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Épisode 41: Exemples de réussite dans le domaine du système bancaire ouvert — les innovations britanniques en matière de technologie financière à l’honneur

Cet été, dans The PayPod, nous vous présentons quelques-unes des séances d’analyse approfondie et des séances en petits groupes les plus populaires et les mieux reçues du SOMMET 2026. Nous l’appelons la série d’été du SOMMET.

Dans cet épisode, nous examinons comment le système bancaire ouvert a profondément transformé le paysage financier britannique, faisant du Royaume-Uni un leader mondial et un pôle dynamique d’innovation dans le domaine de la technologie financière. Cette table ronde se penchera sur les expériences concrètes de trois entreprises de technologie financière basées au Royaume-Uni qui ont su tirer parti de ce cadre réglementaire, en en tirant des enseignements clés et en discutant de leur applicabilité potentielle au parcours du Canada vers le système bancaire ouvert. 

Invitées :

  • Paulo Barbosa, chef de l’exploitation, Banfico

  • Mark Hewlett, directeur, Développement des affaires, Ebury

  • Dean Morrison, chef de la stratégie, Shaype

Modérateur :

  • David Prodger, chef de mission adjoint, Haut-Commissariat britannique

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À PROPOS DE THE PAYPOD

The PayPod est le balado multiépisodes de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et partout dans le monde. Écoutez Elizabeth Dempsey, gestionnaire, Stratégie et engagement en matière d’événements à Paiements Canada et animatrice de The PayPod, interviewer des experts de premier plan et des leaders d’opinion respectés au sujet de l’évolution du paysage des paiements, des besoins des Canadiens et de l'avenir des paiements modernes (seulement disponible en anglais).

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Transcription du podcast

Liz Dempsey :

Rebienvenue à la série d’été du SOMMET, une présentation spéciale de The PayPod, le balado de Paiements Canada qui explore les tendances et les sujets qui influencent les paiements au Canada et dans le monde. 

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey.

Aujourd’hui, nous vous proposons une nouvelle discussion passionnante issue des séances d’approfondissement du SOMMET 2026. 

Cette table ronde s’intitule : « Exemples de réussite dans le domaine du système bancaire ouvert : les innovations britanniques en matière de technologie financière à l’honneur ».

Alors que le Canada fait ses premiers pas vers le système bancaire ouvert, également appelé « banque centrée sur le consommateur », qui de mieux que le Royaume-Uni pour nous servir de modèle? Ayant entamé leur transition vers le système bancaire ouvert il y a environ huit ans, les Britanniques ont appris ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. 

Dans cet épisode, vous découvrirez comment l’écosystème britannique a évolué vers un modèle axé sur l’innovation qui stimule activement la croissance économique et profite tant aux consommateurs qu’aux PME.

Nous rejoindrons David Prodger, haut-commissaire adjoint du Royaume-Uni ici au Canada, qui animera une table ronde d’experts réunissant Paulo Barbosa de Banfico, Mark Hewlett d’Ebury et Dean Morrison de Shaype.

Ensemble, ils partageront les leçons tirées concernant l’équilibre de la réglementation, la nécessité de mettre en place des incitations commerciales adaptées, et la manière dont le Canada peut tirer parti de ces enseignements pour bâtir un écosystème mature et florissant.

Passons sans plus attendre à la discussion. Voici Dave Prodger.

David Prodger : 
Bonjour à tous. Je suis Dave Prodger. Vous avez sans doute remarqué que je suis fonctionnaire, puisque je porte une cravate. Je suis haut-commissaire adjoint du Royaume-Uni ici au Canada, et c’est un véritable privilège d’être parmi vous aujourd’hui. Nous sommes entourés aujourd’hui d’un groupe d’experts exceptionnel, et ce sont eux qui prendront la parole. Je tenais simplement à vous présenter brièvement la situation, car ici, au Canada, nous avons un peu plus d’avance en la matière. Nous avons évidemment tiré de nombreux enseignements quant à la manière d’agir et aux erreurs à éviter. Comme le Premier ministre était à la tête de notre banque centrale lorsque tout cela a commencé, il aura sans aucun doute des points de vue à partager. C’est donc l’occasion de vraiment comprendre en profondeur comment nous avons abordé la question au Royaume-Uni. Quels sont les défis et les occasions que nous avons rencontrés? Je vais demander à mes intervenants de se présenter dans un instant. Pour vous les présenter rapidement, nous avons Paulo Barbosa, de Benfica, Mark Hewlett, d’Ebury, et Dean Morrison, de Shape. Bienvenue et merci d’être parmi nous. Nous allons d’abord passer brièvement en revue le contexte, la réglementation, l’écosystème, puis ce qui nous attend ensuite, avant d’entrer dans le vif du sujet. Pour rappeler une évidence : pourquoi sommes-nous ici et pourquoi le secteur des services financiers britanniques représente-t-il environ 12 % du PIB du Royaume-Uni? Cela représente environ 281 milliards de livres sterling, ce qui équivaut à près de 450 milliards de dollars canadiens. Londres est l’un des plus grands centres financiers du monde. C’est sans aucun doute l’un des plus grands centres financiers internationaux. Nous comptons 160 banques étrangères; 21 % de nos entreprises de services financiers et 79 % des cabinets de services professionnels associés à Londres ont leur siège social à l’étranger. Nous sommes donc bel et bien la plaque tournante bancaire internationale. Nous réalisons environ 38 % du volume des opérations de change, environ 50 % des dérivés de taux d’intérêt de gré à gré, et environ 14 à 15 % des prêts bancaires transfrontaliers. C’est dans ce contexte que s’inscrivent les « bacs à sable » dont nous parlions tout à l’heure. 

C’est un environnement à très haut risque, mais aussi à fort potentiel de gain, si l’on souhaite introduire de nouvelles façons de faire. En ce qui concerne le système bancaire ouvert et l’incidence dont nous parlions, ainsi que la concrétisation de certains de ses avantages, cela fait maintenant environ huit ans que nous nous y sommes engagés. Ce qui était au départ une sorte de mesure corrective en matière de concurrence est devenu un modèle axé sur l’innovation, et cela stimule la croissance économique. Nous comptons plus de 17 millions de connexions d’utilisateurs et 36 millions de paiements par mois. Kirsten a déjà mentionné que même le gouvernement l’utilise. Ainsi, notre administration des impôts et des douanes utilise des systèmes de paiement d’impôts via le système bancaire ouvert, qui ont enregistré une hausse de 23 % en glissement annuel rien que l’année dernière et une augmentation de 38 % de la valeur associée au cours de la même période. Les gens l’utilisent vraiment. Ils commencent à lui faire confiance. Les gens paient leurs impôts. En tout cas, ils commencent comme ça. C’est une bonne chose. Une bonne chose pour moi, en tout cas. Ils me paient et ça facilite les choses. Ça rend l’accès plus facile. Cela permet aux gens d’avoir moins peur de se lancer dans cette démarche et leur donne en quelque sorte les moyens de participer et de s’impliquer. Nous estimons avoir déjà constaté environ 8,3 milliards de livres sterling de bénéfices en cinq ans. Nous prévoyons que ce chiffre dépassera les 7 milliards par an et atteindra à terme 43 milliards de livres sterling. Cela représente près de 80 milliards de dollars canadiens par an. Cependant, cela ne concerne pas uniquement les consommateurs. Cela concerne en réalité beaucoup les PME. Nous constatons d’ailleurs déjà des retombées importantes, de l’ordre de 2,3 milliards de livres sterling par an pour les PME, en termes de hausse du PIB annuel. Nous commençons à en voir les effets. Mais je suis sûr que, comme le diront nos intervenants, il reste encore beaucoup à faire. Je vais donc m’arrêter là. Je cède la parole à mes intervenants. Pour commencer, je vais simplement vous demander à tous de nous parler un peu de la situation actuelle, de ce que vous faites dans ce domaine, des projets qui vous passionnent en ce moment au Royaume-Uni. Nous passerons ensuite la parole à chacun d’entre vous. C’est à vous. 

Paulo Barbosa :
Je vais vous présenter brièvement Benfica et nos activités. Le système bancaire ouvert est au cœur de nos services depuis le tout début. Nous avons commencé par la gestion des identités et des accès, puis nous avons élargi notre offre de modules techniques permettant aux banques de se conformer aux exigences du système bancaire ouvert : gestion continue, passerelles API, tout ce dont les banques ont besoin pour se mettre en conformité. Nous avons ensuite complété cette offre par une solution destinée aux entreprises de technologie financière, leur permettant d’exploiter ces données et de s’intégrer aux banques. À cela s’ajoutent le cadre de confiance et le répertoire du système bancaire ouvert, qui prennent en charge l’enregistrement dynamique des clients, ainsi que l’émission et la validation des certificats. Et enfin, la conformité et la conformité technique sont assurées pour que toutes ces interactions fonctionnent correctement. Nous avons mis à profit l’expérience que nous avons acquise au Royaume-Uni jusqu’à aujourd’hui pour prendre ces éléments fondamentaux et les déployer pratiquement partout dans le monde. Aujourd’hui, nous prenons en charge environ neuf normes du système bancaire ouvert, ainsi que différents modèles du système bancaire ouvert et différentes configurations : centralisées, décentralisées. Nous accompagnons aussi bien les petites institutions que les banques de premier rang. Nous pouvons également aider les banques centrales à déployer ces cadres du système bancaire ouvert au niveau national. Notre expérience au Royaume-Uni reste donc un atout inestimable, car nous mettons à profit cette expérience et cette distinction à travers le monde en affirmant que ce que nous avons mis en place fonctionne bien et a été couronné de succès. C’est une véritable réussite que nous diffusons aux quatre coins du monde. 

Mark Hewlett :
Je suis Mark Hewlett. Mon titre officiel est directeur du développement des affaires à Ebury, la plus grande entreprise de technologie financière dont personne n’a jamais entendu parler. C’est une histoire vraie. Nous sommes présents dans 30 pays et employons environ 2 000 personnes. Santander est actionnaire majoritaire et nous utilisons le système bancaire ouvert pour de nombreuses choses. Nous sommes clients de Banfico. Nous utilisons Banfico pour vérifier l’identité des clients à qui nous envoyons des fonds. Ainsi, nous nous assurons que nous envoyons bien l’argent à la personne prévue. Nous avons également utilisé le système bancaire ouvert comme levier pour devenir la première entité non bancaire à être directement connectée au système de virements rapides. Ils ont déclaré l’autre jour qu’ils l’étaient, mais nous les avons devancés de deux mois. Nous l’utilisons pour beaucoup de choses. Nous pouvons l’utiliser à des fins commerciales. Nous pouvons analyser le comportement des clients. Nous travaillons pour les PME. Nous pouvons donc analyser le comportement des clients : d’où provient l’argent qu’ils reçoivent et vers où ils l’envoient. Nous pouvons également l’utiliser pour examiner leur rendement en matière de règlement de factures. Du point de vue du crédit, cela nous permet d’accorder des crédits à nos clients afin qu’ils puissent se couvrir. À quoi d’autre nous sert-il? Nous l’utilisons dans le cadre de l’intégration des nouveaux clients pour mieux les comprendre. Nous sommes de grands utilisateurs du système bancaire ouvert : disposer de ces données et pouvoir observer ce que fait un client et comment il le fait profite à l’ensemble de l’entreprise. Peu d’entreprises l’utilisent de manière aussi approfondie que nous. C’est donc quelque chose d’important pour nous. Très important. 

Dean Morrison :
Merci. Comme vous le savez, je suis Dean Morrison. Je travaille à Shaype. Nous sommes une plateforme de paiement anglo-australienne. Avant de monter sur scène, je me demandais ce que signifiait « anglo-australien » : en fait, notre équipe est composée à moitié de Britanniques et à moitié d’Australiens. Ce qui est drôle, c’est que la moitié de nos Britanniques travaillent depuis le bureau de Sydney et que la moitié de nos Australiens travaillent depuis notre bureau de Londres. C’est assez étrange. J’ai également ouvert un bureau canadien il y a environ 10 mois. Nous sommes désormais anglo-australiens-canadiens. Nous représentons le CANZUK, en quelque sorte. Les Kiwis mis à part. Nous ne proposons pas un système bancaire ouvert à proprement parler. Nous ne sommes pas un prestataire de système bancaire ouvert. Nous sommes une infrastructure de paiement. Nous sommes une plateforme. Pour nous, le système bancaire ouvert fait partie de la chaîne de valeur qui assurera notre succès et nous permettra de mieux fonctionner et de proposer de meilleures solutions en tant que plateforme ou infrastructure. Ce qui est crucial pour nous, c’est que nous considérons la chaîne de valeur dans son ensemble. En réfléchissant à ce dont nous avons discuté aujourd’hui, je me suis demandé : qu’est-ce que le système bancaire ouvert en soi? Je pense que nous avons tendance à le considérer comme un silo, comme un produit isolé, sans tenir compte de la convergence ou des liens qu’il entretient avec le reste de l’écosystème. Le système bancaire ouvert a connu un succès au Royaume-Uni, mais dans une moindre mesure en Australie. J’y reviendrai dans un instant. Son succès s’explique par l’existence d’une chaîne de valeur, de mesures incitatives, d’une infrastructure, ainsi que d’un secteur qui n’a pas été créé à partir de rien, mais qui s’est développé à partir d’une base existante sur laquelle il s’est construit. Et cette chaîne de valeur s’étend depuis les banques, qui constituent la couche de confiance, jusqu’aux propriétaires d’entreprises de la technologie financière; les PSP mettent en œuvre des cas d’utilisation qui font réellement la différence sur le marché. Entre les deux, il y a une couche d’infrastructure qui aide à traduire cette confiance en cas d’utilisation concrets. Et tout cela doit fonctionner de concert. J’y reviendrai plus tard, mais il y a aussi les incitations : elles doivent avoir un poids réel. L’infrastructure et la réglementation sont importantes. Et tout cela s’assemble en une sorte de formidable ensemble qui permet à l’ensemble de fonctionner. C’est donc là où nous en sommes actuellement au Canada. Nous n’en sommes qu’au début. C’est ainsi que nous mettons à profit l’expérience internationale pour améliorer les choses ici et mieux les mettre en œuvre. 

Mark Hewlett :
J’aimerais ajouter quelque chose. Nous utilisons également le système bancaire ouvert pour initier des paiements, car nos clients font appel à nous pour leurs paiements transfrontaliers. Nous n’en sommes pas encore là. Nous ne sommes pas leur banque de référence. Concrètement, si un client souhaite envoyer 100 000 dollars au Canada, par exemple, nous pouvons lancer ce paiement immédiatement. Ainsi, au lieu que le client doive se connecter à HSBC, nous envoyer les fonds, puis que nous les transférions à notre tour, nous pouvons lancer ce paiement en une seule étape, sur une seule et même plateforme. C’est un très bon cas d’utilisation qui a éliminé le principal obstacle auquel nos clients étaient confrontés. Je voulais juste le préciser. 

David Prodger :
Effectivement. Personnellement, c’est quelque chose que j’apprécie énormément. Avoir un compte bancaire au Royaume-Uni et devoir ensuite dépenser de l’argent au Canada à un taux de change presque aussi avantageux, c’est formidable, mais cela a réellement fait une différence tangible du point de vue du consommateur. La flexibilité que cela procure et la manière dont cela a permis de réduire les coûts ont été d’une importance capitale. Mais revenons aux mots « bingo » et « confiance ». Bien sûr, il y a toujours cet équilibre – et on le constate dans tout le paysage technologique et à travers toutes les technologies de rupture qui émergent actuellement – qui se résume ainsi : comment encourager l’innovation tout en préservant la confiance? C’est pourquoi nous devons aborder un peu la question de la réglementation. Nous pourrions commencer par là. Mark, je vais peut-être commencer par vous, du point de vue des applications et des cas d’utilisation : y a-t-il eu, ou y a-t-il encore, des éléments particuliers dans la manière dont le Royaume-Uni a géré son approche réglementaire, ou des mesures réglementaires spécifiques qui ont en quelque sorte donné le coup d’envoi à ce mouvement, ou qui vous ont permis d’avancer à la vitesse que vous souhaitiez, ou au contraire qui vous en ont empêchés? Et quelles leçons en avez-vous tirées? Je dirais que c’est une véritable aubaine pour nous. 

Mark Hewlett :
Le système bancaire ouvert a vu le jour au Royaume-Uni grâce à CMA9. C’est un moyen de pression que le gouvernement a utilisé pour forcer les banques à s’ouvrir et à réduire leurs frais excessifs. Il souhaitait ainsi stimuler l’innovation au Royaume-Uni et a contraint les banques à s’ouvrir par la suite. Cela a été une véritable aubaine pour nous. Ce qui s’est passé, c’est que l’on a créé une entité, l’OBIE. La plupart d’entre vous ici présents sont probablement des passionnés du système bancaire ouvert. Donc, cette entité a été mise en place pour obliger les banques à disposer d’API normalisées. Et ce qui s’est passé ensuite a été phénoménal. Il existe deux expressions que je n’avais pas entendues depuis des années. L’une d’elles est la capture de données d’écran. Je ne l’avais pas entendue depuis environ cinq ans, jusqu’à ce que j’entre dans cette salle. L’autre était « normes techniques », ce qui correspond à ce qui s’est passé avec la PSD2, lorsque toutes les banques ont suivi leur propre voie. Nous avions le « Berlin 19 » ou quel que soit son nom, le groupe de Berlin. Cela devait être vraiment pénible pour vous de devoir rassembler toutes ces API différentes provenant d’une multitude de banques et d’essayer de les intégrer dans une plateforme unique. La réglementation, qui constituait une sanction pour les banques, a donc véritablement stimulé l’innovation au Royaume-Uni. Si l’on prend l’exemple de Revolut Wires, de nombreuses entreprises n’existeraient probablement pas aujourd’hui sans cette mesure contraignante. Cela a donc été une véritable aubaine. J’adore la réglementation. C’est une bonne chose. J’espère que vous ferez de même au Canada, que vous obligerez les banques à disposer d’une API normalisée que des entreprises comme Banfico puissent exploiter. 

Paulo Barbosa :
J’aimerais ajouter quelque chose. La réglementation sur le système bancaire ouvert s’inscrivait dans un cadre plus large. Le principe fondamental du système bancaire ouvert reposait sur le consentement. Le consommateur est donc propriétaire de ses données. Il doit être libre d’accorder l’accès à un tiers, mais aussi de révoquer ce consentement quand il le souhaite. C’était un concept qui avait été créé bien avant, dans le cadre de cette vague réglementaire qui englobait la protection des données. Cette notion de consentement a également été intégrée dans le RGPD par exemple, en Europe, le Règlement général sur la protection des données. Il a donc fallu un certain temps d’adaptation pour expliquer aux consommateurs qu’ils étaient propriétaires de leurs données et qu’ils devaient pouvoir en faire ce qu’ils voulaient. Il est vrai que le Royaume-Uni a mieux réussi, car une entité a été créée pour, en quelque sorte, contraindre les banques à s’engager dans une certaine direction. Bien sûr, cela a eu un coût assez élevé dont certaines banques se plaignent. Mais au final, je ne sais pas si le résultat en valait la peine ou non. Je pense que cela reste discutable. Mais il est vrai que, comme vous l’avez mentionné, nous constatons que l’intention initiale de la réglementation, à savoir offrir des services plus innovants et plus abordables aux consommateurs, se concrétise. Nous le constatons effectivement. Et bien sûr, si l’on compare la situation à celle de l’Europe continentale, le succès est bien plus grand que dans la plupart des pays européens. 

David Prodger :
Dean, avant d’aborder le contexte plus général et la manière dont les grandes institutions financières ont géré ce niveau d’innovation, pourriez-vous nous dire ce que vous avez retenu de l’évolution du cadre réglementaire qui vous a permis, en quelque sorte, de vous lancer et de vraiment commencer à opérer dans ce nouvel espace? 

Dean Morrison :
Pour nous, au Royaume-Uni, je suppose que c’était la réglementation, comme l’a dit Mark : elle visait à ouvrir la concurrence, à rendre le marché plus compétitif, ce que les Britanniques savent très bien faire. Mais c’était surtout l’accès au marché. Je pense que toute cette démocratisation des paiements, qui a permis à des prestataires de services de paiement réglementés d’accéder réellement aux systèmes de paiement, aux infrastructures de paiement, et de faire partie de cette chaîne de valeur. Je pense que la réglementation, ce que le Royaume-Uni a mis en place, était formidable, c’était vraiment une bonne chose. Mais comme pour toute nouveauté, il n’y avait pas de précédents. Le système bancaire ouvert n’avait jamais été mis en œuvre auparavant, du moins pas à grande échelle. Personne ne pouvait donc prévoir certains des problèmes potentiels. Avec le recul, quand on y réfléchit, les gens disaient que les virements de compte à compte étaient fantastiques. Cela allait remplacer les cartes, ça allait coûter très peu cher, et ça allait être génial… jusqu’à ce qu’on se penche sur les responsabilités, la fraude, les rétrofacturations et les règles – il n’y avait pas de véritables règles. Et le système bancaire ouvert a été confronté aux mêmes défis que je pensais inexistants. Ce n’était pas comme un système établi. Il n’y avait pas des décennies et des décennies de référentiels réglementaires, de conformité, de rôles et de responsabilités. C’était très ponctuel et c’était comme si les normes n’arrêtaient pas de changer. Et puis, l’accès aussi était fantastique. Avoir accès aux réseaux de paiement, c’était génial. Faire partie de ces flux de paiement et de l’infrastructure, c’était incroyable. Mais je pense qu’au tout début, l’autorité de régulation a imposé à toutes les banques d’accorder cet accès gratuitement. Et pour revenir à ce que je disais tout à l’heure, les incitations comptent. Si vous n’en tirez pas de bénéfices, l’économie n’est pas au rendez-vous. S’il n’y a pas de rentabilité unitaire qui ait du sens pour l’ensemble de la chaîne de valeur, vous n’allez pas investir, vous n’allez pas réinvestir dedans. On a donc eu des situations où le système bancaire ouvert au Royaume-Uni était tellement omniprésent que personne ne savait qu’il l’utilisait. J’avais des amis qui travaillaient dans la technologie financière. Ils disaient qu’ils ne s’en servaient jamais. Et je leur répondais : « Mais tu utilises cette plateforme d’arrondi, quel que soit son nom, qui utilise l’IA pour arrondir les montants; c’est ça, le système bancaire ouvert. » Ils l’ignoraient. Mais c’est comme ça que ça se passe. Ça fait tellement partie intégrante du quotidien que les consommateurs ne s’en rendent pas compte. Et je sais que certains intervenants en ont parlé tout à l’heure. Le système bancaire ouvert n’est pas quelque chose que les gens demandent du jour au lendemain. À moins que ça vienne de personnes ici présentes, ça n’arrive pas. Les incitations sont donc essentielles. Et si chaque maillon de cette chaîne de valeur de l’infrastructure – les banques et les propriétaires d’entreprises qui font la différence en proposant des cas d’utilisation – ne parvient pas à générer des bénéfices, alors tout cela n’a aucun sens. Je pense que, d’après l’expérience du Royaume-Uni, les choses sont peut-être allées un peu trop loin au départ. Du coup, beaucoup de choses ont échoué. Beaucoup de données ne fonctionnaient pas. Il fallait réautoriser l’accès tous les 90 jours. Je possède quelques biens immobiliers au Royaume-Uni et je m’occupe moi-même de la comptabilité. Comme je suis très radin, je le fais moi-même. Tout cela relève du système bancaire ouvert. Mais chaque fois que je me connectais à mon compte HSBC ou que je devais me connecter à HSBC, il fallait réautoriser l’accès. C’était vraiment frustrant. Les banques faisaient cela parce qu’il n’y avait aucune incitation. HSBC ne gagnait pas d’argent avec ça. Cela résume mon propos. En Australie, les incitations sont essentielles dans le cadre de la réglementation. Ils se sont dit qu’ils allaient bien faire en confiant aux scientifiques la tâche d’élaborer le cahier des charges et la réglementation. Et ce cahier des charges était fantastique. Il était très complet. Il permettait de faire tout ce qu’on voulait. Mais vous imaginez une équipe de scientifiques capable de livrer un produit commercial? Ça n’a pas fonctionné. Les couches de réglementation étaient tellement contraignantes et peu pratiques que, là encore, personne n’allait y investir. Personne ne va gagner d’argent avec ça, car ce n’est pas plausible. Finalement, ils ont retiré le projet des mains des scientifiques pour le confier à l’autorité de la concurrence. Mais c’était en quelque sorte pire, car l’autorité de la concurrence adore repérer des acteurs, en particulier les banques, en estimant qu’ils ne sont pas assez compétitifs. C’était probablement trop sophistiqué, je pense, et c’est là que réside l’équilibre. Et encore une fois, c’est là que le Canada a une longueur d’avance, bien qu’il soit arrivé tardivement dans la course. Comme tout le monde le dit, c’est parce qu’on peut observer les deux extrêmes et déterminer quelle est la bonne voie médiane. 

David Prodger :
Poursuivons un peu sur la question de la proposition de valeur, car évidemment, quand on observe l’écosystème dans son ensemble, avec les banques et les nouvelles organisations qui émergent et font les choses différemment, c’est à la fois une occasion et une menace. Comme vous le dites, si l’on réduit les coûts, les marges s’amenuisent. Il faut donc augmenter les volumes. Comment envisagiez-vous cela du point de vue de ce que vous faisiez au sein de votre entreprise, puis en expliquant la proposition de valeur à vos investisseurs, et enfin en articulant cela avec l’écosystème plus large, y compris, bien sûr, les grands acteurs historiques qui avaient peut-être des motivations contraires à ce que vous faisiez? 

Dean Morrison :
Au-delà de la réglementation, je suppose qu’on en revient, de temps à autre, à cet écosystème. Nous avons créé l’entreprise en 2017, à Londres. Nous avons fait partie de cette première vague, de la phase avancée de cette révolution de la technologie financière. C’était vraiment génial de travailler dans la technologie financière à Londres en 2015. On était invité aux meilleures soirées. Les investisseurs venaient. On racontait son histoire dans la technologie financière et ils nous adoraient. Ils nous jetaient de l’argent à la figure. Maintenant, tout tourne autour de l’IA. Les gens ne veulent plus entendre parler de technologie financière. C’est comme si on devait absolument investir. Ils veulent qu’on leur raconte notre histoire sur l’IA. On se dit : « Oh non, pas encore. » Nous allons en venir à l’IA. Je sais qu’on a une histoire d’IA parce qu’on y est obligés, mais c’est aussi partie intégrante du tissu. Mais je pense que l’atout du Royaume-Uni, c’est qu’il existait déjà un écosystème de technologie financière florissant, et le système bancaire ouvert, la finance ouverte ou les données ouvertes – peu importe comment on l’appelle – en est une autre couche. C’est une autre façon de relier toutes les offres de paiement, bancaires et financières au sein d’un écosystème florissant, permettant ainsi aux particuliers et aux entreprises de se lancer dans de nouveaux cas d’utilisation qui répondent à des problématiques spécifiques, de mettre en œuvre toutes ces formidables solutions et de s’intégrer dans un écosystème déjà réglementé, déjà opérationnel et déjà mature, et c’était formidable. Au Royaume-Uni, nous avons prospéré grâce à cela. En Australie, nous avons importé cette mentalité sur le marché australien, qui n’avait pas vraiment cette expérience. Et nous y avons également connu un grand succès. Même chose au Canada. Nous assistons à l’émergence ou à la création naissante de cet écosystème. Comme je le dis toujours à mes amis canadiens ici présents, je pense qu’en raison de la RPA, le système bancaire ouvert doit être considéré dans le contexte de cet ensemble. Sans oublier l’IA agentique et toutes ces technologies exceptionnelles qui convergent désormais vers… Je pense que la décennie à venir s’annonce formidable grâce à cela. Je crois que c’est ce qu’on appelle les « paiements connectés »? Si c’est le nom qu’on leur donnait hier, ça a vraiment du sens, car le système bancaire ouvert est tellement lié au reste de l’écosystème qu’on ne peut pas le considérer comme un silo isolé. Je ne pense pas.

David Prodger :
Mark, c’est à vous. Parlez-nous un peu de la façon dont ce contexte de demande a évolué en termes de cas d’utilisation et de ce que vous faites. Ensuite, Pablo, nous passerons à vous pour que vous nous expliquiez comment vous répondez à cette demande et comment vous vous y intégrez. 

Mark Hewlett :
Oui. Nous l’avons utilisé de plusieurs façons. Comme vous l’avez dit, nous ne l’avons pas vraiment considéré comme un système bancaire ouvert. Nous y avons simplement vu un moyen de mieux servir nos clients, que ce soit, comme la plupart des entreprises de technologie financière, par le biais de partenariats et de collaborations. Il faut aussi comprendre que la plupart des entreprises de technologie financière sont hébergées par des banques, et qu’il arrive parfois que de meilleures banques apparaissent. Nous avons donc dû nous protéger, ainsi que nos clients, pour leur éviter d’avoir à modifier leurs coordonnées bancaires. Le système bancaire ouvert nous a permis de créer nos propres comptes bancaires et de nous connecter aux réseaux au Royaume-Uni, ce que nous avons fait. Nous avons également procédé ainsi en Europe. Le système bancaire ouvert nous a permis de faire cela. C’était la première chose que nous avons faite. L’ouverture des systèmes de paiement et notre capacité à nous y connecter ont été extrêmement importantes. Qu’avons-nous fait d’autre? Nous l’utilisons, comme je l’ai mentionné plus tôt, pour vérifier les coordonnées bancaires des clients. On s’en sert pour analyser les comportements. On s’en sert aussi pour, si une banque nous demande des renseignements sur un paiement, on peut consulter l’historique des données sans avoir à interroger le client. Je n’arrête pas de le répéter à mon équipe produit. Chaque fois qu’on doit poser une question à un client, ça crée des frictions. Alors si on peut consulter les données, les extraire et les transmettre à la banque, le client ne se rend pas compte de ce qui se passe. Le but, c’est d’éliminer les frictions pour nos clients. Ils apprécient énormément ça. Et on constate des taux de désabonnement très faibles chez nos clients, car on fait simplement ce qu’ils nous demandent. Je sais qu’on va aborder le sujet de l’IA. Utiliser davantage l’IA pour ces aspects-là est extrêmement important. Nous pouvons ainsi commencer à collecter de plus en plus de données, car celles-ci nous permettent de répondre aux questions en temps réel. Donc oui, ça ne s’arrête jamais. C’est un don qui ne cesse de porter ses fruits, comme quelqu’un l’a dit tout à l’heure, je crois. 

Paulo Barbosa :
De notre côté, c’est drôle de constater que dans chaque nouveau pays où nous nous implantons, nous devons passer par une sorte de phase de sensibilisation, durant laquelle les banques remettent en question la nécessité réglementaire de partager leurs données. Pourquoi ferais-je cela? La première chose à faire lorsque nous les rencontrons, c’est de nous concentrer d’abord sur l’aspect réglementaire. Je pense que la décision que la plupart des banques prennent avec nous revient à choisir entre « développer en interne » ou « acheter une solution ». Hum, je trouve ce rapport de la Commission européenne sur les coûts réglementaires liés à la mise en œuvre de la deuxième directive sur les services de paiement très intéressant. Il existe également des données publiques sur la mise en œuvre du système bancaire ouvert au Royaume-Uni. Combien les banques locales ont-elles dépensé pour se mettre en conformité avec la réglementation? Bien sûr, celles qui travaillent avec nous ne s’occupent pas du développement. Elles sous-traitent cette partie. Mais ensuite, la deuxième étape consiste à déterminer comment la banque peut tirer parti du système bancaire ouvert pour créer de nouveaux cas d’utilisation innovants. Je pense bien sûr que l’initiation de paiement est la fonctionnalité la plus prisée, car son cas d’utilisation est plus clair et les banques, voire les entreprises de technologie financière, peuvent la monétiser. Les données, ce n’est pas aussi simple. Vous avez mentionné que les technologies financières étaient très en vogue en 2015. Je pense qu’on a répété à maintes reprises que les données étaient le nouvel or. Eh bien, devinez quoi? L’or reste de l’or. À ce jour, je ne pense pas que beaucoup d’entreprises de technologie financière aient réussi à monétiser les données en Europe. Ainsi, lorsque l’hiver des financements est arrivé, bon nombre de ces jeunes entreprises du système bancaire ouvert qui se concentraient sur les données ont fait faillite. Nous devons probablement garder cette leçon à l’esprit, mais nous constatons que les banques exploitent désormais ces données en prenant la réglementation comme base, tout en développant des cas d’utilisation haut de gamme par-dessus. C’est dans ce domaine que nous travaillons avec des banques au Royaume-Uni et dans différentes régions du monde sur des API haut de gamme, et sur la manière dont elles peuvent tirer parti de la technologie qu’elles ont dû mettre en place pour fournir gratuitement certains renseignements. Mais quels autres types de renseignements, et quelles données traitées et synthétisées, peuvent-elles proposer à leurs clients pour que ceux-ci soient prêts à payer? Des cas d’utilisation intéressants apparaissent d’ailleurs au Royaume-Uni. Je pense que HSBC est un très bon exemple, avec une place de marché d’API où elle propose une offre très spécialisée, mais très complète. 

Mark Hewlett :
Et les banques rattrapent leur retard. Exactement. J’utilise beaucoup de services de paiement bancaires et j’adore étudier l’expérience utilisateur, mais les banques sont de plus en plus nombreuses à afficher sur leur plateforme les renseignements relatifs aux comptes d’autres banques ou à d’autres cartes. Je peux faire ici une grande promotion de NatWest, s’il y a des représentants de cette banque parmi nous. L’application NatWest est absolument phénoménale. Elle m’affiche tout. C’est génial. 

Paulo Barbosa :
Oui. Je pense que Revolut est un très bon exemple de ce qu’on pourrait appeler une « super-application », avec une offre très complète proposée aux clients directement dans l’application. Elle repousse vraiment les limites. Donc, si les autres banques veulent rivaliser sur ce terrain, elles doivent vraiment passer à la vitesse supérieure. 

David Prodger :
Voilà qui nous amène tout naturellement à la suite. Nous y voilà. Nous avons brièvement abordé le sujet de l’IA. Approfondissons un peu cela. Quelle sera la prochaine étape dans l’évolution de l’écosystème britannique? Qu’en pensez-vous? Vous avez en quelque sorte commencé à vous engager dans cette voie. 

Paulo Barbosa :
Oui, l’IA est un véritable labyrinthe, n’est-ce pas? Ce que nous disons aujourd’hui ne sera peut-être plus tout à fait d’actualité demain, mais cela nous donnera certainement de meilleurs outils pour traiter la quantité de données auxquelles nous avons désormais accès grâce au système bancaire ouvert. Je pense qu’il y a un énorme potentiel du côté des données. Il existe déjà des cas d’utilisation en cours de développement dans le domaine des paiements. Et nous travaillons sur notre cadre de confiance, du point de vue technologique, pour soutenir cette connectivité sécurisée et fiable. Ensuite, en ce qui concerne le système bancaire ouvert… Je pense que cela va, sans aucun doute, changer la donne en matière de données. Et cela sera peut-être l’occasion de proposer des offres plus intéressantes et commercialement viables sur la manière d’exploiter et de traiter les données que les consommateurs partagent. 

Mark Hewlett :
Oui. Nous avons approfondi considérablement nos travaux sur l’IA. Nous avons créé en interne une entité dédiée à l’IA, que nous avons ensuite transformée en société distincte qui se concentre sur la criminalité financière. En utilisant toutes ces données dont nous disposons, et à mesure que de plus en plus de pays adoptent le système bancaire ouvert, nous en utiliserons davantage. Comme je l’ai dit, nous sommes présents dans 30 pays. D’après nos derniers chiffres, nous effectuons des virements vers plus de 190 pays. Mais notre priorité, c’est la criminalité financière. Ce qui m’empêche le plus de dormir en ce moment, c’est le passage d’agent à agent. Si vous y réfléchissez, nos clients vont très bientôt commencer à s’adresser directement à un agent. « J’ai encore besoin d’envoyer 100 000 dollars au Canada pour vous, David. Comment faire? » Ils vont découvrir qu’il suffit d’ouvrir un compte et le tour est joué. On pourrait avoir un véritable succès. J’ai menacé les équipes. On pourrait avoir un énorme succès ou un moment mémorable si les agents ne parviennent pas à nous trouver. C’est un peu comme si on recommençait tout depuis le début avec le référencement naturel. Je suis assez convaincu, en vieillissant, que les clients… rappelez-vous, autrefois, quand on voulait aller quelque part, il fallait prendre une carte et trouver son chemin. Je suis convaincu que dans quelques années, les gens diront : « Internet, c’était tellement compliqué, je devais cliquer sur un bouton pour chercher quelque chose. Ensuite, je devais revenir en arrière et vérifier un autre site, c’était tellement archaïque. » ça me fait très peur. Vraiment. Je veux qu’un client puisse dire à son conseiller : « Je veux envoyer 100 000 dollars au Canada », et que celui-ci effectue le virement via Ebury en passant par Benfica pour s’assurer que l’argent arrive bien sur le bon compte. Mais oui, ça doit en empêcher beaucoup de dormir la nuit, parce qu’ils vont continuer, ils ne vont pas s’arrêter.

Dean Morrison :
Pour ce qui est de l’IA, je ne savais pas que la question figurait vraiment dans le script. Je ne m’étais pas préparé à parler de l’IA, ni de ce que l’avenir vous réserve selon votre vision, ni de l’avenir de la Grande-Bretagne. J’ai en quelque sorte tourné la page sur la Grande-Bretagne. Je suis désormais dans le camp du Canada, je mise sur le Canada; je parle désormais de « soccer », et non plus de « football ». Voilà à quel point j’ai changé. Je me suis intégré. Je me plains auprès du conseil municipal du projet immobilier à côté de chez moi. Voilà où j’en suis. Je suis vraiment un cas à part, comme peut en témoigner Casey, mon collègue. C’est un Torontois pur souche. J’ai vraiment adopté la culture canadienne. 

Je pourrais parler indéfiniment de l’IA, mais ce n’est probablement pas pertinent ici. Notre application de l’IA ne concerne pas tant le système bancaire ouvert. Elle porte davantage sur l’aspect réglementaire, en passant d’une « boîte noire » à une « boîte de verre ». Mais c’est une autre histoire. De quoi s’agit-il? La dernière question portait sur ce sujet. Je vais aborder la leçon que vous retenez du Royaume-Uni, mais je terminerai par ce qui va suivre. Puis nous aborderons ce sujet. Quelle est la prochaine étape au Royaume-Uni ou au Canada? 

David Prodger : 
Oui. Commençons par l’écosystème. Parlons du Royaume-Uni.

Dean Morrison :
Je pense que le défi pour le Royaume-Uni en matière de système bancaire ouvert et de finance ouverte est d’intégrer ces concepts à l’infrastructure de paiement, d’aller au-delà de la réglementation et de l’accès au marché pour en faire un élément stable de l’infrastructure, non pas un simple canal de paiement supplémentaire, mais quelque chose de fiable. Comme je l’ai mentionné tout à l’heure à propos des virements de compte à compte, il y a une raison pour laquelle les systèmes de cartes connaissent un tel succès : bien qu’ils soient plus coûteux, ils sont fiables. Les gens connaissent les rôles et les responsabilités de chacun, et au Royaume-Uni, le système bancaire ouvert ne s’est pas encore imposé comme une option de paiement ou de financement aboutie. Je pense donc que c’est là que les efforts supplémentaires vont se concentrer, et c’est sur cela que les Britanniques travaillent actuellement. 

David Prodger :
Ce n’est pas encore aussi répandu que dans le métro de Londres, où il suffit de passer sa carte. C’est bien ça? 

Dean Morrison :
Oui. Ces attentes sont omniprésentes et normalisées. On sait exactement à quoi s’attendre. Oui. 

David Prodger :
Nous allons prendre du temps pour répondre aux questions. Passons rapidement à la partie canadienne : y a-t-il une leçon particulière que vous tireriez de ce que nous avons fait au Royaume-Uni et que vous appliqueriez à la situation actuelle du Canada dans ce débat, et quelle serait-elle? 

Dean Morrison :
J’ai réfléchi à ce que les Canadiens ont fait avec beaucoup de succès, contrairement aux Britanniques. Je pense que ces derniers avaient une multitude d’autorités de régulation impliquées : l’autorité de la concurrence – je ne me souviens plus de son nom, la FCA, qui est toujours présente – et l’autorité de régulation des systèmes de paiement, ce qui était approprié, mais je pense qu’il y avait un manque de responsabilité. Le Canada a choisi de placer tout cela sous la supervision de la Banque du Canada, je crois, qui est déjà chargée de la supervision de la RPAA et de la RTR. Ce qui est logique, car comme je le dis souvent, le système bancaire ouvert doit être considéré dans le contexte plus large de l’écosystème des paiements ou de l’écosystème bancaire. Et il est logique que la Banque du Canada participe à cette supervision. Mais hier, j’ai participé à une table ronde avec Todd Roberts de Deloitte et quelques autres intervenants, et je pensais avoir posé une question décisive. Je n’y ai pas répondu correctement. Cette question décisive était : comment mesure-t-on le succès? Exactement. Ils ont très bien répondu sur l’adoption et toutes ces choses-là. Mais j’ai demandé : qui est responsable? Au bout du compte, si le succès n’est pas au rendez-vous, qui est responsable? Et ils n’ont même pas répondu à cette question. Je pense que la réponse est que tout le monde est responsable, évidemment, mais chaque maillon de la chaîne de valeur doit faire un effort ou jouer un rôle. Il faut un régulateur unique qui se concentre réellement sur la création de cet écosystème, mais cet écosystème doit être alimenté par un environnement réglementaire ou législatif adapté, par une politique appropriée – ce qui, je pense, est en train de se produire –, mais aussi par les mécanismes de la concurrence. Pour en revenir à ce thème, il faut que ce soit rentable pour que les gens s’y intéressent. Il faut donner aux banques une incitation à investir réellement. Car je ne sais pas combien de représentants des banques sont ici, mais ils sont probablement en train de se demander combien cela va leur coûter. Quelle charge de travail supplémentaire cela va-t-il représenter? Quels sont les frais généraux auxquels ils devront faire face, alors qu’ils devraient plutôt se dire que c’est plutôt intéressant. Vous savez, nous connaissons notre rôle, nous connaissons notre place, nous savons où se situera la chaîne de valeur. Et je ne pense pas que ce genre de vision soit encore tout à fait au rendez-vous. Je pense donc que là où le Canada peut vraiment exceller, c’est en adoptant cette responsabilité partagée, en comprenant ce qu’est le succès, en étant capable de le mesurer et en déterminant le rôle que chacun d’entre nous joue. 

David Prodger :
Merci, Mark. Il reste 30 secondes. Ensuite, nous passerons aux questions. 

Mark Hewlett :
Je dirai simplement : assurez-vous que les API que les banques ou toute autre institution financière vous présentent soient normalisées, c’est-à-dire qu’elles proviennent de la même entité. Cela permet aux participants de les obtenir plus facilement et de pouvoir les utiliser. C’est la raison fondamentale pour laquelle cela a tellement mieux fonctionné au Royaume-Uni qu’en Europe. Oui. Continuez. 

Paulo Barbosa :
Oui. J’ajouterai simplement que, même si cela concerne indirectement le Royaume-Uni, le Brésil a adopté les normes britanniques et a développé de nombreux cas d’utilisation. Et certaines API sont basées sur des cas d’utilisation spécifiques. Cela permet à tout le monde de mieux cerner la valeur ajoutée dès le départ et, dès la mise en œuvre, chacun savait quel serait le cas d’utilisation final. Je pense que cela accélère en fin de compte l’adoption et l’utilisation par les consommateurs. 

David Prodger :
Bravo. Merci beaucoup. 

Liz Dempsey : 
Voilà qui conclut un nouvel épisode de la série estivale du SOMMET. Un grand merci à nos experts, Paulo Barbosa, Mark Hewlett et Dean Morrison, ainsi qu’à notre modérateur, David Prodger, pour avoir partagé avec nous leurs perspectives internationales.

Comme nous l’avons entendu au cours de cette discussion, la mise en place d’un système bancaire ouvert réussi ne se résume pas à savoir qui fait le premier pas, mais consiste à instaurer la confiance à grande échelle. Cela nécessite que chaque maillon de la chaîne de valeur soit correctement incité et donne la priorité à la collaboration afin de dégager des avantages économiques réels et sécurisés. 

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Restez à l’écoute : nous avons encore de nombreuses perspectives, tendances et moments marquants à partager issus du SOMMET 2026, qui se tiendra cet été. Et si vous souhaitez assister à ces discussions en direct l’année prochaine, réservez dès maintenant les dates du SOMMET 2027. Nous serons de retour à Toronto les 4, 5 et 6 mai!

Je suis votre animatrice, Liz Dempsey. Merci beaucoup de nous avoir écoutés, et rendez-vous lors du prochain épisode de The PayPod!

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