dans tous les marchés du monde. On passe du paiement de factures à la gardienne qui demande de lui envoyer de l’argent. Parlez-nous des demandes de paiement et de la façon dont vous envisagez leur évolution ou leur lancement.

Abraham Tachjian :
Je pense que cette technologie fait partie de la série de produits pour les PME dont je ne cesse de parler. C’est un autre outil pour faciliter le paiement d’un produit. On y ajoute ensuite tous les autres services. Elle s’inscrit dans tous les avantages qu’une PME tirera de ce type d’infrastructure. Je pense donc que ce n’est qu’une partie de l’équation. Pour ce qui est de cet ensemble d’avantages, je ne pense pas qu’il y ait autre chose à ajouter. Je montre clairement mon parti pris en ce qui concerne la direction que prendra cette tendance, du point de vue des changements, mais on ne fait qu’ajouter à tous les avantages que les PME en tireront.

Michael Liberty :
Je pense que le système de PTR est certainement important. Je pense que c’est un autre exemple où nous verrons émerger des innovations en matière de produits. En effet, avec les bonnes données et lorsque les banques auront cerné les tendances, elles seront en mesure de créer des produits à partir de ces connaissances. Pas vrai? Par exemple, vous pourriez recevoir un message de la gardienne, ou, dans mon cas, de la promeneuse de chiens. Voilà. N’est-ce pas? J’ai oublié de payer lundi. J’étais à la conférence cette semaine. Je l’aurais envoyé instantanément. Oui. Si elle m’envoyait un message au lieu de me laisser un feuillet autoadhésif.

David Hooper :
Ou un message de votre copain qui dirige un club vinicole. Je viens de t’envoyer une caisse. Tu dois la payer.

Michael Liberty :
Oui. Je pense donc qu’on verra apparaître des services intéressants, notamment dans le secteur des services bancaires axés sur les consommateurs. Par exemple, lorsqu’on aura des applications dans différents services qui communiquent entre elles ou quelque chose du genre. Oui. Ce serait très bien.

David Hooper :
Donc, est-il juste de dire qu’à mesure que la situation évoluera, il y aura un équilibre entre la commodité pour le consommateur et la résolution des problèmes de paiement des entreprises?

Abraham Tachjian :
Oui, absolument. La découverte de la fonctionnalité plutôt que de la rechercher activement. Je pense que les consommateurs ne découvrent pas nos avantages par hasard, mais simplement par commodité. Les entreprises savent que l’infrastructure de paiement actuelle est difficile et elles recherchent les fonctionnalités activement.

David Hooper :
Projetons-nous au moment du lancement, disons dans environ un an. Nous avons le transfert électronique. Nous avons d’autres nouveaux services qui sont apparus. Que pensez-vous de l’application, je ne dirais pas l’application incontournable parce que vous en avez déjà une, mais qu’est-ce qui va décoller? Est-ce une simple question de commodité ou de résolution de problèmes? Et je sais que la question ressemble à la précédente.

Abraham Tachjian :
Non, je vais vous répondre sous un angle différent. Ce qui me préoccupe ici, c’est qu’après avoir discuté de ce projet pendant de nombreuses années et l’avoir finalement concrétisé, il pourrait tomber à plat. Pas vrai? Il en va de même pour le système bancaire ouvert. C’est la même chose. C’est typique du Canada. On en parle longtemps. On le met sur pied. On attend avec impatience, puis ça arrive. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on soit déçu. Je ne pense donc pas que ce sera le cas, ne vous méprenez pas. Je pense que nous en avons parlé au cours de la dernière heure en ce qui concerne tous les avantages qu’on pourra en tirer. C’est donc davantage ce point de vue qui m’inquiète. Mais je suis convaincu, simplement à partir de l’évolution historique de la mise en œuvre des technologies dans les services financiers, qu’on finira par trouver des cas d’utilisation. Et il y a suffisamment de précédents dans d’autres pays. Ce que nous mettons en place n’a rien de sorcier : certains éléments pourront être importés ici. C’est difficile de déterminer ce que seront ces éléments dès le départ. Mais si je devais faire un pari, je ne serais pas surpris que ce soit les produits pour les PME.

Michael Liberty :
Oui. Je pense que l’adoption sera votre plus grand défi, au cours des 12 prochains mois. Nous serons en train de terminer une grande partie de la conversion. Oui. N’est-ce pas? Donc, je pense que ce sera l’une des choses plus importantes auxquelles nous devons penser. Par exemple, à mesure que les différents participants feront leur entrée, ils auront peut-être une légère avance, mais si ce n’est pas tout le monde qui utilise le service, ça ne servira pas à grand-chose. Je pense donc que nous devons mettre l’accent sur une adoption appropriée et nous assurer que les gens utilisent bien ce dans quoi nous avons investi beaucoup de temps et d’argent. N’est-ce pas? Revenons donc à la raison suivante : ça ne peut pas échouer. Je ne parle pas d’échec du point de vue d’un projet, mais du point de vue de la confiance. Si les gens ne sont pas à l’aise d’utiliser le système, il n’y aura pas de superpositions. Il faut donc que ce soit mis en place et ce sera mis en place. Sans heurts. Bien sûr. Mais nous devons maintenant convertir les gens. Oui. N’est-ce pas? Ils doivent faire confiance au système avant de commencer à utiliser d’autres services. Oui.

Abraham Tachjian :
Nous aurons besoin d’une campagne de publicité. Je ne sais tout simplement pas comment cette campagne se déroulera.

David Hooper :
On parle constamment du système de PTR et pour tous les passionnés de paiement qui travaillent sur le système ou qui sont dans le secteur, ce système a l’air génial. Par contre, à l’extérieur, les gens lisent des articles sur le sujet et se demandent de quoi il s’agit. Ça résume donc toute la conversation sur les services. Ils ne verront que des services qui répondront à un besoin. Comment m’aidez-vous à payer telle ou telle chose ou à recevoir rapidement un paiement pour telle ou telle chose à l’aide d’un système qui m’inspire confiance et que je vais utiliser? Parce que vous avez raison. Comme pour tous les paiements, c’est fondé sur la confiance. Toutes les banques y participent, le monde des coopératives de crédit y participe, ainsi que plusieurs fournisseurs de services financiers, appelons-les des entreprises de technologie financière. Je déteste vous faire cela. Désolé. Mais bon, avec votre désignation de fournisseur de services de paiement et votre nomination au sein des membres de Paiements Canada, vous faites partie du club maintenant, n’est-ce pas? Absolument. Oui. Ce sont ces entreprises qui vont créer les services que nous utiliserons tous ou que les PME utiliseront.

Abraham Tachjian :
Absolument. Permettez-moi d’être parfaitement clair. Notre adhésion à Paiements Canada est une validation du potentiel que nous voyons dans ce produit, tant pour notre entreprise que pour les clients que nous servons, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers. Je pense donc qu’il y a énormément de potentiel qui en découlera. Je ne sais pas comment nous allons nous y prendre pour faire de la publicité, mais ce ne sera peut-être pas nécessaire. Peut-être que le système sera suffisamment bien fait pour qu’on le remarque. Il y a certainement un besoin dans le secteur. Je ne suis pas vraiment inquiet. Les organisations comme la nôtre et les nouveaux membres de Paiements Canada voient l’intérêt de ce produit. Je ne pense pas qu’on doit avoir peur d’avoir consacré tout ce temps et ces efforts en vain.

David Hooper :
Oui. Donc, évidemment, en réfléchissant à cette conversation, nous nous sommes demandé ce que nous pourrions dire qui serait révolutionnaire ou à couper le souffle. La réalité, c’est que les paiements fonctionnent plutôt dans ce pays et que nous avons des systèmes qui semblent fonctionner en temps réel. Et maintenant nous avons une autre occasion de présenter ces services. Mais personne ne peut prédire ce qui va stimuler le volume. Quelle sera l’application incontournable? On ne sait pas. Ce sera de l’expérimentation. Il y aura des ajouts et on se dira que nous n’avons pas besoin de cinq façons de payer pour la même chose. Vous pouvez essayer. Il y a l’argent Amazon ou l’argent Google. Vous pouvez essayer de faire concurrence au transfert électronique, mais vous aurez besoin de beaucoup de chance. Vous allez devoir dépenser beaucoup d’argent parce que tout le monde connaît le nom, la marque et lui fait confiance. La prochaine étape consiste à trouver des segments de marché où il y a des besoins non satisfaits ou des problèmes. Certains acteurs commenceront à créer de nouveaux services de paiement pour ces segments. Nous verrons ensuite ce qu’il adviendra. On ne dit pas que le système de PTR est un échec parce qu’il n’a pas remplacé d’autres services de paiement. C’était d’ailleurs une préoccupation majeure. Parlons-en un peu. Beaucoup de gens pensent que les cartes de crédit seront détrônées. Elles seront remplacées par ce système. Y a-t-il de nouvelles transactions ou s’agit-il d’une transition, ou d’un mélange des deux?

Michael Liberty :
Je pense que l’aspect transfrontalier sera un cas intéressant. Oui, d’accord. Nous n’en avons pas parlé plus tôt. Je pense que l’aspect transfrontalier sera intéressant, surtout pour les paiements de faible valeur. L’envoi d’un virement coûte cher. Je dirige une salle de virements. Nous traitons 40 000 transactions par jour et les gens envoient des virements de 9 $. Je n’arrive pas à comprendre cette pratique. Ou les gens qui avaient l’intention d’envoyer 200 $ et qui ont envoyé 2 millions. Oui. N’est-ce pas? Donc, c’est peut-être utile pour ce type de transaction. Parfois, il n’est pas nécessaire d’envoyer un virement. Les virements auront toujours leur place. Ce sont des montants importants, mais ce ne sont pas des transactions de grande valeur.

Vous pouvez utiliser d’autres types de possibilités. Toutefois, étant donné la manière dont le système fonctionnait à l’époque et les données disponibles, les virements transfrontaliers par chambre de compensation automatisée n’étaient pas courants. Ils existaient, mais ils n’étaient pas très répandus. Je pense donc qu’il y a là un très bon cas d’utilisation, surtout d’un point de vue nord-américain. Je pense que nous verrons une interopérabilité entre les systèmes de paiement en temps réel. Éventuellement.

David Hooper :
L’ISO nous aide à cet égard.

Michael Liberty :
Totalement. Il ne s’agit pas seulement de paiements transfrontaliers. Ce sujet m’emballe. Il sera possible de tirer parti de l’infrastructure déjà en place, que ce soit Swift ou les réseaux de cartes. Il y aura certainement des moyens de tirer parti des systèmes existants, comme point de départ. Il y aura peut-être d’autres possibilités.

David Hooper :
Oui. Nous nous attendons certainement à traiter des virements pour lesquels nous utiliserons le système de PTR lors de la dernière étape. Comme vous l’avez dit, il y a au moins une demi-douzaine d’expériences dans ce domaine, ce qui pique ma curiosité. Comment assurer l’interopérabilité entre les systèmes en temps réel? Prenons un paiement en temps réel du Canada qui passe par un système de paiement en temps réel aux États-Unis et qui rebondit au Brésil. Nous avons de bons modèles.

Michael Liberty :
Il y a le Royaume-Uni et Sepa. Il y a une interopérabilité entre la Thaïlande et Singapour. Oui. Il y a de très bons cas d’utilisation qui ont commencé avec des nouveautés, et c’est un peu notre cas. Oui.

Abraham Tachjian :
Je pense que ces exemples nous permettent aussi, d’un point de vue psychologique, de nous dire que c’est réalisable. Nous ne sommes pas les premiers à le faire. On peut se lancer sans s’inquiéter du risque de mise en œuvre. Je veux soulever un autre point. Ces gens qui font des virements de deux millions de dollars par erreur, qui sont-ils? Envoyez-leur mon numéro.

Michael Liberty :
Ce sont des gens qui utilisent la technologie et qui ne font pas de vérification. C’est certain.

Abraham Tachjian :
Lorsqu’on analyse la place des transactions en temps réel, il est important de mettre en contexte toutes les autres nouvelles fonctionnalités de paiement qui font leur apparition et qui sont assujetties à une réglementation. Je parle plus précisément de cryptomonnaies stables. Je me demande surtout comment cette technologie s’inscrit dans le cadre pour les cryptomonnaies stables que la Banque du Canada est en train d’élaborer et comment ce cadre pourrait contribuer à ces transactions. Peut-être que le point de départ ou le point d’intégration, en ce qui concerne le transfert de fonds et l’achat de cryptomonnaies stables, sont des points de vue propres à nos administrations que d’autres n’ont pas examinés.

David Hooper :
Oui, exactement. D’accord. Merci beaucoup tout le monde. C’est tout. Malheureusement, nous n’avons plus de temps.

Elizabeth (Liz) Dempsey :
Voilà qui conclut notre série estivale du SOMMET. Nous tenons à remercier sincèrement nos panélistes, Michael Liberty et Abraham Tachjian, ainsi que notre modérateur, David Hooper. En fin de compte, comme en témoigne leur discussion, l’infrastructure n’est pas une fin en soi. Il s’agit de ce que cette infrastructure permettra : des produits et des services novateurs. Pour réussir, il faudra instaurer un climat de confiance.

Merci beaucoup de vous être joints à nous cet été pour découvrir les meilleurs moments des séances du SOMMET 2026 et un aperçu de ce qui s’en vient en 2027.

Si vous avez aimé cet épisode, nous vous invitons à vous abonner à The PayPod sur votre application de balado préférée. Nous avons présenté plusieurs conversations utiles tout au long de cette série, alors n’hésitez pas à aller fouiller dans les archives!

Enfin, n’oubliez pas de profiter de nos meilleurs prix pour les billets du SOMMET 2027. Les auditeurs du balado PayPod peuvent utiliser le code promotionnel SUM27PAYPOD lors de leur inscription sur thesummit.ca.

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey. Merci d’avoir écouté The PayPod.

Continuer à lire